Un os imprimé en 3D implanté avec succès sur une souris

os fabriqué par impression 3D

Confirmant les avancées de l’impression 3D dans le domaine biomédical, des chercheurs Danois ont récemment implanté avec succès un os imprimé en 3D. Implanté dans le crâne d’une souris, l’implant est parvenu à se développer dans le tissu hôte sans être rejeté, allant même jusqu’à fabriquer de la moelle osseuse.

Dirigé par le professeur titulaire Morten Østergaard Andersen, de l’université SDU Biotechnology, ce projet visait à développer un matériau osseux artificiel implantable chez l’être humain, et palier aux problèmes rencontrés avec le métal ou le plastique souvent perçus comme un corps étranger par l’organisme. Le défi tenait également dans la solidité de l’os imprimé et de la compatibilité du matériau avec la buse de l’imprimante 3D.

« l’os a augmenté naturellement avec le reste du crâne de la souris »

« Nous avons montré que nous pouvons créer des os vivants. Dans les expériences de souris, nous avons remplacé une partie du crâne de la souris par un os imprimé en 3D, et l’os a augmenté naturellement avec le reste du crâne de la souris. Nous avons même vu que l’os imprimé en 3D est capable de former la moelle. » A déclaré le Professeur Morten Østergaard Andersen de l’université SDU Biotechnologie.  »Ce qui sort de l’imprimante 3D est en fait de la céramique. La majorité des os humains sont de la céramique. Nous mélangeons une poudre qui est principalement du phosphate de calcium avec de la graisse, de sorte que la texture est bonne.

« Tous les éléments constitutifs du matériau osseux artificiel ont déjà été approuvés pour être utilisés dans le corps humain »

Les résultats des expériences menées montrent que le crâne de la souris accepte l’os artificiel qui se fond dans le tissu hôte pour disparaître avec le temps. Pour optimiser le processus, les chercheurs envisagent de greffer des cellules souches sur l’os. Les matériaux les plus utilisés pour les implants osseux sont l’hydroxyapatite (HAP ou HA) pour la durabilité ou le phosphate tricalcique (TCP) pour l’ostéointégration, imprimés à l’aide de systèmes d’impression 3D de type SLA (stéréolithographie) tels que ceux proposés par les français 3DCeram et Prodways.

Très enthousiastes quant à ces premiers résultats, certains chirurgiens comme Torben H. Thygesen du département d’orthodontie de l’Hôpital universitaire d’Odense prévoient déjà des essais cliniques sur de vrais patients atteints par exemple de cancers de la mâchoire ou d’ostéoporose. « Tous les éléments constitutifs du matériau osseux artificiel ont déjà été approuvés pour être utilisés dans le corps humain, et les tests de porcs de laboratoire sont la dernière étape avant que ce type de technologie ne puisse être testé chez l’homme pour la première fois. »