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Rencontre avec iFactory3D et son imprimante 3D de bureau taillée pour la production en série

iFactory3D et son imprimante 3D de bureau taillée pour la production en série

La recherche d’automatisation dont fait l’objet la fabrication additive pour répondre aux besoins de production, ne se cantonne pas uniquement aux machines industrielles à 6 chiffres. Les imprimantes 3D de bureau ont elles aussi leur carte à jouer. La solution reprise par de plus en plus de fabricants, consiste à installer un tapis roulant à la place du plateau d’impression, auquel s’ajoute une tête d’impression inclinée à 45 degrés. On obtient ainsi une machine quasiment autonome capable d’imprimer des petites pièces en série ou de longueur infinie. C’est le pari que s’est lancé iFactory3D, une jeune start-up allemande qui s’est récemment faite remarquée avec le succès de sa iFactory One sur Kickstarter. Pour découvrir les particularités de cette solution et ses atouts, Primante3D a interrogé son cofondateur Martin Huber.

« cela permet à l’imprimante d’imprimer des objets en série et à une longueur infinie plus longue que l’imprimante elle-même »

Martin Hubert cofondateur d'iFactory3D

Martin Hubert cofondateur d’iFactory3D

Bonjour Martin, pouvez-vous nous parler de votre parcours avant iFactory3D ?

J’ai un Master en chimie commerciale et je suis spécialisé dans l’entreprenariat, la chimie physique et les sciences quantiques et informatiques. J’ai travaillé chez Bayer dans la production de polymères pendant 5 ans et 3 ans en tant que programmeur, c’est pourquoi je suis un expert en polymères ce qui est très utile pour l’impression 3D.

Vous souvenez-vous de votre première rencontre avec l’impression 3D ? Auriez-vous pu imaginer un tel développement ?

Oui, je me souviens de ma première rencontre. C’était dans le makerspace local le Garagelab en 2012, ils venaient d’ouvrir très près de chez moi et je suis devenu membre immédiatement. J’avais accès à une imprimante 3D et je pouvais imprimer gratuitement c’était une mendel max. La première fois que j’ai conçu quelque chose sur l’ordinateur et 1 heure plus tard je l’avais dans les mains c’était magique. Juste après, j’ai acheté ma première imprimante, un clone de Replicator 2.

Comment est née iFactory3D et qui sont ses protagonistes ?

J’ai fondé iFactory3D avec Artur Steffen, un entrepreneur qui s’occupe de la partie commerciale d’iFactory et moi de la partie technique. Nous nous sommes rencontrés lors d’un événement de startup en mangeant des hamburgers ensemble ici à Düsseldorf. iFactory3D est née grâce à la vente de mon parc d’imprimantes 3D pendant la crise de Corona, certaines même à des prix supérieurs à ceux que j’avais payés en les achetant. Nous construisions de très grands prototypes de machines de production, principalement avec des pièces imprimées en 3D, donc nous avons besoin de beaucoup de pièces imprimées en 3D.

Mais j’aime aussi construire des imprimantes 3D expérimentales et j’ai construit une imprimante à courroie pour cela. C’est mon passe-temps. Je suis aussi membre d’un maker space local où j’organisais une rencontre hebdomadaire pour construire des imprimantes 3d expérimentales comme une Hangprinter ou une extrudeuse pour fabriquer du filament. Nous avons vu l’opportunité et avons travaillé sur des imprimantes à courroie pendant 2 ans et demi.

« l’iFactory One Plus est un design amélioré de l’iFactory One avec de meilleurs composants et une qualité générale supérieure »

impression 3d en continue

Pouvez-vous nous présenter votre machine et nous présenter ses dernières mises à jour ?

Le volume de construction est de : 180 mm (H), 290 mm (L), infini (L). Il s’agit d’une imprimante 3D qui imprime à un angle de 45° sur une bande transporteuse. Cela permet à l’imprimante d’imprimer des objets en série et à une longueur infinie plus longue que l’imprimante elle-même. Vous pouvez essentiellement imprimer n’importe quel matériau FDM qui ne nécessite pas de caisson pour une certaine taille d’objets ; par exemple, PETG, PLA, ABS, ASA, TPU, PC, NYLON.

Concernant les mises à jour il faut faire la différence entre la version mise à jour de l’iFactory One et l’iFactory One Plus récemment annoncée. La mise à jour rend le cadre plus rigide, la tension de la courroie plus facile, le montage des moteurs plus facile et a beaucoup d’autres petites améliorations pour rendre l’utilisation de l’imprimante beaucoup plus facile. L’iFactory One Plus est un design amélioré de l’iFactory One avec de meilleurs composants et une qualité générale supérieure. Nous avons également un kit de mise à niveau pour l’iFactory One qui consiste en une extrudeuse à entraînement direct avec un hotend Volcano et une alimentation Mean Well ; la mise à niveau est incluse par défaut dans l’iFactory One Plus.

L'imprimante 3D iFactoryOne (Crédits photo : iFactory3D)

L’imprimante 3D iFactoryOne (Crédits photo : iFactory3D)

Jusqu’à présent anecdotique, plusieurs imprimantes 3D du même type commencent à arriver sur le marché. Quels sont les avantages de votre système par rapport à la concurrence ?

Notre système est livré avec un raspberry pi et une caméra, il a une courroie supérieure qui ne laisse aucune marque sur l’impression et ne perd pas sa couleur ou ne laisse aucun résidu sur les pièces imprimées, nous avons un système de rail linéaire, nous avons deux moteurs pour la courroie dans l’imprimante qui empêchent tout relâchement de la courroie, notre imprimante est expédiée d’Allemagne et a un support basé en Allemagne. Par ailleurs un système printerguard est actuellement en cours de développement, qui permettra de détecter et de corriger toutes les erreurs d’impression courantes.

Quelles applications et quels clients visez-vous avec iFactory One ?

Pour l’instant, c’est très ouvert, nous ne voulons pas limiter les clients. Nous avons beaucoup d’applications différentes pour les consommateurs mais aussi pour les petites et grandes entreprises. Certaines entreprises ont imprimé des semelles de chaussures, des lumières pour les jeux de fléchettes, des bacs à huile, des crochets, des applicateurs de peinture, des pièces pour les imprimantes 3D et bien d’autres choses encore.

« La version Plus sera disponible plus tard cette année mais plus tôt pour nos backers Kickstarter »

extrudeur incliné à 45 degrés

L’iFactory One a été lancée il y a quelques mois sur la plateforme Kickstarter. Quel est le bilan de cette campagne de financement ?

Nous avons gagné 172 588 € avec 434 backers. C’est un résultat très positif pour nous en tant que nouvelle société sur le marché et nous remercions tous nos backers pour leur confiance en nous. Si vous voulez plus d’informations, consultez la campagne Kickstarter.

Pour la One, vous pouvez d’ores et déjà aller sur notre site web et la précommander pour le mois de juin. La version Plus sera disponible plus tard cette année mais plus tôt pour nos backers Kickstarter car ils ont l’option de passer à la version Plus. Le prix de la One est de 999 € TTC en kit ou 1198 € semi-assemblée à 80 %. Concernant la Ifactory One Plus nous n’avons pas de prix définitif.

Compte tenu des progrès de l’impression 3D en termes d’automatisation, à quoi pourrait ressembler votre prochaine machine dans 5 ans ?

La future machine sera entièrement automatique afin que tout le monde puisse l’utiliser en un seul clic. Nous voulons que les clients B2C et B2B disposent d’une solution très facile à utiliser qui réponde parfaitement à leurs besoins pour la production en série de pièces imprimées en 3D et également de pièces très longues.

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Alexandre Moussion