Une gigantesque sculpture imprimée en 3D pour l’Opéra de Montréal !

sculpture imprimée en 3D

En novembre dernier, la célèbre Elektra de Richard Strauss, était à l’affiche de l’Opéra de Montréal pour quatre représentations. Une oeuvre magistrale de l’opéra allemand, racontant l’histoire de l’héroïne grecque Elektra et son désir de venger le meurtre de son père Agamemnon en tuant ses meurtriers. Outre la prestation des interprètes unanimement saluée par les critiques, les spectateurs ont été particulièrement impressionnés par la gigantesque statue qui ornait la scène de l’Opéra. Une sculpture imprimée en 3D représentant le personnage d’Agamemnon, et mesurant pas moins de 7,5 m de hauteur pour 2400 kg !

Pour réaliser ce décor monumental, Michel Beaulac, directeur artistique de l’Opéra, s’est inspiré d’El Zulo, un immense bronze créé par Victor Ochoa en 2009. Fasciné par son travail, Michel Beaulac a donc collaboré avec le sculpteur espagnol, célèbre pour ses créations hors normes.

Pendant 2 ans, Victor Ochoa a donc réalisé des dizaines esquisses pour étudier la position de Agamemnon. Au final c’est une position accroupie qui a été retenue, un genou à terre et les bras entourant le corps. La sculpture ne pouvant être transporté d’Espagne à Montreal à cause de sa taille, le sculpteur a donc réalisé un prototype plus petit. Conçue à partir de méthodes et matériaux traditionnels (résine et de marbre), la pièce a ensuite été numérisée, modélisée (logiciel Geomagic), puis imprimée en 3D.

Le fichier STL de la sculpture comporte plus de 40 millions de triangles, et pèse plus de 2 Go

Pour cette partie, le sculpteur a fait appel à un compatriote spécialisé dans le service d’impression 3D, dénommé AsorCAD. Il aura fallu au total 6 mois, 10 imprimantes 3D de bureau BCN3D et 400 kg de filament (plastique) pour imprimer les 2900 pièces composant la sculpture. Les morceaux ont ensuite et assemblés et fixés sur une structure en aluminium permettant d’assurer la stabilité. « Cela a représenté un travail aussi élaboré que celui d’Eiffel et Bartholdi pour la statue de la Liberté: il y a une structure en aluminium à l’intérieur, très complexe, sur laquelle on a fixé comme une peau en matière plastique. » A déclaré Victor Ochoa. Une fois les pièces collées, diverses finitions (ponçage, peintures..) ont été apportées à la statue afin d’obtenir le rendu souhaité.

Il aura fallu au total 7 mois et plus de 100 personnes pour réaliser cette oeuvre gigantesque. La sculpture qui appartient désormais à l’Opéra de Montréal devrait être exposée en mai prochain à l’occasion du 75e anniversaire de Montréal.

Crédit: Yves Renaud