EOS : 7 choses à savoir sur le champion allemand de l’impression 3D industrielle

Hans J. Langer devant l'EOSINT M160

Le fondateur d’EOS Hans J. Langer devant l’imprimante 3d EOSINT M160

ll est des dates qui font profondément sens dans l’histoire de l’impression 3D. Il y a quelques jours le célèbre fabricant allemand EOS fêtait ses 30 années d’existence. Véritable pionnier de la fabrication additive, celui qui s’est imposé aujourd’hui comme la référence mondiale dans son domaine, illustre bien le chemin parcouru par cette technologie ces trois dernières décennies. Longtemps enfermée dans le prototypage rapide, l’impression 3D répond désormais aux besoins de production en série d’entreprises du monde entier. Pour comprendre comment EOS est devenu ce géant de la fabrication additive, Primante 3D a dressé son portrait en 7 points.

1. Un procédé d’addition de résines polymères

C’est en 1989, le 24 avril pour être exact, que deux docteurs du nom de Hans J. Langer et Hans Steinbichler ont fondé l’entreprise allemande EOS GmbH (Electro-Optical Systems). Les premiers travaux de deux scientifiques portaient non pas comme on pourrait le penser sur le frittage laser, mais sur un procédé d’addition de résines polymères stéréolithographiques (SL). La premier système fut achevé en 1991 et expédié à son premier client BMW sous le nom de STEREOS 400. 1991 signe également le départ de Dr. Steinbichler de l’entreprise qui vend ses actions d’EOS GmbH à Hans J. Langer.

Modèles STEREOS 400 et EOSINT P350

Modèles STEREOS 400 et EOSINT P350 commercialisés en 1991 et 94

2. Son premier système à frittage laser en 1991

Sécurisé financièrement par leur technologie d’impression 3D par stéréolithographie, EOS a alors entammé ses recherches sur le frittage laser sélectif (SLS). Les travaux aboutiront au système EOSINT P350 commercialisé en 1994. A l’époque il s’agissait seulement de la 2ème imprimante 3D de ce type disponible sur le marché mondial. La primeur revient en réalité à la Beta de DTM (entreprise qui fut rachetée en 2001 par 3D Systems) commercialisée pour la première fois en 1990.

3. Le seul fabricant à faire à la fois des équipements de stéréolithographie et de frittage laser

Entre 1993 et 94, EOS fut impliqué dans plusieurs actions en justice menés par l’américain 3D Systems, autre pionnier de la stéréolithographie. Le litige lié à la contrefaçon de brevets, aboutira en 1997 à un accord stipulant qu’EOS recevra les droits exclusifs mondiaux sur tous les brevets de 3D Systems, mais ne les appliquera qu’au frittage laser. En retour, EOS a cédé ses activités de stéréolithographie à 3D Systems pour 3,25 millions de dollars. Avant ce litige EOS était la seule société au monde à construire à la fois des équipements de stéréolithographie et de frittage laser.

historique EOS

4. Sa première imprimante 3D pour le métal

C’est en 1995 que EOS lancera l’EOSINT M160, son premier système de frittage de poudre métallique DMLS (pour Direct Metal Laser Sintering). Développé en collaboration avec une division d’Electrolux Finland, ce procédé de fabrication additive métallique repose sur l’utilisation d’un puissant laser pour fusionner des couches de métaux et d’alliages en poudre. Sa petite sœur EOSINT M 250 sortira quelques mois plus tard. C’est cette même année, qu’EOS créa sa division conseil, Additive Minds.

5. 1200 employés pour 3000 systèmes livrés dans le monde

Là où Hans J. Langer avait débuté avec une équipe de quatre personnes, EOS compte aujourd’hui plus de 1 200 employés. Avec le transfert de ses installations sur un site de 9 000 m2 à Maisach-Gernlinden, la société estime pouvoir aujourd’hui produire jusqu’à 1 000 systèmes d’impression 3D par an. Classé deuxième plus gros vendeur d’imprimantes 3D selon la dernière étude du cabinet Context, EOS aurait déjà installé près de 3 500 systèmes de fabrication additive dans le monde. La société compte parmi ses clients de grands noms de l’industrie, dont ArianeGroup, Airbus, Boeing, Siemens ou encore New Balance.

Nouveau site EOS à Maisach-Gernlinden en Allemagne

Nouveau site à Maisach-Gernlinden en Allemagne

6. Une vaste gamme de systèmes de fabrication additive

28 ans après la commercialisation de sa première machine, le pionnier de l’impression 3D laser fournit aujourd’hui une gamme polyvalente de solutions pour la fabrication additive. Son catalogue compte à ce jour douze machines, dont six pour la fabrication de pièces en polymère (pièces de rechange, prototypes…) et six autres pour la production de pièces en métal (prototypes, produit finis en métal…). Les volumes de construction vont de Ø 100 mm x 95 mm pour l’EOS M100 jusqu’à 400 mm x 400 mm x 400 mm pour l’EOS M400 et ses 4 lasers. Les prix très variables selon les modèles et le niveau de configuration, commencent à 175 000 € pour finir à 1,6 million.

7. Une trentaine de matériaux d’impression 3D pour le plastique et le métal

Les imprimantes du fabricant allemand fonctionnent avec une gamme de matériaux répondant à un large éventail d’applications. Pour le plastique, EOS propose une sélection de 17 poudres polymères. On citera pêle-mêle le PA 1102 black, un polyamide noir anthracite idéal pour la fabrication de pièces de rechange pour l’automobile, ou le PEEK HP3 dédié au remplacement de pièces métalliques dans des secteurs comme médical ou de l’aéronautique. Le catalogue propose également des polymères composites haute performance. Des poudres ignifuges, chargées en fibres de carbone et billes de verre, mais aussi les polyétheramides et polystyrènes.

EOS dispose d’une gamme tout aussi vaste de matériaux pour la production de composants métalliques : des poudres d’aluminium, d’acier maraging, de titane, mais aussi des alliages à base de nickel et de cobalt. Leurs propriétés de résistance à la corrosion, de légèreté et de ductilité, en font des matériaux employés pour des applications très variées, comme la fabrication de bijoux, d’outils chirurgicaux, d’implants ou de pièces mécaniques.

impression de composants sur une poudre métallique d'EOS