Interview 3D Hubs – Imprimez près de chez vous !

plateforme en ligne pour imprimer localement

Bram de Zwart et Brian Garrett

Si la croissance de l’impression 3D est pour le moment principalement portée par le B2B, une start-up hollandaise au nom évocateur de 3D Hubs, a eu l’audace de faire du C2C et du « fabriquer local » son cheval de bataille. Fondée à Amsterdam en février 2013 par Bram de Zwart et Brian Garrett, cette plateforme en ligne propose de vous mettre en relation avec des propriétaires d’imprimantes 3D pour imprimer localement. Un concept novateur de « fabrication distribuée » qui propose une alternative très intéressante aux services d’impression 3D traditionnels. Une solution qui à l’instar des Fablabs, participe en plus à diffuser cette technologie auprès du particulier, en initiant et en familiarisant le grand public à cette machine… Séduit par ce concept qui pourrait de surcroît devenir un levier majeur de démocratisation de l’impression 3D, j’ai décidé d’interviewer Julie Sillam, la Community Support France de 3D Hubs. Cette dernière nous dresse le portrait exhaustif d’un réseau déjà n°1 mondial dans son secteur tissant chaque jour un peu plus sa toile.

« … 3D Hubs c’est un process très humain: clients et Hubs échangent et se rencontrent. C’est une réelle différence comparé au process de production habituel ! »

Bonjour Julie, pouvez-vous définir vos fonctions chez 3D Hubs ? Quel a été votre parcours ?

julie sillam

Julie Sillam

Je travaille chez 3D Hubs depuis le mois de Juin 2014 en tant que Community Support France et Espagne: je gère les commandes et fais en sorte que le process soit fluide, je suis en contact avec la presse française, j’anime les communautés à travers l’organisation d’évènements, et offre mon soutien aux Maires, les ambassadeurs qui nous représentent localement. Nous les aidons à faire connaitre l’impression 3D dans leur ville et alentours, et ainsi faire croître leur communauté. Je collabore également avec ceux d’Amérique Latine, d’Europe du Sud et de l’Est, ainsi que ceux d’Australie et d’Afrique du Sud. J’ai auparavant fait une prépa ECE au Lycée Montaigne à Paris, puis j’ai intégré l’EDHEC, l’école de commerce de Lille. J’ai eu la chance de trouver ce poste très vite, et je n’aurai pas pu rêver faire partie d’une telle équipe et d’une entreprise si prometteuse!

Pour ceux qui ne connaitraient pas encore, pourriez-vous présenter 3D Hubs et en expliquer le principe ?

3D Hubs est une plateforme qui met en relation les possesseurs d’imprimantes 3D, les Hub, et ceux qui désirent imprimer en 3D. Nous permettons de rendre la production locale, à la demande, et personnalisée. Le fonctionnement du site très simple: il suffit de mettre en ligne un fichier 3D, sélectionner un ‘Hub’ voisin selon ses critères (prix, matériau, couleur, distance), et aller chercher ou se faire livrer son produit. Le réel avantage de 3D Hubs est non seulement que les prix sont assez bas, mais surtout que c’est un process très ‘humain’: clients et Hubs échangent et se rencontrent. C’est une réelle différence comparé au process de production habituel ! Nous organisons aussi des évènements réguliers dans chacune de nos communautés afin que les makers puissent se rencontrer, échanger, apprendre les uns des autres, mais aussi afin d’initier les débutants et curieux. Je suis toujours heureuse d’assister à un tel enthousiasme de la part des experts pour transmettre leur savoir!

Quel est votre modèle économique ?

Notre premier principe est la gratuité d’inscription et de nos évènements dans la mesure du possible. Afin de faire fonctionner le site, développer le produit, d’apporter des revenus aux Hubs, une solution aux clients, un suivi, mais aussi une mise en avant du travail de certains à travers les réseaux sociaux, nous prélevons 15% du montant des commandes placées par les clients, tout comme AirBnB. Nous avons mis en place des avantages notoires pour nos Hubs tels que notre partenariat avec ColorFabb: en fonction du nombre de commandes reçues, ils profitent d’une réduction plus ou moins importante sur l’achat de filaments.

Combien le réseau compte t’il aujourd’hui d’utilisateurs et de propriétaires dans le monde et en France ?

Nous avons récemment dépassé le palier de 8000 Hubs, mais c’est un chiffre qui croit de manière exponentielle, c’est impressionnant! Quand je suis arrivée il a quelques mois, nous allions dépasser les 5000! Nous comptons aujourd’hui plusieurs dizaines de milliers d’utilisateurs globalement, et plus précisément 400 Hubs en France.

Quel est le profil de vos utilisateurs et quelles sont les villes les plus représentées en France ?

Les ‘Hubs’ sont plutôt des ingénieurs ou des designers. La majorité sont des particuliers, mais on voit de plus en plus de professionnels offrir leurs services sur notre plateforme. Parmi les clients, on retrouvent plutôt des étudiants, ainsi que des designers et des bricoleurs. Cependant, le panel d’utilisateurs est maintenant très large. Il est aujourd’hui possible d’imprimer en 3D à Paris auprès de 70 Hubs, notre plus grande communauté. Grenoble, étant un pôle technologique, est aussi une ville importante, ainsi que Montpellier.

Quel est le prix moyen d’une impression ? Les utilisateurs ont-ils plus tendance à aller chercher leur pièce ou à se la faire expédier ? Quelle est la tendance ?

Le prix d’une impression tourne autour de 30 euros. Tout dépend bien sûr du volume à imprimer. Les clients ont tendance à aller chercher leur objet, car ils savent les Hubs très enclins à leur montrer leur imprimante 3D et leur expliquer leur fonctionnement.

Qui sont vos concurrents et où vous situez-vous par apport aux délais de livraison ?

Pour l’instant, c’est assez difficile de définir les acteurs d’un marché si neuf et en telle expansion. Shapeways et iMaterialise sont souvent cités comme nos concurrents dans le monde de l’impression 3D. Je pense que nous entrons doucement dans la sphère d’eBay: alors que nous permettons la digitalisation d’objets, comme Netflix le fait avec les films, Deezer et Spotify avec la musique, Amazon avec les livres, nos services deviennent comparables.

Vous avez mis en place un système de notation, comment cela fonctionne t il ? Quelles sont les imprimantes qui ressortent le plus ?

La notation se fait par les clients selon différents critères : vitesse, qualité, service et communication. Nous demandons aussi aux nouveaux Hubs d’imprimer une commande test lorsqu’ils s’enregistrent sur la plateforme, en imprimant un Marvin. C’est sur ces impressions que nous nous basons pour formuler nos trends reports mensuels. Dernièrement, la Form 1+ et la Zortrax M200 ont fait leur entrée directement en tête de classement.

Quels sont les objets les plus imprimés sur le réseau ?

Une majorité sont des prototypes ou des pièces mécaniques, mais on voit de plus en plus d’objets d’utilisation quotidienne. Comme le montrent nos trends reports, de plus en plus d’objets d’art ou de designs sont imprimés, ainsi que des maquettes. Nous sommes heureux de voir l’évolution de nombre de produits finis conçus grâce à notre plateforme!

Il y a quelques mois 3D Hubs signait un partenariat avec Fairphone, quel est votre premier bilan ?

Le bilan est très positif: nous recevons un grand nombre de commandes et ce partenariat a permis à de nombreux utilisateurs d’être sensibilisés à une technologie à laquelle ils n’étaient pas familiarisés. De plus, l’objet est très personnel (les clients peuvent choisir le design et la couleur qu’ils souhaitent) et imprimé par des Hubs ‘certifiés Fairphone’, ce qui leur assure des produits de qualité. C’est un premier pas prometteur et rassurant pour les entreprises qui souhaitent utiliser notre réseau. Depuis, d’autres partenariats se sont mis en place comme celui avec Colorfabb et Ultimaker. Ce dernier permet d’obtenir un échantillon, c’est à dire un petit objet imprimé par un Hub certifié Ultimaker cette fois ci. Un vrai plus pour ceux qui hésitent encore à acheter une imprimante 3D !

L’équipe 3D Hubs

Début septembre, 3D Hubs annonçait une levée de fonds de 4 500 000 $. Quelles sont vos ambitions avec ce financement ?

Ces fonds ont d’abord permis à 3D Hubs d’ouvrir un bureau à New York, au New Lab à Brooklyn. Ils servirent aussi à assurer le développement du produit afin de faire progresser la mission que l’équipe de 3D Hubs s’est fixée: connecter le plus de personnes possible à des imprimantes 3D, afin qu’une relecture des process de production soit possible et que la créativité de chacun puisse s’exprimer à travers des objets physiques. Pour ce faire, l’équipe s’agrandit et de nombreux postes restent à pourvoir.

Plus globalement comment voyez-vous évoluer l’impression 3D personnelle dans les prochaines années ?

Le process actuel de fabrication va être totalement bouleversé et non plus ultra-centralisé comme il l’est actuellement. Les imprimantes 3D vont permettre à chacun de concevoir soi-même et principalement les plus jeunes: ils exprimeront leur créativité et inventeront leurs propres jeux. Imaginez si des marques telles que Lego ou Ikea fournissaient des fichiers 3D aux particuliers, qu’ils pourraient personnaliser ? La production serait non seulement redistribuée, mais aussi locale, diverse et personnalisée : on pourra enfin fabriquer chaussure à son pied !

Merci à Julie pour ses réponses et sa gentillesse.

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