
Sans grande surprise, dans sa dernière étude le cabinet britannique CONTEXT a confirmé les dynamiques contrastées qui continuent de secouer le marché mondial des imprimantes 3D au deuxième trimestre 2025.
Porté par l’entrée de gamme, le segment grand public continue de bien performer, tandis que le haut de gamme reste enlisé dans un cycle de ralentissement, freiné par des investissements en aval qui peinent à redémarrer et une consolidation sectorielle toujours en cours
« Cette tendance à la disparité des performances du marché s’est poursuivie au deuxième trimestre », a expliqué Chris Connery, vice-président de l’analyste mondial chez CONTEXT. « La faible demande due à la paralysie tarifaire et les taux d’intérêt élevés ont rendu le marché difficile sur les segments industriel et milieu de gamme. En revanche, le segment de l’entrée de gamme a continué de prospérer, certains acteurs clés ayant même entrepris des introductions en bourse, soulignant la dynamique soutenue du segment.»
Le chiffre d’affaires global des machines est tout de même resté stable en glissement annuel. La hausse de +21 % du chiffre d’affaires des imprimantes d’entrée de gamme, portée par de solides livraisons de fournisseurs comme Bambu Lab, a été compensée par des baisses significatives dans toutes les autres catégories de prix. Le chiffre d’affaires des systèmes professionnels a chuté de -29 %, tandis que celui des imprimantes milieu de gamme et industrielles a reculé respectivement de -11 % et -14 %.
Systèmes industriels et de milieu de gamme
Le cabinet d’études Context dresse un constat sévère pour le deuxième trimestre 2025 du marché industriel de l’impression 3D : entre taux d’intérêt toujours étouffants et fusions chaotiques, le haut de gamme encaisse un net recul. Les expéditions mondiales plongent, pénalisées par des faillites retentissantes – à commencer par celle de Desktop Metal – et des consolidations mal digérées. Nano Dimension, désormais fusionnée avec Markforged et Desktop Metal, voit ses volumes cumulés s’effondrer par rapport à l’an passé.
Quelques résistants surnagent : HP, porté par une stratégie de mise à niveau bien huilée, affiche une croissance remarquable ; Stratasys suit le mouvement. Sur le segment stratégique du métal, Eplus3D crée la surprise en s’imposant en volume, talonné par Velo3D. EOS et Nikon, eux, gardent la main sur le chiffre d’affaires, malgré un léger tassement des expéditions.
Le milieu de gamme ne fait guère mieux : les expéditions y ont reculé sur un an dans des proportions comparables à celles du segment industriel. Le coup de frein a été particulièrement brutal pour les fournisseurs occidentaux, à commencer par 3D Systems, dont la part de marché s’érode trimestre après trimestre, et Stratasys.
À l’inverse, certains acteurs chinois comme UnionTech ont profité d’une demande intérieure soutenue pour enregistrer une croissance. Quant à son compatriote Flashforge, l’un des leaders les plus dynamiques de l’année écoulée, a connu un léger repli de ses volumes au deuxième trimestre 2025.
Autre signal négatif dans ce rapport : on apprend que les expéditions d’imprimantes professionnelles ont fortement chuté sur un an. En cause, l’effondrement du segment des machines à extrusion de matériaux (FDM/FFF), dont les volumes sont en net recul. Autrefois pilier du marché professionnel, ce segment subit de plein fouet la montée en gamme des modèles grand public, désormais plus performants et bien moins coûteux.
La seule maigre consolation concerne les machines de photopolymérisation, dont les expéditions sont restées stables, soutenues notamment par des acteurs comme Formlabs, qui poursuivent avec succès le renouvellement de leurs gammes clés.
« Ce segment a également enregistré un succès record grâce au financement participatif de la nouvelle imprimante FDM multicolore de Snapmaker, témoignant du vif enthousiasme des consommateurs. »

Imprimantes d’entrée de gamme : un segment toujours en plein essor
Comme vous l’aurez compris, la catégorie des imprimantes 3D d’entrée de gamme continue de tirer son épingle du jeu, affichant une forte croissance des expéditions sur un an. Une dynamique insolente qui s’explique notamment par une demande soutenue pour des marques comme Bambu Lab, qui non seulement voit ses volumes progresser, mais a aussi lancé plusieurs nouveaux produits ces derniers mois.
Le trimestre a aussi été marqué par l’annonce du projet d’introduction en bourse de Creality, autre acteur majeur du segment d’entrée de gamme. « Cette initiative témoigne de la maturité croissante et de l’importance financière du marché grand public. » explique Context avant d’ajouter . »Ce segment a également enregistré un succès record grâce au financement participatif de la nouvelle imprimante FDM multicolore de Snapmaker, témoignant du vif enthousiasme des consommateurs. »
Perspectives : un haut de gamme sous pression, une reprise attendue
Malgré la vigueur du segment entrée de gamme, les systèmes haut de gamme continuent donc de pâtir de contraintes économiques majeures que représente les taux d’intérêt élevés, des tensions douanières et l’inflation.
Si Context estime que ces facteurs continueront de freiner les investissements, à l’instar de son homologue AM Research, le cabinet se monte néanmoins positif quant à une reprise du marché, estimant que la baisse des taux d’intérêt décidée par la Réserve fédérale américaine en septembre 2025 est une bonne nouvelle pour le secteur.
D’autres réductions sont d’ailleurs attendues d’ici la fin de l’année. Cependant, pour que les dépenses d’investissement soient pleinement restimulées, le cabinet britannique estime que des baisses soutenues de ces taux seront nécessaires.
« Alors que de nombreux équipementiers signalent un fort engagement sur le marché final et une demande latente, la reprise industrielle semble repoussée », commente Connery avant de conclure. « Nous n’anticipons pas de rebond majeur avant 2026, lorsque la baisse des taux d’intérêt devrait enfin relancer les investissements en biens d’équipement. Les initiatives de relocalisation régionales et la nécessité de surmonter les perturbations des chaînes d’approvisionnement restent autant d’opportunités pour la fabrication additive agile, une fois la conjoncture économique améliorée. »


