La première greffe mondiale d’os imprimés en 3D de l’oreille moyenne

oreille moyenne

En Afrique du Sud, des chirurgiens ont réalisé avec succès la première greffe de petits os de l’oreille moyenne imprimés en 3D. L’opération réalisée par une équipe du professeur Mashudu Tshifularo de l’Université de Pretoria, a permis de rétablir les capacités auditives de trois patients. Selon les protagonistes, cette procédure pourrait constituer une solution efficace à la perte auditive de transmission, un problème de l’oreille moyenne causé par des anomalies congénitales, des infections, des traumatismes ou des maladies métaboliques.

Cette première mondiale souligne le recours de plus en plus courant aux technologies 3D pour créer des dispositifs médicaux personnalisés. Les modèles anatomiques très réalistes de Biomodex ou encore les implants imprimés en 3D de 4WEB illustre bien cette tendance.

L’enclume, l’étrier et le marteau, qui composent l’os de l’oreille moyenne, sont les plus petits du corps humains. De la taille d’un grain de riz, les dispositifs de 2,6 à 3,4 mm ont été imprimés sur une imprimante 3D à la fusion laser sur lit de poudre. Côté matériau, c’est le titane qui a été privilégié pour sa résistance et sa biocompatibilité.

le professeur Mashudu Tshifularo

Le professeur Mashudu Tshifularo au bloc opératoire de l’hôpital universitaire Steve Biko pendant la chirurgie de l’oreille. Photo Jacques Nelles/UP

Le dernière opération en date a eu lieu ce mercredi à l’hôpital Steve Biko de la capitale sud-africaine. Il s’agissait d’un patient de 35 ans dont l’oreille interne avait été totalement endommagée dans une accident de voiture. Les deux autres bénéficiaires sont un homme de 40 ans né avec une oreille moyenne non développée, et un soudeur de 62 ans qui avait perdu l’audition au fil des ans du fait de son travail.

Le responsable du département d’oto-rhino-laryngologie Mashudu Tshifularo, explique qu’en remplaçant uniquement les osselets qui ne fonctionnent pas correctement, la procédure comporte beaucoup moins de risques que les prothèses traditionnelles et les procédures chirurgicales associées. Elle engendre aussi moins de cicatrices et réduit le risque de paralysie du nerf facial. Au cours de l’opération certains nerfs peuvent en effet être endommagés de manière irréversible.

Pour soutenir son innovation le professeur Mashudu Tshifularo a lancé une levée de fond. Qualifiée de « percée scientifique en Afrique du Sud » par le ministre de la santé Aaron Motsoaledi, elle pourra bénéficier à toutes les victimes de ce type d’affection, y compris les nouveaux-nés.