Art & Fact Innovation dévoile son premier pylône télécom imprimé en béton

pylône télécom imprimé en béton

L’impression 3D appliquée au béton laisse entrevoir de formidables opportunités pour le secteur de la construction dans les années à venir. Sa liberté de conception combinée à sa rapidité d’exécution pourrait être l’une des clefs à la problématique du mal logement, et d’édifices mieux intégrés dans leur environnement. En France, comme un peu partout ailleurs, plusieurs start-up innovantes commencent à faire la démonstration de leur technologie.

Pendant qu’à Valenciennes Constructions 3D a débuté l’impression de son siège, à Auffargis, Art & Fact Innovation, une start-up française spécialisée dans la conception et la fabrication d’infrastructures télécoms, a dévoilé ce 7 novembre sa première structure imprimée en 3D béton à destination des opérateurs télécoms et des collectivités territoriales.

Fruit de 2 années de recherche et de développement, la structure de 12 mètres de haut, repose sur la technologie d’impression 3D béton grande échelle et sur la technique de précontrainte, dont sont respectivement spécialistes ses partenaires XtreeE et Freyssinet. Ce pylône, qui constitue une première mondiale pour une structure imprimée en béton de cette hauteur, se compose de 6 « voussoirs », des éléments de 2 mètres qui sont empilés et mis sous précontrainte à l’aide de câbles.

Outre le design unique de la structure obtenue grâce à l’impression 3D, Art & Fact Innovation met en avant sa rapidité d’exécution. Il ne faudrait que 4 à 6 jours pour imprimer une structure de 12 mètres, ce qui représente un temps de fabrication divisé par 10 par rapport à la construction d’un pylône classique en métal. En utilisant juste la quantité de matière nécessaires, l’impression 3D permet également d’économiser sur le matériau de construction.

Des structures dotées d’une robustesse accrue et d’une longévité supérieure à 50 ans

pylône fabriqué par impression 3D

Pour former l’ensemble de la structure, les différents modules imprimés sont empilés les uns sur les autres. L’ensemble est alors maintenu par des câbles en acier, introduits dans des gaines maintenues par un coulis de béton fibré ultra haute performance (BFUP) Ductal® fournit par Lafarge, et tendus au maximum par des vérins.

Cette technique, appelée « précontrainte », apporte aux structures une robustesse accrue ainsi qu’une longévité supérieure à 50 ans. Elle en facilite également le montage et démontage. Avec l’appui du bureau d’ingénierie Lamoureux & Ricciotti, spécialisé dans l’ingénierie des structures en béton, cette nouvelle génération de structure répond qui plus est aux normes parasismiques et anticycloniques les plus pessimistes (Zone 5).

La solution développée par Art & Fact Innovation, c’est aussi une réponse aux projets télécoms traditionnels dont l’esthétisme rend difficile leur implantation au sein des territoires. « Au-delà de la prouesse technique, ces mâts d’un nouveau genre s’intègrent parfaitement dans tout type de paysage, qu’il soit urbain ou rural. » Explique la start-up dans un communiqué. « Née du constat qu’il était important de répondre aux opérateurs dans leur nécessité de déploiement, tout en préservant l’intégrité environnementale et visuelle des villes et des villages, Art & Fact Innovation est en mesure d’adapter le design de ses structures en fonction de l’apparence et des dimensions des antennes qu’elles accueilleront, l’objectif étant de confondre le support et les équipements télécoms installés. »

Végétaliser les structures ou y apporter des solutions d’éclairage, de caméras de surveillance, de wifi..

pylône télécom en béton fabriqué par impression 3D

La start-up propose en outre de personnaliser et de végétaliser les structures ou encore d’y apporter des solutions d’éclairage, de caméras de surveillance, de wifi, d’un capteur de qualité de l’air, d’un point de fraicheur… Une étude d’impact environnemental sera réalisée en amont de chaque projet d’intégration afin de valider ou non la nécessité de végétaliser la structure, étape assurée par l’entreprise partenaire Jardins de Babylone.

« Notre démarche s’inscrit dans une volonté de participer à l’essor des Smart Cities de demain qui devront allier les enjeux de ville vivable durable et équitable et devront offrir des espaces de communication pour leur permettre d’être mobiles et connectées », souligne Denis Wehrlé, PDG d’Art & Fact Innovation, lors de la présentation.

Si la réglementation explique aussi la difficulté à couvrir le territoire (au 1er janvier 2019 il restait encore 16 346 sites à passer en 4G), la solution développée par Art & Fact Innovation pourrait aider lever les freins à de nouvelles implantations pour la mise en œuvre du Plan France Très Haut Débit. La jeune pousse espère placer 12 à 15 pylônes en 2020, pour arriver ensuite à une trentaine par an.