70 km de filaments et 15 imprimantes 3D pour représenter l’identité culturelle canadienne

portait national des canadiens imprimé en 3D

Romancier et artiste canadien de renommé, Douglas Coupland a choisi la Galerie d’art d’Ottawa pour exposer sa dernière œuvre intitulé « Le portrait national ». Particulièrement connu pour son roman Génération X, cet artiste explore depuis les années 80, divers médias allant des Lego à divers objets du quotidien pour nous interroger sur le pouvoir des langues, la place de la technologie dans nos sociétés modernes ou encore la condition du 21e siècle.

Ambitieuse par sa taille, la dernière création de Coupland est en portrait en 3D des Canadiens au 21 ème siècle. L’artiste s’est associé à la chaîne de magasin Simons pour scanner des milliers de clients volontaires. Pendant presque deux ans, l’artiste a parcouru les plus grandes villes du Pays (Montréal, Québec, Vancouver, Edmonton, Mississauga, Ottawa, Calgary, Yellowknife et Halifax) pour capter l’identité culturelle du Canada. Chaque participant a reçu en retour son propre buste imprimé en 3D.

« Nous avons envisagé de nombreuses options pour numériser le portrait 3D de tous ces canadiens« . Explique son conseiller technique John Biehler. Nous avons finalement opté pour un scanner portable branché à un ipad. C’était beaucoup moins intimidant pour les gens et ça à grandement facilité nos déplacements. »

« lorsque l’on déambule autour des oeuvres, leurs proportions fluctuent »

Particulièrement haute en couleur, l’oeuvre se compose de 1000 bustes imprimés en 3D mesurant de 5 à 96 cm, tous dirigés vers une même direction, l’avenir…. Chaque tête à été imprimée selon des tailles, des formes et des couleurs différentes, parfois même recouvert d’or ou d’argent, de manière à insuffler un certain dynamisme à l’oeuvre. Pour ajouter au côté créatif du projet, les têtes ont été déformées selon la technique de l’anamorphose. « Quand on tourne sa tête, elle nous semble tout étirée, puis reprend sa forme normale. A tout moment, lorsque l’on déambule autour des oeuvres, leurs proportions fluctuent, offrant ainsi une expérience unique selon l’angle d’orientation. » Explique l’artiste dans une vidéo.

Coupland a utilisé pas moins de 15 imprimantes 3D de bureau de la marque DittoPro, et 70 km de filament PLA pour imprimer les 1000 bustes. 11 mois auront été nécessaires pour imprimer tous les composants de la sculpture. Selon l’artiste, l’oeuvre ne serait pas totalement achevée, la version finale sera traversée par un chemin de fer et une autoroute.

Cette nouvelle création de Douglas Coupland, illustre bien l’influence des technologies d’impression 3D sur le paysage artistique. De nombreux artistes et designers ont déjà investi ce territoire, exploitant la souplesse de conception et la liberté de forme offertes par ce nouveau médium artistique.

En France, on se souvient de l’oeuvre « Me-mory of Me » de l’artiste plasticien Stephane Simon. En partenariat avec le spécialiste français de l’impression 3D Prodways, celui-ci avait imaginé deux statues grandeur nature exprimant l’influence du numérique sur les comportements humains. Les magnifiques tableaux imprimés en 3D de l’artiste néerlandais Martijn Hage sont un autre exemple.

Douglas Coupland posant devant son oeuvre à l’Ottawa Art Gallery. (crédit photo Jenn Pritchard)