
Déjà bien implantée dans l’aérospatial, la fabrication additive s’impose peu à peu dans le secteur de la défense, notamment pour répondre aux besoins critiques de réapprovisionnement et de maintenance d’équipements lourds. L’installation plus tôt cette année d’un collecteur de vannes imprimé en 3D sur un porte avion américain, ou plus récemment encore, le contrat remporté par le français Vistory, expert de la fabrication additive sécurisée auprès de la DGA, témoignent de cette montée en puissance.
Si le manque de visibilité sur les volumes et les spécificités des pièces à produire freine encore son adoption par les industriels de la défense, en particulier les PME sous-traitantes, les organismes gouvernementaux ne cessent d’augmenter leurs investissements en direction de cette technologie.
Acteur majeur de la fabrication additive, 3D Systems vient de se voir attribuer un contrat de 7,65 millions de dollars par l’US Air Force. D’une durée de deux ans, ce contrat porte sur le développement d’un démonstrateur technologique d’imprimante 3D métal grand format : le GEN-IIDMP-1000.
Prolongeant un programme lancé en 2023, centré sur l’impression de grandes structures métalliques conçues pour résister à des environnements de vol à haute température et à grande vitesse, ce contrat vise à faire avancer les capacités d’impression additive (AM) à grande échelle pour répondre aux exigences les plus élevées du secteur aéronautique.
« Nous avons démontré avec succès plusieurs technologies innovantes dans le cadre de ce programme et nous sommes ravis de les voir arriver à maturité »

On apprend que les travaux seront menés sur les sites de San Diego (Californie) et Rock Hill (Caroline du Sud), avec une échéance fixée au 27 septembre 2027. Ce projet s’appuie sur une collaboration entamée en 2019 entre le Département américain de la Défense et 3D Systems.
« Nous sommes fiers des progrès réalisés jusqu’à présent dans le cadre de notre collaboration avec l’US Air Force. », a déclaré le Dr Michael Shepard, vice-président du segment aérospatial et défense de 3D Systems. « Nous avons démontré avec succès plusieurs technologies innovantes dans le cadre de ce programme et nous sommes ravis de les voir arriver à maturité, tant pour ce système à grande échelle que pour nos imprimantes commerciales. »
Illustrant l’intérêt croissant de la Défense pour la fabrication additive, cette semaine on a également appris que Ursa Major, une entreprise américaine aérospatiale et de défense, renforçait ses capacités en fabrication additive métallique en acquérant de nouveaux systèmes du fabricant allemand EOS. De son côté, Continuous Composites (CCI), expert de l’impression 3D composites, a remporté un contrat pluriannuel de plusieurs millions de dollars auprès de l’US Air Force pour des applications aérospatiales.
Parallèlement, Rosotics, une start-up spécialisée dans la fabrication additive métallique à grande échelle, a refait parler d’elle à travers le lancement de la phase de fabrication et de test d’un contrat fédéral majeur avec Fluor Marine Propulsion, acteur clé de la propulsion nucléaire militaire navale aux États-Unis.
Ce projet, certifié E2 pour les opérations de défense nationale, vise à renforcer les capacités de fabrication pour la flotte nucléaire de l’US Navy grâce à des alliages métalliques haute performance adaptés aux exigences navales. Cette collaboration, portée par sa technologie d’impression 3D par induction, a pour objectif d’ouvrir la voie à des applications jusqu’ici inaccessibles.


