
Si l’impression 3D offre des avantages incontestables par rapport aux techniques de fabrication traditionnelles, comme toute technologie, elle comporte aussi ses propres contraintes et limites. L’une d’entre elles, est que de fines particules nocives peuvent être émises lors du processus de fabrication additive. Quasiment tous les procédés sont concernés, y compris le FFF (Fused Filament Fabrication).
De nombreuses études ont en effet démontré que pendant le fonctionnement d’une imprimante 3D de ce type (à filaments ou granulés), des centaines de composés organiques volatils (COV) peuvent être libérés, ainsi que des particules ultra-fine (PUF) pouvant causer des problèmes cardiovasculaires et pulmonaires.
Le souci est que si les machines professionnelles sont de mieux en mieux équipées, les imprimantes grand public protègent encore trop mal la santé de leurs utilisateurs. Le plus souvent, elles sont totalement dépourvues de système de filtration, et lorsque c’est le cas, ils sont rarement performants.
L’un des premiers à s’être attaqué à cette problématique de santé, est un acteur français du nom d’Alveo3D. Partie de ce constat et de l’absence de solutions sur le marché, cette start-up née en 2019 en Savoie, s’est lancée dans la conception de systèmes de filtration pour les imprimantes 3D de bureau FFF.
“A force de vouloir améliorer le système de filtration, nous avons acquis une certaine expertise en filtration d’air. Sans nous en rendre compte, nous avons fait plus d’une centaine d’itérations de composés de filtres et de boîtiers de filtration.” m’avait expliqué son fondateur Lucas Martini, dans une interview en 2019.

Soucieux de proposer des solutions qui soient en phase avec les besoins des utilisateurs, Alveo3D s’est intéressé aux imprimantes 3D Bambu Lab, l’une des marques les plus populaires du moment.
L’entreprise tricolore a conçu un kit qui permet de réduire considérablement les particules ultrafines et les concentrations de COV, soit jusqu’à 4 fois selon les tests menés. En effet, il faut savoir que le système de filtration Bambu Lab d’origine ne contient que du charbon actif et ne filtre pas les PUFs, et que les filaments techniques (ABA, ASA, Nylon, PETG, PC) peuvent produire des niveaux considérables de PUFS
C’est dans cette optique, qu’Alveo3D a récemment lancé un kit de filtration spécialement conçu pour les imprimantes 3D Bambu Lab. Objectif : offrir aux utilisateurs une solution accessible et facile à installer pour réduire les émissions nocives, tout en garantissant une impression de haute qualité.
Un filtre P3DR qui offre la même efficacité que leur standard P3D

Doté d’un filtre HEPA13, ce système est capable de retenir efficacement jusqu’à 99,95 % des particules ultrafines (PUF), tandis que le charbon actif intégré neutralise les composés organiques volatils (COV).L’une des particularités de ce kit, réside dans son aspect modulaire et pratique. Aucune modification n’est nécessaire.
Par ailleurs, certaines pièces du boîtier de filtration doivent être imprimées par l’utilisateur, directement sur son imprimante 3D. Cette approche offre plusieurs avantages. Non seulement cela permet de réduire les coûts de production, tout en s’inscrivant dans une démarche écologique en limitant les emballages, mais aussi de renforcer l’autonomie des makers. Pour cela, Alveo3D fournit gratuitement des fichiers STL prêts à imprimer, accompagnés de recommandations détaillées.
Bien entendu, Alveo3D a également pris en considération la nécessité de maintenir un certain niveau de température dans l’enceinte de votre imprimante 3D pour certains travaux. Pour les filaments concernés comme l’ABS ou l’ASA, par exemple, le ventilateur continue d’extraire et de recirculer l’air dans la chambre, ce qui aide à maintenir la température élevée pour une impression optimale.
« Le déchet est collecté dans la 2ᵉ partie du kit, qui comprend un tube qui recircule l’air chaud »

Enfin, concernant la gestion des déchets pouvant être générés lors d’une impression 3D, Alveo3D précise que son système ne bloque pas leur sortie. Il agit même comme une poubelle qui retient ces déchets. « Le déchet est collecté dans la 2ᵉ partie du kit, qui comprend un tube qui recircule l’air chaud. Bien qu’un nettoyage soit nécessaire pour enlever le plastique usé accumulé, le système garantit une gestion efficace. » explique le fabricant français.
Proposé au prix de 70 € TTC, ce kit de filtration mesurant 124 mm x 124 mm x 44 mm pour 160 g, est livré avec une télécommande permettant de contrôler la filtration à distance, soit jusqu’à 5 mètres.
Bien entendu, le système développé par Alveo3D est conforme à la norme EN 1822. En vigueur dans de nombreuses industries comme l’industrie pharmaceutique, l’agroalimentaire, l’aérospatiale, ou les salles blanches, où une qualité de l’air irréprochable est essentielle pour assurer la santé des travailleurs et le bon fonctionnement des équipements, cette norme permet de garantir la sécurité des utilisateurs en vérifiant l’efficacité des filtres HEPA.


