Monaco immerge des récifs coralliens imprimés en 3D

Acidification des océans, pollution des côtes mais aussi surpêche de certaines espèces de poissons jouant un rôle essentiel dans leur développement… les récifs coralliens n’ont jamais été aussi menacés qu’aujourd’hui. Répartis sur plus de 700 000 km² dans plus d’une centaine de pays, ces récifs qui abritent plus de 4 000 espèces de poissons et 800 types de coraux, jouent un rôle crucial dans l’écosystème marin. Alors que plusieurs initiatives sont menées à travers le monde parmi lesquelles la création de récifs artificiels (le plus souvent en béton), la Principauté de Monaco s’est illustrée il y a quelques jours avec l’immersion de six récifs artificiels imprimés en 3D dans l’aire marine protégée du Larvotto.

« Il s’agit d’une première en Méditerranée et au niveau mondial par la taille des récifs imprimés »

Soutenu par la Fondation Prince Albert II de Monaco, ce projet novateur est le fruit d’une collaboration entre la société néerlandaise Boskalis spécialisée dans le dragage et les activités maritimes, et le laboratoire ECOMERS (Université Nice CNRS). En partenariat avec le spécialiste de l’impression 3D grand format D-Shape, Boskalis est parvenue à fabriquer six récifs de 2500 kilos chacun, imprimés à partir de produits naturels : du sable de dolomite et de la cendre volcanique. « Il s’agit d’une première en Méditerranée et au niveau mondial par la taille des récifs imprimés. » Déclare la Fondation Prince Albert II de Monaco. « Des études ont été menées par la Société Boskalis afin de concevoir un matériau qui réponde à plusieurs exigences : résistance à l’eau, solidité, compatibilité avec la technologie de l’impression 3D et surtout une absence d’effet nocif sur le milieu marin. »

« imprimés pendant 13 heures sur une imprimante 3D géante.. »

Une fois les structures remorquées par bateau vers leurs emplacements, des plongeurs de l’Association Monégasque pour la Protection de la Nature (AMPN), gestionnaire des aires marines protégées de Monaco, ont procédé à l’immersion progressive des récifs à l’aide de ballons. Après avoir été installées en toute sécurité au fond de l’océan, soit 27 mètres de profondeur, les cages de protections ont été retirées. Pendant au moins deux ans, un suivi scientifique sera mis en place par l’ECOMERS et l’AMPN afin de « suivre la colonisation progressive et naturelle des récifs (suivi des espèces animales, poissons et invertébrés, par des comptages en plongée sous-marine ou par photographie). »

Mesurant 1,20 m pour 2 m et 2,5 tonnes, ces récifs ont été imprimés pendant 13 heures sur une imprimante 3D géante développée par la société italienne D-Shape. Les blocs sont fabriqués à l’aide d’un procédé similaire à l’impression 3D par jet d’encre. La technique consiste à superposer de fines couches de sable dolomite solidifiées par un liant liquide à base d’algue. Comparés à des récifs artificiels construits à partir de béton, ces récifs imprimés en 3D ont l’avantage de présenter des formes plus naturelles, avec des courbes et des cavités adaptées aux espèces locales.