Des oiseaux dupés par des œufs imprimés en 3D

Forte de son large champ d’application et de son potentiel de personnalisation, l’impression 3D vient de s’illustrer cette fois dans le cadre d’une étude comportementale. En effet des scientifiques ont fait appel à cette technologie pour reproduire des œufs d’oiseaux afin d’étudier les causes et les effets du rejet du parasitisme de couvée. Ce terme désigne en fait le comportement de certains espèces d’oiseaux parasites qui pondent dans le nid d’autres espèces pour que leurs hôtes couvent l’œuf intrus et nourrissent l’oisillon jusqu’à sa maturité. Dans certains cas les œufs parasites sont bien distincts et l’hôte peut alors aisément les différencier et les rejeter, mais parfois certaines espèces parasites tels que le Coucou ou le Vacher à tête brune sont capables de pondre des œufs quasi identiques. Si ces oiseaux parasites ce sont donc adaptés, il en est de même pour les espèces parasités qui au fil du temps ont créé des marqueurs sur leurs propres œufs afin de les différencier des intrus.

Si jusqu’alors les scientifiques utilisaient des œufs en plastique ou en plâtre, les résultats n’étaient pas toujours très pertinents en raison de la perception très aiguisée de certains oiseaux. Ainsi les chercheurs se sont emparés de l’impression 3D et plus exactement d’une Makerbot Replicator 2X pour imprimer des œufs factices. Les pièces ont été modélisées via Blender puis imprimés sur un filament ABS. Une seringue a alors été utilisée pour remplir ces œufs avec de l’eau puis scellés avec une pâte obtenu en mélangeant de l’ABS et de l’acétone. Mesurant 19 à 24,4 mm de longueur pour 14,4 à 18,1 mm de largeur, les modèles ont ensuite été poncés et lissés avec de l’acétone afin de reproduire l’aspérité des œufs. Pour finir, une couche de peinture a été appliquée, celle-ci correspondant aux couleurs des espèces visé par l’étude, à savoir bleu-vert pour le merle d’Amérique (espèces parasitée) et beige tacheté pour le Vacher à tête brune (espèce parasite).

Selon les résultats de l’étude publiée dans le magazine scientifique PeerJ, les merles ont accepté 100% des œufs conçus pour ressembler à leur propre couvée, mais accepté seulement 21% des faux œufs de Vachers. Si les conclusions tirées par cette expérience se sont révélées très semblables à celles qui avaient été menée avec des techniques traditionnelles, les scientifiques ont pu en tirer de nombreux avantages. Outre le fait de pouvoir créer des modèles très variés, l’impression 3D permet aussi aux scientifiques d’échanger leurs fichiers 3D avec d’autres chercheurs qui souhaitent étudier d’autres espèces. « La technologie d’impression 3D est moins sujette à l’erreur humaine et permet une manipulation précise et contrôlée sur un ou plusieurs oeufs, y compris sur leur forme, leur poids et leur texture. Par conséquent, on peut éliminer à la fois la variabilité indésirable dans la production d’oeufs aux stimulis identiques et également permettre un contrôle précis de la quantité dont les paramètres sont variables. Enfin, des modèles 3D numériques peuvent être facilement partagés en ligne avec d’autres chercheurs, permettant ainsi d’expérimenter divers stimulis expérimentaux à travers différents laboratoires.»

  • Concernant la Makerbot Replicator 2x qui a été utilisée pour imprimer les oeufs, l’imprimante est disponible ici pour 2998 € TTC.