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Daimler apporte l’impression 3D à ses sociétés de bus pour produire leurs pièces de rechange

Bus Daimler

©Daimler

Encore largement sous exploités, les avantages de l’impression 3D dans sa capacité à produire à la demande presque n’importe quelle pièce en s’affranchissant des contraintes du stockage physique, poursuivent leur progression dans la réflexion des industriels. Certains sont plus en avance que d’autres. C’est le cas de Daimler Buses, une division spécialisée dans la construction d’autobus et d’autocars du groupe allemand Daimler, qui a vite compris l’intérêt de s’appuyer sur la fabrication additive pour tendre vers une production de ses pièces détachées plus décentralisée et beaucoup plus agile.

L’idée première de l’entreprise pour aider ses clients à gagner en autonomie, mais aussi répondre à leurs besoins urgents, comme par exemple pour des pièces rarement demandées ou des attentes particulières, a été de mettre en place une usine d’impression 3D mobile. Un concept de plus en vogue visant à apporter plus de flexibilité à l’impression 3D en l’amenant directement là où le besoin se trouve, dont Primante3D a déjà eu l’occasion de vous parler à travers des solutions comme celles du français Med In Town ou de l’allemand Bionic Production GmbH. Créée avec sa marque de service OMNIplus, la solution développée par Daimler se présente sous la forme d’un container de 36 m2 renfermant tout l’équipement nécessaire pour la production de pièces additives polymères. Les quelques visuels dévoilés par la société montrent des imprimantes 3D à fusion sur lit de poudre, en l’occurrence des systèmes MultiJet Fusion d’HP.

La mise en place d’un programme pilote dans la ville de Neu-Ulm en 2021, a permis à Daimler de confirmer le potentiel de l’impression 3D dans sa capacité à fournir un approvisionnement plus rapide, mais aussi moins coûteux et plus durable de ses pièces de rechange. Là où auparavant, des semaines pouvaient être requises pour obtenir une pièce de rechange classique, la production et la livraison d’une pièce imprimée en 3D ne prennent plus que quelques jours.

« Avec le centre d’impression 3D mobile, nous profitons des avantages de l’impression 3D et accélérons la fourniture de pièces de rechange. La production décentralisée et à la demande évite les coûts d’entreposage et raccourcit les itinéraires de transport. Avec l’impression 3D, nous pouvons non seulement réagir rapidement, de manière flexible et économique aux besoins des clients, mais également améliorer notre empreinte écologique pour la production de pièces de rechange », explique Bernd Mack, responsable du service client et des pièces de rechange chez Daimler Buses.

Usine mobile développée par Daimler renfermant tout l'équipement d'impression 3D et post-traitement (y compris de peinture), nécessaire à la production de pièces détachées

Vue Intérieure de l’usine mobile développée par Daimler renfermant tout l’équipement d’impression 3D et de post-traitement (y compris de peinture), nécessaire à la production de pièces détachées (crédits photos : Daimler)

Daimler précise que les mini-usines mobiles constituent une solution transitoire, l’idée étant de s’appuyer plutôt sur des centres d’impression 3D locaux qui sont encore très peu répandus. En attendant, la société vient de proposer une alternative toute aussi séduisante pour ses clients, à savoir désormais la possibilité d’imprimer eux-même leurs pièces détachées via une licence d’impression 3D. Disponible à partir de juin 2022, les propriétaires d’autobus/autocars de tourisme Mercedes-Benz et Setra, pourront grâce à celle-ci accéder à une banque numérique de modèles 3D certifiés par Daimler.

La condition pour accéder à ce service, est de disposer d’une imprimante 3D certifiée, mais aussi d’un processus d’enregistrement unique et d’une licence pour la pièce requise dans la quantité souhaitée. Les premiers clients pourront dans un premier temps accéder à plus de 100 pièces parmi plus 1 500 références imprimables en 3D. Après quoi d’autres pièces suivront. Incarné par une boutique en ligne où les les clients ne pourront voir que les pièces disponibles ou compatibles avec leur propre imprimante, le service proposé par Daimler a été lancé en collaboration avec le fabricant d’imprimantes 3D industrielles Farsoon Technologies. D’autres fournisseurs sont attendus dans les mois à venir.

Sur la question de la sécurité, Mercedes-Benz Bus explique que l’achat du fichier imprimable en 3D se fait de manière cryptée, et qu’une fois le composant imprimé, celui-ci  expire sans que les données ne soient sauvegardées. Au besoin, le client peut également faire appel au service Omniplus le plus proche, qui a la possibilité d’accéder à la licence correspondante et de se charger de l’impression.

Fort de ses 25 ans d’expérience dans la fabrication additive, Daimler Buses apparaît aujourd’hui comme l’un des exemples à suivre pour la production de pièces automobile détachées par fabrication additive. Le constructeur allemand estime à près de 40 000 références pour autobus / autocars imprimables en 3D. Pour l’heure, l’équipe de Ralf Anderhofstadt, responsable du « Center of Competence 3D-Printing » de Daimler Buses, se concentrerait sur 7 000 pièces en cours de numérisation. À l’issue de cette phase, les pièces sont soumises à des processus de certification et de nombreux tests produit. Il faut remonter à 2015 pour retrouver traces des premières expérimentations additives du constructeur allemand pour des pièces de rechange. Cette année là, Mercedes-Benz Trucks avait annoncé avoir fabriqué sa première pièce détachée en métal imprimée en 3D. Il était question d’une pièce dont la production avait cessé il y a 15 ans, à savoir un couvercle de thermostat en aluminium qui équipait les camions Unimog.

pièces de réparation imprimée par Daimler

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Alexandre Moussion