Paper Pulp Printer : une imprimante 3D à papier pour remplacer le plastique

imprimante 3D à papier

A l’inverse des techniques traditionnelles dites soustractives, l’impression 3d est particulièrement économe en matière première. Elle utilise la juste quantité de matériau nécessaire à la fabrication. Le procédé FDM, (dépôt de matière fondue) permet même de réutiliser des déchets plastiques transformés en consommables d’impression 3D. La gamme de filaments recyclés OWA développée par le français Kimya (anciennement Armor 3D) en est le parfait exemple.

Néanmoins, les bienfaits de l’impression 3D en terme d’impact environnemental sont à nuancer. Entre les chutes d’impressions ratées et les autres déchets liés aux différentes structures de soutien, la nécessité de fabriquer des objets plus respectueux de l’environnement se pose.

Cette problématique de « comment remplacer le plastique par des matériaux plus durables », un jeune designer néerlandais du nom de Beer Holthuis s’en est emparé en mettant au point une imprimante 3D à papier.

« un excellent point de départ pour mon défi de créer la première imprimante de pâte à papier au monde. »

imprimante 3D Paper Pulp

couches de pâte à papier

Si l’impression 3D à base de papier existe déjà à travers le Laminated Object Manufacturing (LOM), un procédé notamment exploité par les fabricants Highcon ou Mcor Technologies, c’est la première fois qu’elle est appliquée au FDM.

« Il existe un marché en croissance pour l’impression 3D à la demande », explique Holthuis. « Le matériau d’impression est presque toujours du plastique, à part quelques exceptions coûteuses. J’ai été surpris de constater qu’il n’y a pas vraiment de matériaux durables utilisés en impression 3D. C’était un excellent point de départ pour mon défi de créer la première imprimante de pâte à papier au monde. »

« Mon intérêt pour la durabilité sont à l’origine de l’idée d’une imprimante 3D pour recycler le papier »

impressions 3d en papier

lampe imprimée en papier

Répondant dans le même temps aux 80 kg de papier gaspillés chaque année par personne, Beer Holthuis a mis au point une imprimante 3D capable d’imprimer cette matière première à la place du plastique. Son système baptisé Paper Pulp Printer, extrude une pâte fabriquée à partir de papier et d’un liant naturel qui permet d’obtenir des impressions recyclables à l’infini. En plus de l’expérience tactile, les objets imprimés seraient particulièrement résistants.

« Une révolution du papier est à venir ! Mon intérêt pour la durabilité et ma fascination pour les outils et les techniques sont à l’origine de l’idée d’une imprimante 3D pour recycler le papier. » A commenté Beer Holthuis.

En témoigne la simplicité du système qui n’utilise ni de buse chauffante, de plateau chauffant ou de ventilateur, la pâte à papier offre une alternative très intéressante aux thermoplastiques. Malgré la qualité de surface et les limites du procédé en terme de complexités géométriques du fait de l’absence de structures de soutien, cette approche pourrait trouver de nombreuses applications. On pense notamment à la fabrication d’objets de design et du quotidien, voir même à plus grande échelle, de mobiliers.