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Australie : un patient sauvé par des vertèbres imprimées en 3D

« le patient aurait progressivement perdu l’usage de ses bras et de ses jambes »

Drage Josevski, un patient australien âgé de 60 ans, a pu être sauvé grâce à l’implantation de prothèses de cervicales imprimées en 3D. Une prouesse que l’on doit à l’hôpital Prince of Wales de Sydney et son neurochirurgien Ralph Mobbs. Il y a près 1 an, Drage Josevski apprend qu’il souffre d’un chordome, une tumeur rare du squelette axial, localisée dans deux de ses vertèbres cervicales. Une maladie très difficile à soigner qui sans intervention promettait le sexagénaire à une lente paralysie avant une mort certaine. « Sans chirurgie et sans traitement de ce type de tumeur, le patient aurait progressivement perdu l’usage de ses bras et de ses jambes, jusqu’à perdre progressivement sa capacité à respirer, manger … ce n’est pas une mort agréable du tout. » A expliqué le docteur Ralph Mobbs.

Jusqu’à aujourd’hui la seule opération possible se limitait à l’ablation des vertèbres malades pour les remplacer par des prothèses conçues à partir d’os prélevés sur le patient. Une intervention par conséquent très risquée pouvant entraîner d’importantes séquelles au patient, notamment de gros problèmes de motricité. Mais le neurochirurgien Ralph Mobbs a fait un autre choix, celui de se tourner vers l’impression 3D pour fabriquer des prothèses sur-mesures et parfaitement adaptées au corps de patient. Ainsi l’Hôpital a fait appel à une société spécialisée dans l’impression 3D médical dénommée Anatomics. Cette dernière s’est chargée de modéliser les pièces à partir d’un CT-scan puis d’imprimer les deux prothèses à partir de poudres de titane.

Après plusieurs jours d’entraînement et de simulations sur ordinateur, le neurochirurgien a enfin procédé à l’opération du patient. Une intervention très lourde qui a eu lieu le 15 décembre dernier pendant plus de 15 heures. Il a fallu en effet détacher la tête du patient et passer par sa bouche, pour retirer les vertèbres cancéreuses et les remplacer par les implants.

Si Drage Josevski a depuis bien récupéré de son opération et retrouvé la motricité de son cou, celui-ci a encore beaucoup de difficultés à parler et à s’alimenter. Selon les médecins il n’y a rien d’irréversible mais la rééducation sera longue, environ 6 mois. « Il était simplement heureux d’être là pour mon mariage et de voir ses petits-enfants. » A déclaré la fille de Drage Josevski.

Contrairement à ce qu’ont pu rapporter certains médias, cette opération n’est pas une première mondiale. En 2014 déjà, l’université de Pékin avait implanté une prothèse de vertèbre imprimée en 3D sur un jeune garçon atteint d’une tumeur de la moelle épinière.

Alexandre Moussion