Et si vous financiez la première imprimante 3D à textile au monde ?

Imprimantes 3D pour fabriquer des maisons, des aliments ou encore des cellules, on pensait avoir tout vu avec l’impression 3D et pourtant… A l’image de cette course effrénée à l’innovation, une start-up californienne du nom d’Electroloom vient de frapper un grand coup en annonçant une levée de fond pour financer une imprimante 3D à textile. Une machine évoquée ici il y a an, mais dont la technologie était encore au stade expérimental. Dans le but d’accélérer le développement de sa machine éponyme, Electroloom a donc lancé une levée de fond sur la plateforme Kickstarter. En l’espace de deux jours seulement, l’appel au financement a déjà récolté 19 000 $ sur les 50 000 $ d’objectif. Les plus généreux donateurs, c’est-à-dire à partir de 4500 $, recevront une imprimante 3D Electroloom. Les contributeurs les moins fortunés se verront offrir une jupe ou un tee shirt imprimé en 3D pour 100 $, ou un échantillon de tissus pour 30 $.

« Inspiré par les imprimantes 3D, nous avons décidé de mettre au point une technologie qui permet aux gens de concevoir et de fabriquer des vêtements à partir de zéro. » ont expliqué les développeurs d’Electroloom.

Côté technique, le fonctionnement d’Electroloom ne ressemble à aucun autre procédé d’impression 3D. La machine utilise en effet une technologie baptisée Field Guided Fabrication (électrofilage) et qui consiste à convertir une solution à base de polyester et de coton, en une fibre solide de quelques nanomètres au moyen d’un champ électrique. Une fois générées, les nanofibres sont ensuite projetées sur un moule pour prendre la forme du vêtement que l’on souhaite y imprimer. Un procédé qui n’est pas sans rappeler le moulage par projection simultanée employé pour la fabrication de pièces en matériaux composites. L’imprimante permet pour le moment d’imprimer dans trois coloris, à savoir le blanc, le rose et le bleu. Avec ce financement, ses développeurs espèrent pouvoir développer d’autres fibres comme la soie ou l’acrylique. Si peu d’informations techniques ont pour le moment filtré notamment sur la vitesse d’impression, on sait néanmoins que les dimensions de l’imprimante sont de  1000mm x 1080mm x 620mm, la taille maximale du moule de 800mm x 900mm et la chambre de 900mm x 900mm x 600mm.

La première imprimante 3D à textile ?

Electroloom, est la première imprimante 3D à textile au sens propre du terme. En effet si la société britannique Tamicare co-fondée par le couple Tamar et Ehud Giloh, a été la première à mettre au point un procédé d’impression 3D pour tissu, celui-ci fonctionne via une ligne de production. Baptisée Cosyflex, cette technologie née en 2013, utilise un procédé similaire fonctionnant par projection de nanofibres (coton et latex) sur un moule. CosyFlex se destine à la fabrication de tissus extensibles tels que des sous-vêtements ou des maillots de bain.

Contacté par Primante 3D,  Joseph White, développeur d’Electroloom, s’est exprimé à ce sujet :

joseph white

Joseph White

« Electroloom est une technologie portable contrairement à Cosyflex. À l’heure actuelle Cosyflex nécessite une ligne d’assemblage pour la création de ses vêtements. Nous envisageons Electroloom dans des endroits comme les maisons et les magasins de vêtements, plutôt que les usines géantes produisant des millions d’exemplaires de la même pièce. »

« Cosyflex est parfaitement adapté aux produits qu’ils produisent; cependant, je pense qu’Electroloom vise quelque chose de très différent. Nous cherchons à responsabiliser les individus et à les inclure dans le processus de conception, plutôt que de le posséder nous-mêmes, comme Cosyflex. Cosyflex nécessite également une étape d’assemblage alors qu’Electroloom peut produit des articles sans soudure. »

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