Covid-19 : la Commission européenne lance un appel aux acteurs de l’impression 3D

impression 3d médicale

Des fabricants d’imprimantes 3D aux makers, le monde de l’impression 3D se mobilise pour apporter des solutions à la crise sanitaire du Coronavirus. Le plus bel exemple nous a été apporté en début de semaine par un cabinet d’études italien qui a permis la fabrication en urgence des valves de respirateurs pour un hôpital de Lombardie en utilisant l’impression 3D. Ce sont probablement des centaines de vies qui ont pu être sauvées grâce à cette aide. Particulièrement médiatisée, cette initiative a crée un élan de mobilisation chez les acteurs de l’impression 3D du monde entier, notamment en France où plusieurs entreprises spécialisées sont montées au créneau pour proposer leur aide. Parmi elles plusieurs prestataires, fabricants et revendeurs bien connus, dont TH Industrie, Dagoma, Bone 3D, Machines 3D, BombyxProd, GRYP 3D, ERPRO, Silex 3D Print ou encore, Makershop et Lynxter, qui ont mis à disposition leur parc machine et compétence en modélisation.

Au-delà ses bénéfices bien connu de souplesse de conception et de réactivité de production, la fabrication additive dispose de plusieurs matériaux compatibles avec les exigences du secteur médical. Le nylon par exemple, qui est un des polyamides les plus répandus, peut-être utilisé pour des pièces en contact avec la peau.

Devant l’afflux massif de patients dans les services de réanimation, certains hôpitaux expriment un besoin urgent en matériel médical. C’est la raison pour laquelle la Commission européenne vient de lancer un appel pour la fabrication en urgence de composants imprimés en 3D ; des masques et 25 000 ventilateurs pour respirateurs.

« Nous sommes en train de coordonner une action. La réponse de l’industrie est massive »

 Valves de respirateur imprimées par frittage laser

Valves de respirateur imprimées par frittage laser par le bureau d’études italien Isinnova

En Allemagne, Mobility goes Additive, qui l’un des plus importants réseaux d’entreprises et d’instituts de recherche travaillant sur les solutions de fabrication additive, s’est fait l’écho de cet appel à l’aide en compilant toutes les informations et instructions relatives à l’impression desdits composants. « Il y a un besoin urgent de masques (voir aussi le site open source pour l’impression des masques https://www.opensourcemask.com/en/) et 25.000 ventilateurs sont nécessaires pour les respirateurs, ils peuvent être imprimés en 3D. Vous pourriez avoir ces fablabs dans vos groupes qui pourraient être activés pour travailler directement avec les hôpitaux. Si des entreprises de votre groupe peuvent vous aider, veuillez nous contacter rapidement afin que nous puissions les renvoyer à la Commission européenne. N’hésitez pas à nous contacter si vous avez des questions. » (request@mobilitygoesadditive.com).

Le CECIMO qui est l’association européenne de l’industrie de la machine-outils, a reçu la même demande : « Je peux confirmer que la Commission européenne a demandé au CECIMO, l’Association européenne pour l’industrie de l’impression en 3D, d’aider à trouver une solution à la pénurie d’équipements hospitaliers. Nous sommes en train de coordonner une action. La réponse de l’industrie est massive. Notre appel est ouvert à tous. » A confirmé son directeur général Filip Geerts à Primante 3D.

« D’un point de vue réglementaire, certaines contraintes juridiques peuvent entraver la mise en œuvre complète de ces solutions. Les États membres devraient envisager de déroger temporairement à certaines des exigences de la directive sur les dispositifs médicaux pour les biens stratégiques pendant cette période de crise. À cet égard, nous nous félicitons de la déclaration du commissaire Breton, qui affirme que la CE facilitera la tâche de toutes les entreprises qui apportent leur aide en cette période, en les protégeant également d’éventuels problèmes juridiques. Le commissaire a également souligné que des technologies telles que l’impression en 3D devraient être incluses dans le champ d’application d’un nouveau fonds visant à soutenir différents secteurs, tels que les soins de santé, en cette période de besoin. »

En France, c’est l’Association française des pôles de compétitivité (AFPC) qui a été sollicitée pour la Commission européenne. Le pôle Aerospace Valley a offert son aide pour synthétiser les réponses pour répondre à l’AFPC et à la Commission européenne.

Les entreprises d’impression 3D qui ont ou souhaitent mettent à disposition leurs services ou machines face au Covid-19 peuvent remplir ce document qui permettra d’obtenir une meilleur visibilité sur les offres : https://docs.google.com/spreadsheets/

respirateur artificiel

Un peu partout dans le monde, les entreprises bénéficiant d’une expertise en impression 3D sont appelées à l’aide pour répondre au plus vite à la pénurie de matériel. Au Royaume-Uni, l’appel du premier ministre Boris Johnson faite aux entreprises pour produire 20 000 ventilateurs en deux semaines, a été entendu par Vauxhall et Airbus. Les deux sociétés s’apprêtent à mobiliser leur parc machine pour imprimer une partie des pièces pour le National Health Service qui est le système de la santé publique du Royaume-Uni.

Le ministère des affaires de l’énergie et de la stratégie industrielle britannique a publié un formulaire qui permet d’avoir une idée très précise des composants nécessaires à la fabrication d’un respirateur artificiel. Il est question de pompes à air, de soufflets, de vannes, de régulateurs de pression, de tubes, raccords, des filtres HEPA, ou encore de moteur électriques. Soit environ une vingtaine de pièces. Le ministère de la Santé affirme que le NHS pourrait nécessiter jusqu’à 20 000 ventilateurs supplémentaires. Il compte actuellement 5 000 ventilateurs pour adultes et 900 pour enfants.

Le constructeur automobile Vauxhall, qui appartient désormais au géant automobile français PSA, travaillera à partir de dessins techniques et de plans fournis par le gouvernement. « Nous sommes des experts en assemblage et en production de masse…Nous avons proposé nos services en tant qu’usine d’assemblage et nous avons également une capacité d’impression 3D à Ellesmere Port. » À déclaré au Guardian Helen Foord, responsable des relations gouvernementales de Vauxhall.