Le géant du nucléaire russe ROSATOM annonce une filiale de fabrication additive

Rosatom créé une filiale de fabrication additive

En juillet 2016, le géant du nucléaire russe Rosatom s’invitait sur le créneau très convoité de l’impression 3D métal en lançant la première imprimante 3D industrielle de Russie. Dénommée MeltMaster3D-550, cette nouvelle machine visait à produire de grandes pièces métalliques pour le secteur de l’énergie nucléaire. Fort du succès de son système au sein de son entreprise, le plus grand producteur d’électricité de Russie a annoncé ce lundi la création d’une nouvelle filiale dédiée à la fabrication additive.

« Les équipements et les consommables seront produits dans les entreprises Rosatom »

Baptisée Rusatom – Additive Technologies (RusAT), la nouvelle société permettra de gérer le développement des activités de fabrication additive de ROSATOM, en se concentrant sur quatre domaines-clé que sont : la fabrication d’imprimantes 3D et leurs composants, la production de matériaux et de poudres métalliques pour l’impression 3D, le développement de logiciels pour les systèmes additifs et services, et le rendu des services d’impression 3D et introduction de technologies de fabrication additive dans les entreprises industrielles.

« Les équipements et les consommables seront produits dans les entreprises Rosatom, principalement dans les deux usines de TVEL Fuel Company à Novouralsk, dans la région de l’Oural en Russie, à NPO Tsentrotech et à Ural Electrochemical Integrated Plant. » Précise Alexey Dub, directeur général de RusAt.

« ROSATOM a développé un prototype de pré-production, l’imprimante 3D Gen II »

La nouvelle société qui vise un chiffre d’affaires annuel de 860 millions de dollars et 1,5% du marché mondial d’ici 2025, coordonnera le développement de produits ainsi que la gestion des contrats et des commandes.

Selon le géant russe, une deuxième imprimante 3D est en cours de développement : « ROSATOM a développé un prototype de pré-production, l’imprimante 3D Gen II. La production commerciale de l’imprimante est prévue pour cette année à Novouralsk. L’imprimante de fabrication russe sera 20% moins chère que les modèles étrangers et aura de meilleures performances. Dans le même temps, si nous considérons seulement les institutions médicales en Russie, ils ont besoin d’une centaine d’endoprothèses chaque année, et nous pouvons les produire avec nos imprimantes 3D« , a déclaré Alexey Dub.

La solution développée par Rosatom vise à rendre plus compétitive une industrie nucléaire soumise à une concurrence mondiale toujours plus forte, qui doit également faire face à une montée du gaz et des énergies renouvelables. Contrairement aux méthodes classiques de construction des centrales qui génèrent beaucoup de déchets, l’impression 3D est plus économe en matière première, tout en réduisant considérablement le temps de fabrication. Elle est également très efficace lorsqu’il s’agit de reproduire une pièce qui n’est plus fabriquée. On se souvient notamment de cette roue métallique de pompe à incendie réalisée par Siemens en 2017. Selon Rosatom, son imprimante 3D MeltMaster3D-550 coûterait deux fois moins cher que ses homologues soit 420 000 euros.