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Aux Pays-Bas débute l’installation du plus long pont imprimé en béton au monde

'installation du plus long pont imprimé en béton au monde

C’est à Nimègue aux Pays-Bas, qu’a débuté il y a quelques jours l’installation du plus long pont piétonnier imprimé en béton au monde. D’ici un mois environ, piétons et cyclistes pourront traverser cette impression 3D record de plus de 29 mètres de long et 4 tonnes. Initiée par la Rijkswaterstaat, la Direction générale néerlandaise des travaux publics et de la gestion de l’eau, en partenariat avec le studio Michiel van der Kley, et l’Université de technologie d’Eindhoven (TU/e), cette construction appelée « The Bridge Project », a été fabriquée depuis le centre d’impression 3D béton de Weber Beamix à Eindhoven.

Sacrée capitale la plus verte d’Europe en 2018, Nimègue est vite apparue comme la candidate idéale pour accueillir l’ouvrage. Car au-delà la réduction des coûts et de la pénibilité pour les ouvriers, l’impression 3D est aussi un moyen de construire plus respectueusement de l’environnement. Les nombreuses initiatives de construction 3D à travers le monde, montrent comment cette approche permet une réduction drastique des matériaux et des déchets sur les chantiers. Si les parties prenantes parlent d’une économie de 30 % de béton comparé aux ouvrages classiques, d’autres projets comme la passerelle d’XtreeE pour les JO 2024, avancent même le chiffre de 60 %. Facilitée par la fabrication additive, l’optimisation topologique est aussi un moyen de construire des bâtiments avec une résistance mécanique maximisée.

« L’optimalisation réduit les besoins en matériaux par rapport aux ponts avec coffrages réalisés selon les procédés traditionnels. L’imprimante ne coule en effet du béton qu’aux endroits nécessaires à la consolidation de la structure du pont. » Confirme Pieter Bakker, chef du projet Impressions 3D chez BAM Infra. « L’impression de béton en 3D rend tout coffrage inutile, ce qui allège le travail et permet de construire sans déchets résiduels.»

« La technique sera moins chère que les méthodes traditionnelles de construction dans un avenir proche »

proect bridge

L’Université de Technologie d’Eindhoven et le Royal BAM Group n’en sont pas à leur première collaboration. On se souvient qu’en 2017 déjà, les deux partenaires avaient réalisé ensemble un premier pont pour vélos. De taille plus modeste, l’ouvrage installé dans la ville de Gemert, mesurait alors 8 mètres de long pour 3,5 mètres de large et 0,9 m d’épaisseur.

Sur la conception, les protagonistes de « The Bridge Project » confient avoir utilisé un logiciel de conception paramétrique qui aurait permis de prendre en compte tous les aspects qui ont une influence sur le pont. Les charges appliquées et la résistance bien sûr, mais aussi le nombre de voitures et le nombre de piétons qui le traversent. En ajustant ainsi les valeurs, comme par exemple des piles plus grandes et plus nombreuses, le pont pourrait se décliner pour les voitures.

Au total, 140 heures ont été nécessaires pour imprimer les 46 segments en béton, explique Pieter Bakker, chef de projet d’impression 3D chez BAM. La solidité du pont serait-elle que trois camions pourraient même passer dessus. « À la RWS, nous supposons qu’il y aura de moins en moins de main d’oeuvre disponible pour construire les ponts dont nous avons besoin, et cette technique pourrait combler cette lacune. » Justifie la Rijkswaterstaat. « Nous parlons et discutons de la robotisation de l’environnement de construction. La technique sera moins chère que les méthodes traditionnelles de construction dans un avenir proche ; nous pouvons réduire les coûts d’échec parce que beaucoup plus de choses sont faites à l’avance, et avec des processus informatisés. »

impression 3D béton par un bras robotique

*crédits photo : studio Michiel van der Kley

Alexandre Moussion