La France 3ème pays européen le plus innovant en impression 3D

la France 3ème pays européen en terme de dépôts de brevet

Décriée pour son manque de stratégie nationale autour de la fabrication additive là ou d’autres pays instaurent des plans de financement massif pour soutenir cette technologie, la France n’a pourtant pas à rougir de ses performances sur l’échiquier mondial. Preuve en est cette étude réalisée par le cabinet d’étude SmarTech Analysis, qui classe l’hexagone comme le 4ème pays au monde ayant généré le plus de revenus en 2019.

Les derniers chiffres de l’Office européen des brevets sur la fabrication additive, qui est l’organisme en charge de la délivrance de brevets pour l’espace européen, vont dans le même sens. Dans un rapport publié aujourd’hui intitulé « Brevets et fabrication additive, tendances en matière d’impression 3D », portant sur les demandes de brevets enregistrées à l’OEB pour ce type de technologie entre 2015 et 2018, l’organisme place la France comme le troisième pays d’Europe et le 5 ème mondial qui a déposé le plus de brevets liés à l’impression 3D.

C’est une véritable explosion des demandes de brevets pour cette technologie, qui a été observée durant cette période. 36 % selon l’OEB, soit à titre de comparaison une progression dix fois plus rapide que tous les secteurs confondus, qui n’ont augmenté que de 3,5%. Sans surprise, ce sont les Etats-Unis, avec 35 % des demandes de brevets, qui montent sur la première marche du podium. Le vieux continent, qui représente près de la moitié (7863) des demandes de brevets déposés, doit beaucoup à l’Allemagne qui comptabilise à elle seule plus de 19 % de déposants. Le Royaume-Uni, avec 5 % de demandes, chipe la deuxième place à la France.

« La France est l’un des acteurs-clés de l’innovation en Europe en matière d’impression 3D, avec des entreprises et des inventeurs à la pointe de la technologie », souligne António Campinos, Président de l’OEB.

chiffres OEB

Essilor, le fabricant de verres correcteurs et d’équipements d’optique, tient une bonne part dans les résultats de la France. Devenue le franco-italien EssilorLuxotica en 2018, la société se retrouve 5e entreprise mondiale du point de vue des demandes de brevets d’impression 3D dans le secteur de la santé.

Les chiffres sont en revanche beaucoup moins flatteurs lorsque l’on s’intéresse à l’ensemble des secteurs. Aucun des 25 principaux demandeurs entre 2000 et 2018, n’est français. Essilor ne décroche que la 42 ème place, et le motoriste Safran la 48ème.

Le classement est largement dominé par les grandes entreprises américaines (11 au total), parmi lesquelles General Electric (1er), United Technologies (2e ), et HP (4e), et par l’Allemagne avec 5 entreprises, dont Siemens pointant à la 3ème place. « Un classement qui reflète la diversité des domaines dans lesquels la technologie de l’impression 3D est utilisée : santé, énergie, transports, produits chimiques et pharmaceutiques, technologies de l’information, électronique, imagerie, biens de consommation. » Commente l’OEB.

Particularité de la France, près d’une demande sur quatre provient de PME. Pendant que 10 % des demandes en impression 3D en Europe émanent d’entreprises employant entre 15 et 1 000 salariés, et 12 % sont déposées par des inventeurs individuels ou des petites entreprises employant moins de 15 salariés, les PME françaises sont à l’origine de 23 % des demandes de brevets françaises en impression 3D. La première à se distinguer est Tami Industries. Spécialiste des tubes de filtration pour les liquides, cette PME drômoise développe des procédés pour imprimer en 3D ses membranes filtrantes en céramique. Ces dernières sont utilisées dans l’agroalimentaire (filtration du lait, des boissons…) dans la biopharmaceutique et dans l’environnement (filtration des liquides de process, bains de dégraissage, effluents industriels…).

statistique brevets impression 3d

chiffres brevets impression 3d

L’autre PME française à sortir du lot est Poly-Shape. Rachetée il y a deux par AddUp, la filiale de Michelin, cette entreprise basée dans les bouches du Rhône, est reconnue en Europe pour son expertise en fabrication additive métallique dans de nombreux domaines tels que l’outillage, l’aéronautique, le médical, l’énergie, mais aussi le secteur de la compétition automobile. Poly-Shape travaille notamment avec les écuries de Formule 1.

La France peut compter aussi sur la recherche publique française (universités, hôpitaux, organismes de recherche publics…) qui rassemble à elle seule 20 % des demandes de brevets dans l’hexagone. Une part nettement supérieure à la moyenne européenne (11 %). Une excellence de la recherche publique incarnée par le CEA (Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives) ou encore le CNRS (Centre national de la recherche scientifique).

Au regard de ses investissements par apport à ses pays voisins, la France tire aussi son épingle du jeu à l’échelle régionale. Trois départements français s’inscrivent dans le top 20 des régions européennes : l’Isère (11ème), le Val-de-Marne (15ème) et la Seine-et-Marne (20 ème). Aucune malheureusement ne parvient à se hisser dans le top 10 dominé par Munich, Barcelone et Zurich.

25 premières entreprises pour la demande de brevets d'impression 3D