IBM veut accélérer l’impression 3D grâce à un hologramme acoustique

technologie d'impression 3d par holographie d'IBM

Système d’impression 3D par hologramme mis au point par Daqri

En témoigne la technologie d’impression ultra-rapide présentée dernièrement par des scientifiques de l’Université du Michigan, la recherche ne manque pas d’inventivité pour accélérer l’impression 3D. L’approche la plus surprenante est probablement celle adoptée par Daqri, un spécialiste américain de la réalité augmentée, qui en 2017 avait dévoilé une technologie capable d’imprimer une pièce d’un seul bloc grâce à l’holographie.

Si l’idée n’est pas nouvelle – des travaux émanant de la Tokyo Institute of Technology dans les années 90 faisaient déjà état du potentiel des hologrammes à laser pour l’impression 3D – c’est la première fois qu’elle est exploitée de la sorte.

Confirmant une fois de plus l’intérêt suscité par la fabrication additive chez tous les géants du numérique (Apple, Google…), on apprend qu’IBM a développé une technologie d’impression 3D exploitant elle l’holographie. Pour la première fois en juin 2017, la multinationale américaine International Business Machines Corp a déposé un brevet intitulé « l’impression 3D à la surface d’un hologramme acoustique ».

Un moyen rapide et rentable de générer des objets creux

brevet d'impression 3D IBM

Figure 6B : l’impression d’un objet 3D par pulvérisation de matériau sur la surface d’un hologramme acoustique. Google Patents/IBM

Plutôt que la projection d’une lumière laser, on comprend que l’équipe de scientifiques d’IBM a opté pour l’holographie dite acoustique. Le système consisterait en effet à émettre des ondes acoustiques générées par un ensemble d’émetteurs. En contrôlant la focalisation et la portée des ondes sonores à l’aide de transducteurs, on arriverait ainsi à les matérialiser, c’est à dire obtenir un son « palpable ». La projection d’un matériau en fine gouttelettes tout autour de la forme créée permettrait d’obtenir la pièce désirée.

« La force de rayonnement acoustique qui forme la surface apparemment solide de l’hologramme est conçue pour pouvoir arrêter des particules pulvérisées en un point particulier de l’espace. Cette configuration peut comprendre l’ajustement de la fréquence, de la direction, de l’amplitude ou de la phase de chaque onde sonore émise de manière à créer un ARF en chaque point de la surface de l’hologramme suffisant pour vaincre l’énergie cinétique des particules pulvérisées qui atteignent ce point sur la surface de l’hologramme. » Peut-on lire dans le brevet.

Dans son brevet IBM parle d’une technologie qui pourrait constituer un moyen rapide et rentable de générer des objets creux, tels que des jouets légers, des composants automobiles, des boîtiers, des capots de protection, des couronnes dentaires ou encore des emballages de produits.

Si de nombreux freins techniques restent à lever pour aboutir à un système viable, l’approche adoptée par IBM n’est pas isolée. En 2016, Boeing avait déposé une technologie proche, basée sur une technique de fabrication additive par lévitation à l’aide d’un champ magnétique. L’année dernière, ce sont des physiciens russes de l’Université d’Etat de Tomsk qui avaient présenté un procédé d’impression 3D par ultrasons.