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Steakholder Foods ajoute les crevettes à sa gamme de fruits de mer imprimés en 3D

Steakholder Foods ajoute des crevettes à sa gamme de fruits de mer imprimés en 3D

(crédits photo : Steakholder Foods)

L’impression 3D alimentaire opère un tournant qu’on attendait pas forcément de si tôt. Jusqu’alors trop peu fiable pour être utilisée par le grand public ou les professionnels, excepté pour de l’ornement et de l’événementiel, cette technologie entre dans sa phase d’industrialisation. L’un des événements marquants de ce changement, est la commercialisation en novembre dernier d’un bacon imprimé en 3D à base de plantes dans 400 Carrefour espagnols.

La demande croissante des consommateurs pour des alternatives végétales à la viande, qu’elle soit motivée par des raisons de santé, ou par conviction éthique ou environnementale, constitue un marché en plein essor. Dans ce contexte, l’impression 3D apparaît comme la solution idéale. Sa liberté de forme et sa précision, permettent de répliquer le goût et la texture authentiques de la viande et du poisson, ou de tout autre protéine animale.

L’un des pionniers et leaders dans ce domaine est la start-up israélienne Steakholder Foods. Quelques jours seulement après avoir officialisé son dernier exploit, c’est à dire la capacité de sa technologie d’impression 3D à recréer de la chair d’anguille – une première mondiale – , la jeune pousse est allé encore plus loin en imprimant des crevettes en 3D. « Steakholder Foods Ltd est ravi d’annoncer qu’il a encore étendu ses capacités d’impression 3D avec les premières crevettes imprimées en 3D à base de plantes au monde » a déclaré la start-up » « Un nouveau fruit de mer imprimé en 3D savamment conçu pour imiter la texture et la saveur authentiques des crevettes conventionnelles. »

La société explique être parvenue à créer à la fois la texture et le goût des crevettes en utilisant sa propre imprimante 3D, la DropJet, à partir d’une encre aromatisée aux crevettes. Actuellement, le processus repose sur des cellules sélectionnées et cultivées dans des cuves de croissance jusqu’à ce qu’elles atteignent un stade où elles peuvent être transformées en encre. Pour autant Steakholder Foods prévoit à l’avenir de lancer deux produits distincts : une alternative entièrement végétale aux crevettes, et une version hybride associant des ingrédients végétaux à de l’encre de crevette cultivée.

« une opportunité unique de bénéficier du marché mondial des produits de la mer en expansion, tout en ayant le bon impact sur l’environnement »

Plat réalisé à partir de crevettes imprimées en 3D

Plat réalisé à partir de crevettes imprimées en 3D (crédits photo : Steakholder Foods)

L’une des raisons pour laquelle la société a jugé pertinent de se lancer sur ce créneau, s’explique notamment par la perspective d’un très gros marché de 60 milliards de dollars. En effet, on estime qu’environ 7,6 millions de tonnes de crevettes sont pêchées chaque année. Par ailleurs, le prix élevé des crevettes, entre 20 et 40 dollars le kilo, est influencé par le travail manuel nécessaire pour décortiquer les crevettes. Steakholder Foods y voit donc une opportunité d’introduire un produit alternatif, plus rentable et compétitif sur le marché.

Alors que le volume réel de production actuel de Steakholder demeure inconnu, il en va de même pour les capacités précises de l’entreprise à accroître sa production. A l’avant-garde de la révolution de la viande cultivée, Steakholder Foods a ces dernières années élargi ses ambitions aux fruits de mer.

L’une des raisons, est qu’elle cherche à s’implanter sur le marché asiatique, avec un accent sur l’anguille et le mérou. L’an passé, un partenariat stratégique avec Umami Meats, une start-up spécialisée dans la viande cultivée, avait été annoncé pour développer ces alternatives en utilisant une technologie avancée. Basée à Singapour, Unami Meats se concentre sur le développement d’espèces qui devraient connaître de graves pénuries du côté de l’offre dans les années à venir en raison du changement climatique, de la surpêche et de la demande sans cesse croissante des consommateurs.

Le projet, soutenu par une subvention pouvant atteindre 1 million de dollars de la Singapore Israel Industrial R&D Foundation, profite de l’approbation réglementaire de Singapour, le seul pays à autoriser la vente de produits à base de viande cultivée. Il se pourrait donc que ce partenariat soit à l’origine de ce nouveau produit imitant la crevette.

Steakholder Foods entend bien tirer profit de la croissance du marché des produits de viande alternative, particulièrement dans le domaine des fruits de mer, prévoyant qu’il atteindra 110 milliards de dollars au cours de la prochaine décennie. « En dévoilant ce mois-ci une deuxième nouvelle espèce de fruits de mer à base de plantes imprimée en 3D, nous prévoyons de positionner Steakholder Foods pour vendre et livrer sa première imprimante DropJet en 2024, offrant ainsi à ses partenaires et clients une opportunité unique de bénéficier du marché mondial des produits de la mer en expansion, tout en ayant le bon impact sur l’environnement. » conclut Arik Kaufman, PDG de Steakholder Foods.

Alexandre Moussion