Un immeuble et une villa imprimés en 3D

En avril 2014, un certain WinSun Decoration Design Engineering Co, réussissait un coup d’éclat en imprimant pas moins de 10 maisons en 24h. Une prouesse technique qui n’est pas restée sans lendemain, la société chinoise ayant surenchéri en construisant cette fois-ci un immeuble de 5 étages et une villa de 1100 m2. Les deux bâtiments ont été dévoilés il y a deux jours dans le parc industriel de Suzhou, province du Jiangsu à l’est de la Chine. Le procédé de base reste identique, à savoir superposer des couches d’un ciment composite renforcé par de la fibre de verre et des déchets de construction. Un matériau à caractère écologique donc, mais disposant aussi d’une bonne capacité d’isolation et d’une résistance suffisante pour faire face aux séismes. Pour répondre au défi posé par les volumes de ces bâtiments, Winsun a dû revoir sa copie et développer une imprimante 3D aux dimensions XXL : 150m de long, 10m de large et 6,6m de haut. Les pans de mur ont cette fois-ci nécessité un ferraillage, des tiges d’aciers ont donc été rajoutées durant l’impression pour renforcer l’armature et répondre aux normes. « Ces deux constructions sont parfaitement conformes aux normes nationales. » A expliqué l’ingénieur en chef du projet « Mais la construction par impression 3D nécessitera l’élaboration de nouvelles normes. »

La villa imprimée en 3D



Selon la société chinoise, ce procédé a également des vertus économiques. En effet par apport aux techniques traditionnelles, l’impression 3D permettrait de réduire jusqu’à 60% la quantité de matériaux, entre 30 et 70% la consommation d’énergie, 50 et 70 % le délai de construction et 80 % le coût de travail. « Le succès de l’entreprise est lié à notre technique unique de fabrication. D’abord, nous avons développé et breveté un liant exclusif qui est un mélange de déchets de construction recyclés, de fibre de verre, d’acier, de ciment et d’additifs spéciaux. Le recyclage des déchets de construction polluent énormément » a déclaré Yihe MA président de Winsin. « Mais avec l’impression 3D, nous transformons ces déchets en nouveaux matériaux de construction. Notre processus de fabrication signifie également que les ouvriers du bâtiment sont moins soumis aux risques de contact avec des matières dangereuses. »

Des contrats en pagailles pour Winsun

La villa a été imprimée pour le compte d’une société immobilière taïwanaise du nom Tomson Group. Convaincue par la fiabilité et le caractère économique du procédé, cette dernière aurait déjà passé commande pour 10 villas. En effet, le bâtiment n’aurait coûté que 160 000$ à construire soit environ 137 000 €. Un intérêt loin d’être isolé, le gouvernement égyptien ayant lui même passé commande pour 20 000 bâtiments au total. La première sera livrée d’ici quelques semaines. «Cette maison a été imprimée en un seul jour et fait partie d’une commande globale de 20 000 unités. » A déclaré Yihe MA.

Yihe MA, le PDG de Winsun lors d’une conférence

Lors d’une conférence Winsun a également dévoilé avoir signé un partenariat avec Nile Sand Material Technology. Un accord visant à construire d’ici 2 ans, 12 usines dans plusieurs déserts grâce à une imprimante 3D à sable conçue par le chinois. Actuellement à la recherche de nouveaux matériaux pour être combinés avec le sable, la société pense que sa technologie pourrait avoir des vertus écologiques. En effet Winsun aurait constaté que le sable du désert était un excellent matériau de construction, qui pourrait être utilisé pour créer des « murs verts » verticaux de fixation pour la lutte contre la désertification. Winsun Global une jointure de Winsun, a également signé un accord de 3 ans pour la construction de plusieurs usines dans une vingtaine de pays, parmi lesquels les Etats-Unis, l’Arabie Saoudite, les Emirats Arabes Unis, le Qatar, la Tunisie… Il vise aussi à fournir au Moyen-Orient et l’Afrique des logements bon marché et fiables pour les familles à faible revenu. Les premières imprimantes sont d’ailleurs déjà prêtes à être expédiées à l’étranger. Si peu d’informations ont filtré sur leur nature exacte, d’autres contrats ont été signés avec d’autres entreprises. Parmi elles la société de chemin de fer China Railway 24th Bureau Group, la Korea KDC Corporation et le KIP Pavilion of Milan EXPO.






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