Quand le cinéma imprime en 3D

nouveai film d'animation The Boxtrolls

Les studios Laika semblent avoir définitivement adopté l’impression 3D, après Coraline et l’Etrange Pouvoir de Norman, ces derniers récidivent avec un nouveau film d’animation appelé The Boxtrolls. Il s’agit en effet de leur 3ème film tourné en stop motion dont les personnages ont été conçus avec cette technologie. Fort de ses 4 imprimantes achetées il y a 2 ans, Laika a investi dans 5 machines supplémentaires, dont une à 157 000 € capable d’imprimer à la fois le caoutchouc et le plastique pour des figurines plus résistantes. S’il fallait auparavant plusieurs jours aux artistes pour sculpter une seule tête, l’impression 3D permet désormais de produire des milliers de têtes parfaitement identiques, affichant pour chacune d’entres elles une expression du visage différente. Par ailleurs les marionnettes imprimées en 3D répondent aussi aux contraintes des tournages, capables de résister à la chaleur des projecteurs et ce pendant 18 mois.

The Boxtrolls fait appel au frittage laser

Si pour l’Etrange Pouvoir de Norman Laika avait utilisé une imprimante de type 3DP (impression par collage), pour ce film le choix s’est porté sur une imprimante SLS (frittage laser.) Cependant le modèle en question ne traduisant pas toujours exactement les couleurs et les teintes de peau, les ingénieurs ont imprimé et testé chaque couleur afin de créer leur propre nuancier. Mc Lean qui est le responsable création a créé avec son équipe une bibliothèque composée de plus de 50 000 expressions de visages prêtes à être imprimées en 3D, chacune correspondant à un personnage et à une scène. L’équipe détermine avec les animateurs celles qu’il faut choisir dans la bibliothèque en fonction de la séquence du film.

55 personnes dont 25 ingénieurs et 25 artistes travaillent sur ce film. Les premiers étant en charge de la modélisation 3D et de l’impression des différentes pièces et les artistes de leur contrôle, du traitement post impression et de l’animation des marionnettes. Il y a cependant certaines choses que les imprimantes 3D ne peuvent pas faire, comme les tâches de rousseur sur les visages… Trop minutieux pour cette technologie, des petits points sont alors marqués sur le visage puis peints à la main… «C’est un outil merveilleux mais vous avez encore besoin des artistes et des techniciens pour tirer le meilleur parti de celui-ci. » explique McLean.

Chaque pièce imprimée porte un code correspondant à l’humidité et à la température de la journée. Une mesure prise par les techniciens qui ont constaté que le mélange de résine et de plâtre utilisé pour les impressions absorbait l’humidité ambiante. Il était donc crucial que ces paramètres soient les même lors des impressions suivantes afin que pièces soient le plus identiques possible. Alors que des milliers de visages sont tournés image par image pour reproduire une émotion, chaque détail comme le fard à joues doit être en tout point identique à chaque fois. L’impression 3D permet cela grâce à une précision de l’ordre du micron… Toutefois la plupart des accessoires (20 000 en tout) continuent d’être fabriqués à la main du fait de leur minutie (une aiguille par ex) ou de leur particularité difficilement reproductible (un casque en papier mâché par ex).

Depuis sa première tentative avec Coraline en 2009, la compagnie Laika perfectionne donc à chaque nouveau film son savoir faire dans l’impression 3D et comme aucun autre studio de cinéma dans le monde. Après la nomination aux oscars de l’Etrange Pouvoir de Norman l’année dernière, on espère que The Boxtrolls remportera cette fois une statuette dorée. En attendant, rendez-vous dans les salles obscures le 15 octobre prochain pour suivre les aventures de ces drôles de trolls…

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