Rencontre avec Mathilde Berchon auteure de « L’impression 3D » !

livre impression 3d

Bien que 2013 ait été une année particulièrement faste pour l’impression 3D, notamment d’un point de vue médiatique ; la littérature spécialisée a profité de ce formidable élan pour livrer ses premiers commentaires sur le phénomène. Si la France devait jusqu’alors se cantonner à des parutions anglophones, un premier ouvrage français au titre évocateur de « L’impression 3D » a fait son apparition cette année là. Signe fort de son succès et de l’intérêt grandissant pour cette technologie, une deuxième édition plus étoffée a vu le jour cet été…  Désireux de promouvoir le caractère ludique et exhaustif de ce livre, Primante 3D est donc allé à la rencontre de son auteure Mathide Berchon. Une interview qui met en relief ses analyses, ses coups de cœurs et ses réflexions sur le phénomène.

« Bien que la demande soit en croissance exceptionnelle, on est encore loin d’une démocratisation de ces technologies dans les foyers… »

Bonjour Mathilde, pourriez-vous vous présenter ?

Mathilde Berchon

Bonjour Alexandre, je m’appelle Mathilde Berchon. Je suis la co-auteure du livre « L’impression 3D », publié chez Eyrolles dans la collection Serial Makers. Je suis consultante indépendante et j’anime le site et podcast MakingSociety.com, qui a pour but d’aider les makers à vivre de leurs projets.

Comment avez-vous été amenée à écrire sur l’impression 3D ?

Depuis maintenant cinq ans, je suis pleinement investie dans le secteur. J’ai notamment collaboré avec la start-up CKAB à ses débuts, en aidant à la distribution des premières imprimantes 3D personnelles en France. Toujours tant qu’indépendante, j’ai travaillé pendant presque deux ans avec le service d’impression 3D en ligne Sculpteo, avec l’objectif de faire connaître autant que possible ces technologies qui restaient pour l’instant cantonnées à l’industrie. Voyant à quel point l’information en français sur le sujet manquait cruellement, les Editions Eyrolles m’ont proposé d’écrire cet ouvrage, qui s’avère donc être le premier livre grand public sur l’impression 3D en français.

1ère édition

Quelle a été la genèse du 1er tome ? Aviez-vous rencontrées des difficultés particulières à son écriture ?

«L’impression 3D» est un panorama complet du sujet. Il se veut être un point de départ pour tout passionné, particulier ou professionnel, qui veut comprendre ce qu’est l’impression 3D, les différentes techniques, matériaux, usages. 200 pages très illustrées, avec de nombreux exemples.

La difficulté principale a été liée à l’actualité extrêmement riche et variée de l’impression 3D. De l’industrie automobile au monde médical, de la mode à l’éducation, de l’aérospatial à l’électronique… l’impression 3D bouleverse un nombre impressionnants de secteurs. Un gros travail de recherche a donc été nécessaire, avec des mises à jour des contenus jusqu’aux toutes-dernières minutes avant le passage sous presse.

 « Certains lecteurs m’ont indiqué avoir créé leur entreprise ou leur activité professionnelle en partie grâce à la lecture du livre »

Quels ont été les retours pour cette 1ère édition ?

Excellents. La sortie de la deuxième édition en est une preuve! Je tiens à remercier chaleureusement tous les lecteurs de «L’impression 3D», dont nombre d’entre vous ont pris le temps de m’écrire ou de me remercier lors des événements auxquels j’ai pu assister pendant l’année. Certains lecteurs m’ont indiqué avoir créé leur entreprise ou leur activité professionnelle en partie grâce à la lecture du livre, c’est quelque chose dont je suis très fière.

Pourquoi cette 2ème édition, qu’y retrouve t-on ?

Cette deuxième édition de «L’impression 3D» contient un très grand nombre de mises à jour et d’informations supplémentaires, avec notamment l’apparition d’un nouveau chapitre, dédié à l’écosystème français autour de l’impression 3D. L’iconographie a été elle aussi mise à jour, ainsi que les listes de ressources autour de l’impression 3D en France.

Quel bilan faites-vous de l’impression 3D pour l’année 2013 ?

2013 a été l’année de l’explosion de l’intérêt du grand public pour l’impression 3D. Des centaines de jeunes entreprises se sont aussi crées, tentant d’anticiper une forte demande de la part des particuliers. Je dirai que deux types de projets entrepreneuriaux ont principalement vu le jour en 2013 : les constructeurs d’imprimantes 3D personnelles à dépôt de filament fondu, et les plateformes de partage de fichiers 3D. Bien que la demande soit en croissance exceptionnelle, on est encore loin d’une démocratisation de ces technologies dans les foyers.

Côté industriels, la fabrication additive en 2013 a été de plus en plus utilisée en production directe de pièces. Ces nouveaux usages sont permis par l’apparition de nouveaux matériaux et d’investissements plus conséquents en recherche et développement de la part de secteurs industriels comme l’aérospatial ou l’automobile. En parallèle, de nombreux entreprises n’ont pas hésité à s’équiper de centaines de petites imprimantes 3D de bureaux, à destination des collaborateurs qui n’avaient jusqu’ici pas accès au prototypage rapide.

Imprimante à maquillage Mink

Parmi toutes ces nouvelles imprimantes personnelles (Mink, Dittopro, Prodesk3D…) qui ont marqué l’actualité ces derniers mois, il y en a-t-il une qui a particulièrement attiré votre attention ?

Beaucoup de projets se lancent ces derniers mois sans être aboutis pour un lancement commercial. Je me méfie donc des effets d’annonce comme l’imprimante à maquillage de Mink, qui n’est pour l’instant pas fonctionnelle, même si l’idée est intéressante. Le marché des imprimantes 3D personnelles à dépôt de filament fondu est aujourd’hui sclérosé, avec une avalanche de machines sans valeur ajoutée par rapport à l’existant. Une start-up comme FormLabs est de ce point de vue beaucoup plus novatrice.

La Printrbot Junior

Les cordonniers sont-ils toujours les plus mal chaussés ou possédez-vous une imprimante 3D digne de ce nom ?

J’aime beaucoup la Printrbot Junior que j’ai montée lorsque je vivais à San Francisco. Je l’ai depuis donnée à un ami, m’étant lancée dans une expérimentation de «nomadisme» qui va durer au moins un an. J’ai débuté au mois de juin un tour du monde pour partir à la rencontre des makers qui montent leur entreprise. Je travaille donc à distance et me déplace tous les mois d’un pays à l’autre, mais il est assez facile aujourd’hui de trouver des imprimantes 3D un peu partout dans le monde.

Imprimante 3D portable Foldarap

Un coup de cœur pour un projet français ?

La Foldarap, imprimante 3D pliable, est un très beau projet, mené avec intelligence et respect des utilisateurs par Emmanuel Gilloz depuis quelques années maintenant.

  • Ce livre est disponible ici pour 25 €.

 

 

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