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Nanovia lance une gamme de filaments d’impression 3D virucides

filament d'impression 3D anti virus

La pandémie du Covid-19 a remis un coup de projecteur inattendu sur les produits aux propriétés bactéricide et virucide. Pour endiguer la circulation de la maladie, de nombreuses entreprises ont développé des solutions pour éliminer le virus des surfaces contact. Particulièrement mobilisé durant cette pandémie en fournissant du matériel médical, le secteur de l’impression 3D a lui aussi développé un certain nombre de produits antimicrobiens, notamment des filtres de respirateurs et des filaments chargés en cuivre.

En France, Nanovia, une société bretonne spécialisée dans les filaments d’impression 3D composites et techniques, vient de dévoiler une nouvelle gamme de matériau virucide. Dénommée NANOVIA VX, ces filaments spéciaux ont été certifiés d’après la norme ISO 21702 sur le virus humain H1N1 dont la structure est similaire à celle de la Covid 19 (famille des virus à coque).

En instance de brevet, ces matériaux capables d’éliminer 98.9% des virus en 2 heures et 99.99% en 4 heures après contact, permettront la fabrication d’objets courants avec contacts quotidiens tels que les poignées de porte, les boutons poussoirs, les revêtements plastiques souples à usages médicaux et paramédicaux, ou encore les équipements informatiques. « L’actif biologique, sur base de complexes de cuivre, a été spécialement formulé pour s’incorporer aux matériaux de la gamme NANOVIA VX. » Indique Nanovia. « Nos formulations brevetées assurent ainsi une dispersion homogène des agents décontaminants ainsi qu’une parfaite stabilité dans le temps. »

Nanovia précise que la charge active du Nanovia VX est introduite à cœur du matériau. C’est pourquoi, même après abrasion, la surface du matériau conserve son activité virucide. Cependant il est impératif de laisser le matériau natif en surface. Il ne doit donc pas être recouvert d’une couche de peinture ou de vernis. « En effet, il doit être en contact direct avec les agents pathogènes pour que le matériau garde ses propriétés. » indique le fabricant.

graphique résistance virus

Fabriqués il y a encore quelques années à partir d’un seul matériau, les filaments d’impression 3D proposent aujourd’hui des propriétés d’une impressionnante diversité. Les entreprises chimiques qui avaient plus ou moins, voir complètement ignoré le marché de l’impression 3D, ont fini par se rapprocher des fabricants d’imprimantes 3D pour développer avec eux des matériaux mieux adaptés et plus performants. C’est ainsi que l’on a vu arriver sur le marché des filaments composites et techniques, certains chargés avec des particules de métal, d’autres avec des fibres de carbone, ainsi que des thermoplastiques haute température particulièrement utiles pour les secteurs de l’aérospatiale et de l’automobile.

Implantée à Louargat dans les Côtes d’Armor, Nanovia s’est faite connaître pour ses filaments biosourcés à base de coquilles d’huître et de lin, mais aussi ses matériaux chargés en fibres de carbone et de Kevlar que plusieurs grands noms de l’automobile et de l’aéronautique (PSA, Airbus Helicopters…) ont adoptés. Fidèle à son ADN éco-responsable, l’entreprise bretonne travaille également sur un projet visant à recycler les déchets de l’aérospatiale en filament carbone. Le matériau qui pourrait voir le jour d’ici 2021, ira à des applications de fabrication additive pour l’aéronautique et l’automobile.

Réalisée avec le soutien de la Région Bretagne et en collaboration avec le plateau technique Compositic, la nouvelle gamme de filaments virucides de Nanovia ( Nanovia PLA VX, Flex VX et PEI) sera également disponible sous forme de granules pour l’injection plastique. Si on ignore encore son prix et quand elle sera mise en vente, on sait en revanche qu’elle pourra être utilisée avec la majorité des imprimantes 3D du marché. De plus, elle sera adaptée au contact alimentaire.

Alexandre Moussion