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Un scanner 300 fois plus rapide pour accélérer l’inspection des pièces imprimées en 3D

Connue comme l’une des solutions permettant de concevoir pour la fabrication additive, la numérisation trouve également son utilité pour recueillir les données d’une pièce imprimée en 3D. En effet, l’utilisation d’un scanner 3D spécifique permet d’examiner un objet sous toutes ses coutures et sans contact. Ce processus d’acquisition que l’on appelle métrologie, permet de la détection d’éventuelles imperfections qui seraient invisibles à l’oeil nu ou indétectables au toucher.

Un contrôle qui se justifie d’autant plus avec l’impression 3D, que la formidable complexité géométrique dont bénéficie cette technologie constitue également un défi pour les processus de contrôle traditionnels. Les structures lattices, canaux internes, et autres porosités de surface, propres à cette méthode par addition de couches, peuvent cacher de nombreux défauts.

L’autre intérêt de cette méthode est que les fabricants s’appuient souvent sur des milliers ou des millions de pièces, dont beaucoup ont été conçues il y a des années, et qui par conséquent n’ont pas de fichiers CAO associés. Proposée comme solution, la numérisation 3D se limite à la capture des caractéristiques extérieures des pièces. À la différence, la tomographie par rayons X offre la possibilité de récolter aussi les caractéristiques internes.

Malgré tous les avantages de cette méthode d’inspection, le manque de connaissance des entreprises, ainsi que le coût élevé du matériel et la lenteur du processus, freinent son utilisation. C’est dans l’optique de résoudre cette problématique qu’une start-up américaine du nom de Lumafield a développé un outil de tomographie qui soit plus accessible.

« Lumafield offre une technologie, une équipe et une perspective qui promettent de remodeler la façon dont les produits sont fabriqués »

Système de tomographie Nepture développé par Lumafield

Système de tomographie Nepture développé par Lumafield (crédits photo : Lumafield)

Totalisant déjà plus 67,5 millions de dollars de financement, dont 35 millions levés il y a quelques jours, cette jeune pousse ne cache pas son ambition de démocratiser l’inspection par tomographie. Une mission semble t-il réussie si l’on en croît les performances de sa solution. La société affirme que son scanner  » Neptune » permettrait une inspection plus de 300 fois plus rapide que les équipements actuels. Concrètement cela signifie que des scans qui pouvaient auparavant durer plusieurs heures,  s’effectueraient ici en moins d’une minute.

On apprend que derrière l’augmentation de cette vitesse se cache en fait un logiciel « Voyager », basé sur l’intelligence artificielle. Lumafield explique que les tomodensitomètres fonctionnent en capturant une série d’images radiographiques bidimensionnelles sous différents angles, puis en les reconstruisant en un modèle 3D à l’aide d’un logiciel. L’IA permet au processus de reconstruction de l’entreprise d’obtenir les mêmes résultats avec moins d’images radiographiques bidimensionnelles, ce qui réduit le temps nécessaire pour exécuter une numérisation.

Basé sur le cloud, Neptune repose sur un puissant moteur d’analyse qui permet d’automatiser l’inspection des vides, les pores et les fissures avant qu’ils ne deviennent des problèmes critiques. D’ores et déjà disponible, l’équipement est proposé par Lumafield au prix de 3 000 € par mois. Le scanner peut être réservé en versant un dépôt remboursable de 1 000 $. Les réservations seront conservées pendant 60 jours. L’inscription définitive et la date de déploiement seront confirmées lors de la signature des contrats de produits et de services.

« Le monde de la fabrication change radicalement. Les fabricants sont confrontés à un marché de plus en plus concurrentiel, à des changements radicaux dans les chaînes d’approvisionnement et à des attentes toujours plus élevées des clients. » Conclut Victoria Holt, membre du conseil d’administration de Lumafield et ancienne PDG de Prot. « Mon expérience à la tête de Protolabs me donne une appréciation de l’impact positif que la technologie peut avoir sur la fabrication. Lumafield offre une technologie, une équipe et une perspective qui promettent de remodeler la façon dont les produits sont fabriqués. Je suis très enthousiaste à l’idée de travailler avec Lumafield pour concrétiser sa vision », commente Victoria Holt, membre du conseil d’administration de Lumafield et ancienne PDG de Protolabs. »

Alexandre Moussion