L’impression 3D de Microlight3D pour cicatriser les plaies aiguës et les ulcères

l'impression 3d pour aider la cicatrisation

Le spécialiste français de la micro-impression 3D Microlight3D, a annoncé aujourd’hui que le projet de médecine régénérative nAngioDerm, dont il est partenaire, l’avait sélectionné pour recevoir un financement de 747 000 euros de l’Europe. Piloté par l’Institut de Bio-ingénierie de Catalogne, il permettra de développer des solutions contre les plaies aiguës dues par exemple à des brûlures ou des ulcères chroniques qui ne cicatrisent pas.

Microlight3D compte parmi les cinq partenaires qui ont été sélectionnés pour développer un nouveau procédé et de nouveaux produits basés sur des biomatériaux à libération d’ions. Les travaux porteront sur « l’angiogenèse », c’est à dire, la croissance de nouveaux vaisseaux sanguins à partir de vaisseaux préexistants, pour favoriser la régénération cutanée. Cela nécessite des compétences particulières en ingénierie tissulaire, dans le domaine des ions bioactifs et de l’impression 3D de matrices de cellules.

« Nous sommes particulièrement fiers de participer à nAngioDerm, notre premier consortium de recherche européen », indique Denis Barbier, PDG de Microlight3D. « Le fait de collaborer avec des organismes de recherche de premier plan sur un problème de santé majeur montre bien ce que notre technologie de micro-impression 3D peut apporter à des applications de médecine régénérative. Ce projet est une excellente occasion de développer plus avant nos systèmes de micro-impression 3D, pour une utilisation dans de futures applications en santé. »

Le coût du traitement des plaies devenu un défi majeur pour les systèmes de santé au niveau mondial

équipe Microlight 3D

Si l’impression 3D d’organes, qui plus est transplantables, tient pour l’heure plus du fantasme que d’un progrès à portée de main, les travaux de bioimpression sur la médecine régénératrice promet d’offrir des thérapies efficaces à moyen terme. Le partenariat noué l’année dernière entre la pépite tricolore Poietis, et l’Université KU Leuven en Belgique, pour implanter des cartilages sur des patients, donne un aperçu de l’état de la recherche. Selon les deux partenaires il faudra attendre environ 4 ans avant de voir les premiers essais cliniques se réaliser. En France, la plateforme lyonnaise 3D.FAB mène également des travaux financés par l’Armée française sur la régénération de peau pour les grands brûlés. Une étude in vivo a déjà été réalisée sur petit animal. Les autorisations attendues courant 2019 permettront de tester la technique sur un premier patient fin 2019-début 2020.

D’après différentes études, le poids global des maladies cutanées a augmenté rapidement sur une décennie, avec une prévalence de 605 millions en 2015 contre 493 millions en 2005. Dans le monde en 2009, près de 20 millions de personnes souffraient de plaies aiguës dues à la chirurgie, ou d’ulcères cutanés chroniques. Le coût du traitement des plaies est important, et est devenu un défi majeur pour les systèmes de santé au niveau mondial. Dans une étude réalisée au Royaume-Uni sur les implications en matière de santé, de ressources et de coûts associés à la gestion des plaies en 2012-2013, le coût annuel pour le NHS anglais (National Health Service) était estimé entre 4,5 à 5,1 milliards de livres. On recherche donc des stratégies pour améliorer la précision du diagnostic et les taux de cicatrisation.

Microlight3D a été sélectionné du fait de sa capacité unique à développer des imprimantes 3D qui peuvent imprimer des biomatériaux avec une précision et une résolution subcellulaire. L’entreprise développera une imprimante 3D et des procédés dédiés à la création de structures support pour les cellules, utilisées en ingénierie tissulaire pour accélérer la régénération et faciliter ainsi la guérison. L’Institut de Bio-Ingénierie de Catalogne (IBEC), qui pilote le projet nAngioDerm, mettra à disposition sa capacité de recherche dans les ions bioactifs et la bio-ingénierie. Il coordonnera les apports des autres partenaires : l’Université de Ioannina en Grèce, l’Hôpital Universitaire Vall d’Hebron en Espagne, l’Université de Grenoble en France et Microlight3D. Les activités liées à ce projet démarreront en septembre 2019 et doivent durer 36 mois.