Le français Prodways installe sa première imprimante 3D métal chez Nexteam Group

imprimante 3D métal RAF de Prodways

Filiale du groupe Gorgé spécialisée dans la fabrication additive, le français Prodways vient d’annoncer l’installation de son premier système de fabrication additive métallique sur le site toulousain du groupe Nexteam, spécialiste de l’usinage de métaux durs et pièces complexes pour l’aéronautique et le spatial. Il est question de sa dernière technologie brevetée RAF (Rapid Additive Forging) dédiée à l’impression 3D métal de pièces de grandes dimensions. Dès le mois prochain, les deux partenaires collaboreront pendant dix-huit mois dans l’usine de Gentilin à Launaguet (31), pour perfectionner la technologie afin de produire des pièces en série à partir de mi-2019. La collaboration porte notamment sur une phase qualification d’un an en conditions réelles pour assurer la répétabilité du processus.

En ajoutant le dépôt métal à son portefeuille, la pépite française élargit encore un peu plus son offre qui inclut notamment sa fameuse technologie Movinglight basée sur la photopolymérisation de résines photosensibles. Présentée en juin 2017 à l’occasion du salon du Bourget, la technologie RAF est le fruit de deux années de développement en collaboration avec Commercy Robotique, autre filiale du groupe Gorgée spécialisée dans la soudure robotisée. Reprenant le principe de la technologie WAAM (Wire Arc Additive Manufacturing) basée sur la soudure de fils métalliques, RAF est incarnée par un robot équipé d’une tête qui vient déposer du métal en fusion dans une atmosphère de gaz inerte.

Avec son volume de construction de 1200 x 800 x 500mm, la nouvelle machine de Prodways permet la réalisation de grandes pièces en titane en quelques heures seulement. Outre sa productivité, le procédé montre également de nombreux atouts par apport aux techniques classiques par frittage laser ou faisceau électrons, avec une absence de porosité et une homogénéité de la pièce dans toutes les directions.

« des pièces en titane, avec une résistance mécanique supérieure à d’autres techniques d’impression 3D »

Misant comme de nombreux fabricants sur le marché de l’aéronautique et du spatial, Prodways a créé en 2015 une division dédiée proposant une offre complète de fabrication additive. Sur ce secteur très exigeant où l’on s’appuie sur les technologies qui ont fait leur preuve, la fabrication additive est désormais en mesure de répondre aux normes drastiques liées à la sécurité. Alors que des pièces polymères imprimées en 3D sont déjà présentes à bord de certains avions, à l’image d’Airbus, des pièces métalliques de plus en plus grandes commencent à être installées sur des appareils de série. Citons également STELIA Aerospace qui dévoilait dernièrement un démonstrateur de panneaux de fuselage imprimé en 3D de 1m2. « Nous serons donc capable d’offrir à nos clients, dans moins de 18 mois, des pièces en titane, avec une résistance mécanique supérieure à d’autres techniques d’impression 3D, pour les avions de nouvelles générations. » A déclaré Frédéric Gentilin,Vice-Président de Nexteam Group.

Les avantages de la fabrication additive répondent en outre particulièrement bien aux besoins du secteur, aussi bien de formes complexes que de flexibilité et de réduction de poids. De nombreux acteurs ont déjà démontré sa capacité à réduire drastiquement les délais de fabrication et les coûts de production, à l’image du spécialiste français Latécoère qui a réduit de 95 % ses délais de prototypage. Prodways souligne en outre l’absence d’outillage par apport aux techniques de forgeages mais surtout une réduction de 80 % de perte de matière comparé aux techniques d’usinage, grâce à la capacité de cette technologie à utiliser juste la quantité de matière nécessaire.

Si Prodways Group est déjà bien positionné sur le marché de l’aéronautique, comptant parmi ses clients plus de dix acteurs majeurs du secteur, d’autres secteurs d’applications ont exprimé leur intérêt pour la technologie RAF, pour du rechargement de pièces ou de l’ajout de fonction, sur de l’acier, de l’inconel, ou encore des alliages techniques d’aluminium. « Nous sommes allés vers les marchés qui tirent le plus l’impression 3D. » Déclarait Raphaël Gorgé PDG du Groupe Gorgé à l’occasion d’une interview chez BFM Business en janvier dernier. « Pour des raisons différentes, le médical et l’aéronautique sont les deux marchés sur lesquels l’impression 3D trouve son application parce que dans un cas nous avons des pièces à très fortes valeurs ajoutées dans l’aéronautique avec des contraintes de poids ou chaque gramme gagné est une économie intéressante. »

Prodways a dans ses cartons une autre technologie d’impression 3D métallique dont elle avait révélé les premiers détails en 2016. Annoncé comme 5 fois plus rapide que les techniques d’impression 3D métal directe, ce nouveau procédé d’impression 3D développé en collaboration avec le CEA Liten, reposerait sur une poudre métallique combinée à des liants organiques.

D’autres fabricants ont privilégié ce type de procédé, à l’image semble t-il du géant américain Stratasys. Illustrant la montée de la fabrication additive métallique, le spécialiste mondial de l’impression 3D polymère s’est lui aussi engagé dans la course, avec sa première imprimante 3D métallique annoncée pour le mois prochain. Selon les premières informations, il s’agirait d’un procédé d’impression 3D basé sur la projection de liant sur lit de poudre.