Rencontre avec OWA 3D et son enceinte bluetooth imprimée en 3D

Deuxième délégation derrière les Etats-Unis en nombre de start-up, la France a particulièrement rayonné au dernier CES de Las Vegas. Parmi les 365 entreprises françaises présentes à la grande messe mondiale de l’innovation, la jeune pousse OWA 3D a fait vibrer l’innovation tricolore en son et en lumière. Née en 2015 du groupe nantais Armor, expert mondial en transfert thermique pour emballages et les étiquettes code-barres, la start-up spécialisée dans les filaments recyclés et recyclables pour imprimantes 3D, a imaginé une enceinte bluetooth imprimée en 3D. Première création du projet collectif Dot, cette enceinte baptisée OWA Speaker éclaire le potentiel de personnalisation d’une impression 3D plus éco-responsable et durable. Responsable développement d’Armor 3D, Pierre Antoine Pluvinage sonne la cloche de son lancement sur la plateforme Kickstarter.

« faire connaître cette enceinte à la communauté et au grand public pour leur plaisir d’avoir un objet high tech responsable, durable et surtout personnalisable »

Pierre Antoine Pluvinage

Pierre-Antoine bonjour, pourrais-tu te présenter ? Comment devient-on responsable développement chez Armor 3D et en quoi consiste exactement ton rôle ?

J’ai 27 ans (+10 ans) et je suis entrepreneur chercheur de sens. Après des études de commerce pendant lesquelles je me suis intéressé à la stratégie, j’ai successivement entrepris dans l’édition de livres à travers la création de deux maisons d’édition. J’ai publié des livres pour les enfants (pour mieux comprendre et accepter leurs différences), sur des sujets d’actualité (pour mieux comprendre ce qui se passe dans notre monde), et enfin sur des thématiques d’entreprises (pour aider les cadres et dirigeants à travers des témoignages de réussites de cadres et dirigeants).

Cette dernière expérience m’a donné envie de rentrer dans un groupe. J’ai donc rejoint le groupe Armor à Nantes en tant que responsable de projets stratégiques. J’ai pu beaucoup apprendre du monde de l’entreprise tout en gardant mon côté entrepreneur.

Cela m’a conduit à développer une première activité au sein du groupe Armor porteur de sens : une activité de collecte et surtout de traitement de déchets de cartouches d’imprimantes.

Puis 7 ans après, j’ai développé une nouvelle activité au sein du groupe Armor, qui consiste à développer des matériaux pour l’impression 3D, pour répondre aux besoins des industriels tout en servant l’usage.

On ne devient pas responsable du développement chez Armor. On l’est ! En tant qu’entrepreneur, je propose des projets de développement d’activité, qui de plus est ont du sens, pour les faire naître et les développer.

Dans quelles circonstances as-tu découvert l’impression 3D ? Quel a été ton premier sentiment à l’égard de cette technologie ?

J’ai découvert l’impression 3D en 2014 dans le cadre d’une conférence sur la 3ème révolution industrielle, et le rôle que l’impression 3D peut jouer.

Mon premier sentiment à l’égard de cette technologie a été la capacité sans limite de permettre de créer d’une manière totalement nouvelle, en prenant en compte les ressources, la localisation de production, et la réduction des coûts et des délais.

« réutiliser nos propres déchets pour en faire des consommables de qualité pour l’impression 3D »

Présente-nous OWA 3D et raconte-nous sa genèse.

OWA est la marque d’économie circulaire du groupe Armor. C’est notre engagement à mettre sur le marché des produits éco-responsables (recyclés) qui intègrent une solution de traitement en fin de vie, à travers leur recyclage.

OWA 3D est né de la volonté de réutiliser nos propres déchets (le plastique de nos cartouches d’imprimantes) pour en faire des consommables de qualité pour l’impression 3D. Nous voulons apporter une solution aux préoccupations des utilisateurs quant à l’utilisation des ressources (matières premières recyclées) pour créer leurs objets et le traitement de leurs déchets générés par l’utilisation de cette technologie.

« une application concrète porteuse de sens pour mettre la lumière sur cette technologie »

OWA 3D vient de lancer une campagne de crowdfunding sur Kickstarter visant à financer la première création du projet DOT : une enceinte bluetooth imprimée en 3D baptisée OWA Speaker. Comment est né ce projet et qui sont ses protagonistes ?

Ce projet est une manière concrète de montrer ce que l’impression 3D permet de faire, à travers un objet high tech, fabriqué en France avec des filaments 3D recyclés OWA. C’est un projet collaboratif réunissant le Techshop Leroy Merlin (lieu collaboratif d’échange et de partage autour du projet), BOLD design (designer industriel), DOOD Imprimante 3D (fabricant d’imprimante 3D) et SECTOR électronique (électronicien). J’ai imaginé que nous pouvions aller plus loin que simplement proposer des matériaux d’impression 3D, mais de montrer une application concrète porteuse de sens pour mettre la lumière sur cette technologie et l’importance du matériau (qualité et origine).

Quelles sont vos ambitions avec cette campagne de financement ?

L’ambition est de faire connaître l’impression 3D et ses possibilités, notamment sensibiliser sur l’utilisation de filaments de qualité, qui répondent à la valeur d’usage de l’utilisateur, avec la réutilisation autant que possible de ressources provenant du recyclage. Nous voulons faire connaître cette enceinte à la communauté et au grand public pour leur plaisir d’avoir un objet high tech responsable, durable et surtout personnalisable (les cloches extérieures sont personnalisables autant que possible).

La cloche de votre enceinte est fabriquée avec votre filament PS, premier à avoir intégré votre gamme de filaments d’impression 3D. Peux-tu rappeler ce qu’est le PS ? Comment est-il fabriqué et quels sont les avantages mais aussi les limites de ce matériau par apport à l’ABS et au PLA ?

Le PS (Polystyrène) est le matériau recyclé qui provient du recyclage de nos cartouches toner (pour la bobine) et des déchets de production des fabricants de pots de yaourt (pour le filament). C’est le premier matériau de notre gamme de filaments OWA.

En plus de sa particularité d’être recyclé, il a un très bel aspect de surface (mat), il est plus résistant que le PLA et se déforme (warp) beaucoup moins que l’ABS.

« chacun peut dessiner sa propre cloche et l’adapter à l’enceinte pour créer sa propre enceinte OWA »

Quelles sont les différentes possibilités de personnalisation de votre enceinte grâce à l’impression 3D ?

Les possibilités de personnalisation sont infinies (comme le permet la technologie). Nous avons une cinquantaine de cloches existantes qui permet à l’utilisateur de choisir sa cloche. Nous proposons aussi de modéliser une cloche unique pour l’utilisateur de l’enceinte. Aussi chacun peut dessiner sa propre cloche et l’adapter à l’enceinte pour créer sa propre enceinte OWA. C’est une base préconçue avec une enveloppe extérieure unique pour s’adapter dans son environnement en fonction du goût de chacun.

Parle-nous des différentes fonctionnalités d’OWA Speaker mais aussi de votre application en cours de développement.

C’est avant tout une enceinte de qualité avec son look et son design unique. C’est un objet responsable et durable qui prend en compte les contraintes environnementales (ressources et lieu de fabrication). A cela nous avons ajouté une fonctionnalité de lampe avec réveil simulateur d’aube accompagné de son application dédiée.

Que peux-tu nous dire sur la partie électronique, sa fabrication et la durée de vie de ses composants ?

La partie électronique a été conçue sur mesure pour l’enceinte pour répondre aux contraintes acoustiques. L’objectif est que l’enceinte soit fabriquée localement (en France pour la France). Elle est réparable et évolutive. Elle est durable à la fois dans son cœur (composants réparables et changeables) que dans son enveloppe (look et design renouvelable). C’est fini l’obsolescence programmée des objets high tech à durée limitée qui ne sont pas fabriqués dans le pays de consommation et dont la valeur économique dégagée ne profite pas au pays.

Si l’impression 3D se distingue des techniques de fabrication soustractives par sa faculté à utiliser juste la quantité de matière nécessaire et donc générer moins de déchets, elle engendre néanmoins du rebut, des chutes de filaments, des bobines vides… Quelles sont vos ambitions en la matière ?

OWA 3D c’est aussi une solution de collecte des déchets d’impression 3D en vue de les recycler de nouveau. Nous voulons apporter une solution tout en un pour l’utilisateur, pour qu’il n’ait qu’à penser à ses projets, et nous nous occupons du reste. La collecte OWA 3D permet de récupérer les chutes de filaments, les bobines vides et aussi les objets inutilisés (prototypes notamment) pour les recycler.

Une actualité pour finir ? Quelle est votre feuille de route pour 2018 ?

Armor 3D va lancer une nouvelle marque qui va faire parler d’elle notamment au 3D Print de Lyon au mois de juin. Nous voulons contribuer au développement de matériaux techniques et recyclés pour l’impression 3D pour les professionnels et les industriels.

Aussi nous voulons accompagner des projets comme Monsterkit (fabrication d’un Faucon Millenium de 20kg avec du PS OWA dont le fruit de la vente ira pour le compte d’une association de lutte contre le cancer) ou E-Nable (fabrication de prothèse de main pour les enfants).