Le marché de l’impression 3D polymère à 55 milliards $ en 2030

post-traitement d'une poudre polymère

Poudre d’impression 3D polymère – Crédits photo Flanders Investment & Trade

Dans son dernier rapport, le cabinet d’études SmarTech Analysis, spécialiste de l’industrie de la fabrication additive, a confirmé la bonne santé des matériaux d’impression 3D polymère. Selon les prévisions de ses experts, ce segment historique de l’impression 3D devrait poursuivre sa croissance et générer pas moins de $11,7 milliards de revenus en 2020, pour atteindre les $55 milliards d’ici 2030.

Apparus avec les premiers procédés d’impression 3D, la stéréolithographie et le dépôt de fil fondu, les polymères bénéficient d’un niveau de maturité plus élevé que les autres matériaux. Si les plastiques sont aujourd’hui si populaires (87 % des utilisations en France), c’est qu’ils sont également plus accessibles, aussi bien en terme de coût matière et d’équipement, que de contraintes d’utilisation. Une « simple » imprimante 3D de bureau permet aujourd’hui d’avoir accès à un large éventail de matériaux et d’applications (prototypes, outils, maquettes, pièces finales, pièces de rechange…). Si le segment métal tente à devenir plus accessible grâce à l’arrivée de méthodes d’impression 3D alternatives plus abordables comme le MIM-Like, le niveau d’investissement est sans aucune comparaison.

L’arrivée des procédés à frittage laser, suivie des expirations successives de plusieurs brevets fondateurs, ont également, on l’imagine joué en faveur des polymères en facilitant leur entrée sur le marché du B2B (à défaut d’une démocratisation grand public). À ce sujet SmarTech Analysis explique que les progrès liés aux procédés sur lit de poudre et leurs matériaux ont rendu la technologie plus attrayante pour les industriels. Les machines commencent en effet à répondre aux besoins de la production en grand série, notamment grâce à une meilleure automatisation et répétabilité. Les derniers développement apportés par des fabricants historiques comme EOS, ou des nouveaux arrivants tels que HP, témoignent de cette évolution.

graphique sur le marché de l'impression 3D polymère

Revenus exprimés en millions de dollars du marché de la fabrication additive polymère de 2019 à 2024

Longtemps dominés par les techniques de photopolymérisation et d’extrusion, les procédés sur lit de poudre pourraient selon le rapport prendre même l’avantage en terme de revenus générés d’ici 2024. Si les grands acteurs de la chimie ont commencé à investir massivement dans la production pour le développement de matériaux haute performance, ce sont encore les poudres de nylon 12 qui représentent le plus grand segment de matériaux.

Le rapport conclut en désignant les secteurs de l’aéronautique et l’automobile comme les plus gros utilisateurs des procédés d’impression 3D polymères dans les 10 ans à venir. Si leurs applications se limitent encore principalement au prototypage et l’outillage, SmarTech prévoit qu’une production importante aura lieu dans ces segments d’ici 2030.

Avec plus d’un million de pièces imprimées aujourd’hui, même si la transition sera longue, les produits de consommation devraient devenir un segment important pour l’impression 3D directe. L’étude prévoit que l’ensemble des pièces plastiques imprimées en 3D atteindra les 40 milliards de dollars de chiffre d’affaires d’ici 2030.