Des chercheurs piratent une imprimante 3D avec un smartphone !

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Dans le cadre d’une étude visant à démontrer les risques de piratage qui pèsent aujourd’hui sur l’impression 3D, des chercheurs de l’Université de Buffalo NY ont piraté une imprimante 3D avec un smartphone. Le professeur Wenyao Xu PhD à l’origine de cette étude, a pour se faire développé un logiciel capable de retranscrire les mouvements de la buse, à partir des sons et vibrations émises par les imprimantes 3D.

« il y a encore beaucoup d’inconnues sur la sécurité de ces machines »

« Beaucoup d’entreprises parient sur la révolution de l’impression 3D, mais il y a encore beaucoup d’inconnues sur la sécurité de ces machines qui laissent la propriété intellectuelle vulnérable« , Explique le Pr Wenyao Xu PhD.

Grâce au logiciel, l’équipe du professeur Wenyao est parvenue à reproduire des impressions avec une précision de 94% lorsque le téléphone était à 20 cm distance de l’imprimante 3D, et 90% pour des pièces plus complexes, médicales ou automobiles.

Dès lors un employé mal intentionné pourrait s’introduire dans des zones sensibles et voler des informations importantes portant par exemple sur des prototypes. « Les tests montrent que les smartphones sont tout à fait capables de récupérer suffisamment de données pour mettre des informations sensibles au risque. » Commente le Pr Wenyao Xu PhD.

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L’étude préconise diverses mesures pour se protéger du piratage industriel, comme l’interdiction des téléphones dans les zones sensibles, ou l’utilisation de caissons pour les imprimantes 3D, agissant comme des boucliers électromagnétiques et acoustiques. L’étude précise que l’augmentation croissante des vitesses d’impression pourraient déjouer cette forme de piratage plus difficile, le chevauchement des signaux étant plus difficilement interprétable. Les conclusions de l’étude seront présentées le mois prochain en Autriche, à l’occasion de la 23e Conference on Computer and Communication Security, organisée par l’Association for Computing Machinery.

En mars 2016, une étude similaire menée par l’Université de Californie à Irvine, démontrait que les signaux acoustiques et les vibrations émis par les imprimantes 3D portaient des informations uniques sur les mouvements précis de la buse. Pointant du doigt les mêmes dangers, Mohammad Al Faruque et son équipe étaient parvenus à reproduire un objet avec une précision de 90%, en utilisant uniquement les enregistrements audio d’une imprimante 3D.