Siemens produit une pièce imprimée en 3D pour une centrale nucléaire !

pièce fabriquée par impression 3d pour une centrale nucléaire

Longtemps cantonnée au prototypage, l’impression 3D est désormais utilisée pour des pièces fonctionnelles pour des applications de plus en plus complexes et exigeantes. Signe du tournant majeur qui est en train de s’opérer, le géant de l’électronique Siemens annonce aujourd’hui avoir produit une pièce métallique imprimée en 3D pour une centrale nucléaire, celle de Krško en Slovénie. Mesurant 108 mm de diamètre, cette pièce de rechange est une roue métallique destinée à équiper une pompe incendie.

« Suite à l’intégration de l’impression 3D dans le cadre de son portefeuille de services numériques, Siemens a réalisé une percée industrielle avec la première installation commerciale réussie et la poursuite du fonctionnement sécurisé d’une pièce imprimée en 3D dans une centrale nucléaire. » A déclaré Siemens dans un communiqué. « En raison des exigences strictes en matière de sécurité et de fiabilité dans le secteur nucléaire, l’obtention de cette qualification est une réalisation importante. »

En partant de la gauche, pièce d’origine obsolète, le prototype plastique imprimé et la pièce finale imprimée en 3D.

La pièce d’origine était en service depuis l’ouverture de la centrale en 1981, avec un fabricant qui n’était plus en activité. Dès lors la fabrication additive a permis de reproduire une pièce obsolète qui n’avait plus court, étendant par la même occasion l’espérance de vie des équipements du site.

La pièce imprimée en 3D a dû subir plusieurs batteries de tests afin de répondre aux exigences très strictes de qualité et de sûreté que requiert une centrale nucléaire. Dès lors des essais ont été menés pendant plusieurs mois afin de s’assurer que la nouvelle pièce imprimée en 3D était parfaitement fiable. Des tests supplémentaires menés dans un institut indépendant, avec scanner, ont révélé que les propriétés matérielles de la pièce imprimée en 3D étaient même supérieures à celles de la pièce d’origine.

«Meilleure que prévue, la performance de cette pièce imprimée en 3D nous a donné la confiance que nous pouvons atteindre l’espérance de vie pleine de notre actif», a déclaré Vinko Planinc, chef de la maintenance à l’usine de Krško. «Siemens a une longue histoire d’innovation dans ce domaine et leur dévouement à fournir à leurs clients les dernières innovations éprouvées en fait un excellent partenaire pour ce projet. ».

siemens

Fournissant plus d’un quart de la Slovénie, Krško figure parmi les meilleures centrales nucléaires en Europe selon les évaluations complémentaires de sûreté post-Fukushima. Depuis plus d’une décennie, Siemens fournit des services sur la partie non nucléaire du site, y compris les turbines, les générateurs et les équipements auxiliaires.

En février 2016, Siemens investissait 21 millions de dollars dans la construction d’un centre d’impression 3D à Finspång en Suède, une usine destinée à produire des composants et réparer plus rapidement les brûleurs de ses turbines à gaz industrielles SGT-800. A ce titre Siemens annonçait récemment avoir testé avec succès des aubes de turbines imprimées en 3D. En août 2016, le géant allemand mettait la main sur Material Solutions, spécialiste britannique de la fabrication additive métallique.