Quand l’impression 3D fournit un nouveau bec à un toucan

toucan impression 3d

Le toucan est sûrement l’une des espèces les plus populaires et identifiables du règne animal. Égérie de la célèbre marque de bière « Guinness » fut un temps, ou encore héros du dessin animé RIO, la popularité de cet oiseau atypique traverse les âges et les modes. La raison principale de cette popularité tient dans le bec de cet oiseau, un appendice aussi énorme que coloré, qui lui vaut même le nom de banane volante en Amérique centrale. Si la silhouette atypique et les couleurs vives du toucan font son succès, elles le rendent aussi vulnérable, une cible de choix pour les personnes mal intentionnées. C’est précisément ce qui est arrivé à « Grecia » un jeune toucan de Swainson originaire du Costa Rica, dont le bec a été cassé à coups de bâton par des enfants malveillants.

Outre les risques de complications et d’infections encourus par le volatile, l’oiseau s’est trouvé très handicapé par cette blessure, avec de grandes difficultés pour s’alimenter, se laver et même chanter. D’autres conséquences plus inattendues sont venues s’ajouter, comme la régulation de sa température corporelle. En effet le bec du toucan joue également un rôle de climatiseur. Composé d’une couche de kératine et d’une couche de « mousse », l’appendice contient tout un réseau de petites veines qui servent d’échangeurs thermiques. Grâce à la circulation du sang qui joue le rôle du liquide de refroidissement, le toucan peut dissiper 10 à 60 % de sa chaleur.

toucan bec cassé

toucan levée de fond

Par chance l’oiseau a été rapidement amené au centre hospitalier pour animaux d’Alajuela qui lui alors prodigué les premiers soins et nourri. Si l’état du toucan s’est nettement amélioré au fil des jours, une remise en liberté a vite été exclu du fait de son handicap. Fort heureusement, au fait des prouesses de l’impression 3D, l’équipe de vétérinaires a recouru à cette technologie pour reconstruire le bec de Grecia. Pour financer ce projet ambitieux, le centre vétérinaire a alors organisé une campagne de financement sur la plateforme de crowdfunding Indiegogo. Fort de son retentissement médiatique, la levée de fond lancée il y a 1 an, a récolté plus de 10 500 $. Ce laps de temps a permis à l’oiseau de récupérer de ses blessures mais surtout à son bec de cicatriser complètement avant la pose de sa prothèse.

Il y a quelques semaines, l’équipe vétérinaire a donc entrepris la fabrication de cette prothèse hors du commun. Dans un premier temps, la partie manquante du bec supérieur a ainsi été reconstituée à partir d’un scan 3D, pour être ensuite modélisée puis imprimée en 3D. Selon Nelson Martinez, un designer qui a travaillé sur le projet, l’utilisation de produits adhésifs aurait pu nuire à l’oiseau ou compromettre la structure de son bec. Par conséquent, les vétérinaires ont utilisé des vis pour fixer la prothèse. Quatre sociétés locales ont participé au projet, appuyées également par le Zoo Ave.

soin toucan

toucan

« Pour nous, cela a été un grand succès. » A déclaré ZooAve. « Ce projet très ambitieux n’a pas été facile, il a nécessité la collaboration de plusieurs entreprises nationales qui ont participé afin de fournir la meilleure prothèse possible à Grecia, et la meilleure qualité de vie possible. Une année entière de travail et d’efforts pour veiller à ce qu’ un être vivant comme Grecia puisse aller de l’avant après un tel événement. C’est une fierté nationale pour tous ceux qui ont travaillé sur ce projet !  »

« Au cours de plusieurs mois, nous avons analysé, conçu et étudié l’oiseau, et nous avons beaucoup appris sur l’importance du bec de Grecia. Le bec remplit diverses fonctions, y compris le lissage des plumes, d’alimentation et d’attirer l’attention du sexe opposé, mais elle a aussi affecté la psychologie de partie Grecia. Cette prothèse donne la chance d’avoir une vie normale, de ses possibilités. » A expliqué Zoo Ave.

L’histoire de Grecia a provoqué un véritable tollé au Costa Rica, remontant même jusqu’au président de la République Luis Guillermo Solis. Ce dernier a proposé un projet de loi visant à punir plus sévèrement la maltraitance envers les animaux, prônant des amendes plus lourdes et des peines de prison pouvant aller jusqu’à 6 ans d’emprisonnement. Le texte de loi est actuellement à l’étude.