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Epson : le géant japonais débarque sur le marché de l’impression 3D

Epson : le géant japonais débarque sur le marché de l'impression 3D

Après HP et Mimaki, voilà qu’un autre acteur majeur de l’impression 2D a décidé lui aussi de se lancer dans l’aventure de la 3D. Non des moindres puisqu’il s’agit du géant japonais Epson. Huit ans après l’annonce faite par son président Minoru Usui, la société a profité de l’International Robot Exhibition 2022 pour officialiser son entrée sur le marché de la fabrication additive. Cette nouvelle solution dont on ignore encore le nom, serait une machine industrielle basée sur un procédé par extrusion.

Si l’entreprise s’est montrée plutôt discrète quant à son fonctionnement, elle évoque tout de même une singularité. Son imprimante 3D serait dotée d’une buse en forme de vis plate – la même que celle dont sont équipées ses machines de moulage par injection – qui combinée à l’utilisation de granulés lui permettrait d’imprimer un plus large éventail de matériaux. L’emploi de pellets offrent également l’avantage d’être plus beaucoup plus abordables que les filaments. À ce sujet Epson évoque des matières plastiques et métalliques, mais aussi des polymères hautes performances comme le PEEK. L’utilisation de granulés bien qu’offrant généralement une moindre précision et résolution, se prête par ailleurs à des vitesses de dépôt plus élevés et des diamètres de buse plus importants.

Le fabricant précise : « La nouvelle imprimante 3D d’Epson utilise une méthode d’extrusion de matériau unique qui est obtenue à l’aide d’une vis plate (une vis en ligne avec une configuration aplatie) comme celle que l’on trouve dans les machines de moulage par injection de précision d’Epson. Cette méthode d’extrusion permet à l’imprimante d’être utilisée avec une variété de matériaux tiers courants, tels que des granulés de résine ou de métal, qui sont généralement disponibles à moindre coût que d’autres matériaux, des granulés de biomasse respectueux de l’environnement et des matériaux PEEK, qui peuvent fournir une haute résistance à la chaleur. »

« Epson utilise un mécanisme unique pour contrôler avec précision cette température et obtenir à la fois résistance et précision »

Système d'impression 3D industriel à granulés mis au point par Epson

Système d’impression 3D industriel à granulés mis au point par Epson (crédits photos : Epson)

L’autre révélation qui nous intéresse, permettrait de résoudre une problématique bien connue en fabrication additive, à savoir parfois le manque de liaisons intercouches. Pour résoudre cela, Epson explique avoir développé un système thermique qui permettrait d’obtenir des impressions de meilleure qualité. Ils expliquent : « La quantité de matière injectée est contrôlée avec précision en régulant la pression à l’intérieur de la tête et en régulant l’action d’une vanne de concert avec la vitesse de modélisation. La température à la surface d’une pièce en cours d’impression doit également être contrôlée afin d’obtenir la résistance requise. Epson utilise un mécanisme unique pour contrôler avec précision cette température et obtenir à la fois résistance et précision. Cette imprimante 3D est donc conçue pour fabriquer des objets solides et précis avec des matériaux couramment disponibles, facilitant l’utilisation de l’imprimante dans la production de pièces industrielles pour les produits finaux.« 

Ce que ne dit pas Epson et que l’on croît deviner, c’est que l’utilisation d’une tête plate permet aussi d’imprimer des couches en forme de ruban, et non en cordon comme c’est le cas habituellement. Une approche qui n’est d’ailleurs pas sans rappeler la technologie de la start-up belge Sculpman dont nous vous parlions à l’occasion du Formnext. La forme plate des couches a pour effet d’améliorer considérablement l’adhésion des couches en créant une plus grande surface sur laquelle les couches peuvent adhérer. Il en résulte des pièces beaucoup plus homogènes avec moins de stries apparentes, plus proches du moulage à injection.

S’abstenant pour le moment d’avancer une date de sortie pour sa nouvelle machine, Epson souhaiterait dans un premier temps éprouver celle-ci en interne. Des tests seraient actuellement menés pour imprimer en 3D des pièces d’équipements commerciaux et industriels. Il y a près de trois ans, c’est un autre géant japonais, le spécialiste de la photographie Nikon, qui avait fait son entrée sur le segment très disputé de l’impression 3D métal. Sa technologie portait sur un système à fusion laser sur lit de poudre.

Alexandre Moussion