EOS : rencontre avec le champion allemand de l’impression 3D industrielle métallique et polymère

pièce réalisée en fabrication additive en EOS Copper Cu

Pièce réalisée en fabrication additive en EOS Copper Cu (source : EOS)

2019 signe l’anniversaire d’un acteur historique de l’impression 3D, celui du constructeur allemand EOS GmbH (Electro-Optical Systems) qui a fêté ses trente années d’existence. Fondé en 1989 par deux docteurs du nom de Hans J. Langer et Hans Steinbichler, le spécialiste du frittage laser a connu une ascension fulgurante jusqu’à devenir aujourd’hui le numéro un mondial des technologies d’impression 3D industrielle sur métaux et polymères. Alors que vient de s’achever la dernière édition du Formnext, Primante 3D a interrogé Eduardo Alonso, directeur de l’antenne française d’EOS, pour faire le point sur les dernières nouveautés dévoilées à l’occasion du salon.

« la technologie est en constante évolution et les couts de production sont très rapidement en train de diminuer »

Eduardo Alonso

Eduardo Alonso

Eduardo Alonso bonjour, comment devient-on le Regional Manager France d’EOS ? Parlez-nous un peu de votre parcours ?

Je viens du monde de l’équipement pour la mine et la construction où j’ai développé la plus grande partie de ma carrière. Il s’agit d’une industrie où la productivité est un élément crucial et où l’on exige que les machines travaillent 24h/24 et 365 jours an. La fabrication additive est en train de faire ses entrées dans la production en série, et on cherche de plus en plus à maximiser le temps de disponibilité de nos imprimantes pour la production. C’est cette concordance entre ces deux industries qui a déclenché mon entrée dans le monde de la fabrication additive.

En quoi consiste précisément votre rôle ?

Je suis le directeur de la filiale de EOS en France. Nous sommes basés à Lyon et nous menons une activité de vente et services des machines EOS sur la France, le Maghreb et la Suisse et Belgique francophones.

Comment EOS est-il devenu l’un des principaux fournisseurs mondiaux de technologies pour l’impression 3D industrielle ?

Grâce à de l’innovation, la maîtrise de la technologie et une expérience longue de 30 ans dans le domaine. Dr Langer, fondateur du groupe, a été pionnier dans l’activité et poussé par sa passion et son audace il a réussi à construire un groupe avec une présence dans plus de 50 pays et plus de 3500 systèmes vendus.

Quelle est l’importance du marché français pour EOS et les défis à relever ?

La France est l’un des principaux marchés notamment drivé par l’industrie aérospatiale et médicale, qui sont des secteurs d’activités enclins à adopter des technologies innovantes.

« on commence à être de plus en plus présents dans d’autres secteurs de biens de consommation comme la cosmétique, la chaussure ou l’automobile »

l'automatisation et la robotique permettent de fabriquer des pièces métalliques de haute qualité

L’automatisation et la robotique permettent de fabriquer des pièces métalliques de haute qualité sur une base efficace, évolutive et rentable, en particulier lorsque plusieurs systèmes d’impression 3D sont utilisés (source : EOS)

La fabrication additive est aujourd’hui passée à l’échelle industrielle et concerne de plus en plus de secteurs. Qui sont les premiers de cordées et quels sont les derniers freins à lever pour que le passage à la fabrication additive se fasse à l’ensemble de l’industrie ?

Le secteur de l’aérospatial et médical sont les pionniers car ils sont toujours à la recherche de pièces à forte valeur ajoutée avec des performances supérieures et/ou de la customisation en masse. En effet on commence à être de plus en plus présents dans d’autres secteurs de biens de consommation comme la cosmétique, la chaussure ou l’automobile.

Le cout par pièce reste une barrière pour les applications à faible valeur ajoutée. Cependant, la technologie est en constante évolution et les couts de production sont très rapidement en train de diminuer, ce qui permet d’élargir le champ des applications possibles où la fabrication additive est économiquement viable. Ça va très vite…

À l’occasion du dernier Formnext, EOS a fait plusieurs annonces, dont le lancement d’une nouvelle technologie d’impression 3D polymère à laser CO. Qu’est-ce qui le différencie d’un laser CO2 et quels sont ces atouts ?

Il s’agit d’un laser pour ce que nous avons nommé la technologie FDR (Fine Detail Résolution), qui permettra d’imprimer du polymère avec des couches de 40µm et donne un niveau de détail surprenant ; l’état de surface en sortie de la machine sera similaire à celui de la technologie SLA.

« automatiser de façon très significative le déballage et la préparation des job »

EOS Shared Modules Automated

EOS Shared Modules Automated permet de mettre en place un processus de fabrication additive automatisé (source : EOS)

Votre deuxième annonce portait sur une solution solution périphérique dénommée EOS Shared Modules pour les pièces métalliques. Qu’apporte t-elle en terme d’automatisation ?

Il s’agit d’un système constitué de différents modules que l’on peut choisir à la carte et qui va permettre d’automatiser de façon très significative le déballage et la préparation des jobs. Cela va permettre de rendre automatiques certaines tâches qui aujourd’hui restent très manuelles. Cela va permettre également de maximiser le temps d’utilisation de la machine, pouvant enchainer les temps de lasage (production) sans devoir immobiliser la machine pour le déballage, qui se fera désormais en dehors de la machine.

In fine, cela va permettre de réduire de manière significative le cout par pièce et pouvoir ainsi retrouver le ROI beaucoup plus rapidement. Un pas important vers la production en série en fabrication additive metal.

Quels sont les matériaux métalliques disponibles ?

Au-delà des matériaux traditionnels avec lesquels on travaille depuis un moment comme l’acier, l’inox, aluminium, titane, inconel…, on sort cette année du cuivre, du H13 et des aluminiums hautes performances.

Côté plastique on travaille avec des polyamides (PA12, PA11) mais aussi TPU et plastiques hautes performances PEKK.

procédé d'impression 3D à jet de liant

Procédé d’impression 3D à jet de liant (Binder jetting) – Crédit Photo ExOne

Comment voyez-vous l’arrivée des nouvelles technologies inspirées du MIM sur le segment métal ces dernières années ?

Je suppose que vous faites référence à des technologies additives comme le metal binder jetting. Ces technologies fonctionnent très différemment du DMLS. Elles fonctionnent généralement en deux étapes (ou même, dans certains cas, en trois étapes) où, après l’« impression », un frittage de la pièce « à vert » est nécessaire. Ceci a pour effet de modifier les propriétés de la pièce par rapport au DMLS et de limiter la précision géométrique en fonction de sa forme.

Quelles sont vos marges de progression avec votre technologie ? Certaines étapes de post-traitement comme l’enlèvement de la poudre constitue une étape encore très chronophage.

Tout le post-traitement reste en effet encore relativement manuel et représente un frein pour la production de très grandes séries. Les shared modules vont minimiser cette contrainte.