Infographie : Le marché de l’impression 3D en France en 7 chiffres clefs

marché français de l'impression 3D

2019 marque un cap historique pour le marché de la fabrication additive. Pour la première fois depuis 40 ans, les revenus générés par cette industrie ont atteint la barre symbolique du milliard à deux chiffres soit plus de 10 milliards de dollars de recettes. Si le trio tête Allemagne, Etats-Unis, Chine, tient une part très importante dans ces résultats, l’activité française, en dépit de ses faiblesses, résiste bien à la concurrence. Pour répondre aux nombreuses questions sur la place de France dans cette compétition mondiale et les pratiques d’impression 3D de ses entreprises, Primante 3D a réalisé une infographie regroupant les principales données sur le marché tricolore. Pour télécharger la version PDF cliquez ici.

La France, 4ème marché mondial de la Fabrication Additive

Si la France compte un nombre réduit de fabricants d’imprimantes 3D sur son territoire par apport aux Etats-Unis ou la Chine, et même certains de ses pays voisins, elle n’a pas à rougir de ses performances sur l’échiquier mondial. Dans son dernier rapport sur le marché de la fabrication additive en 2019, le cabinet d’étude SmarTech Analysis (3dpbm) classe en effet l’hexagone comme le 4 ème pays dans le monde ayant généré le plus de revenus l’année dernière, soit au total plus de 489 millions d’euros de chiffre d’affaires. On estime qu’environ 65 % des revenus sont générés par les 10 premières zones géographiques et qu’environ 20 % proviennent des 10 zones géographiques suivantes.

marché de l'impression 3D en France

S’appuyant sur des critères différents, le fabricant hollandais Ultimaker est arrivé au même résultat. Dans son étude annuelle intitulée « 3D Printing Sentiment Index » basée sur la connaissance du marché de la fabrication additive, de l’adoption des technologies 3D ou encore des investissements, la France se classe 4 ème sur 12 pays participants.

Tandis que 70% des français interrogés connaissent la fabrication additive, avec 42 % d’adoption, la France se classe 2 ème juste derrière la Chine. En revanche l’hexagone n’est pas un grand investisseur. Lorsque l’on s’intéresse à la progression des investissements sur le territoire tricolore, la France chute à la 7ème place derrière des pays comme le Mexique ou l’Italie.

Les matériaux plastiques et polymères employés à 87 % et les composites 26 %

Toujours selon la même étude menée par Ultimaker, on apprend que les entreprises françaises qui ont recours à la fabrication additive utilisent les plastiques et les polymères pour 87%. Avec respectivement 26% et 25%, l’utilisation de composites et la fibre de carbone pour l’impression 3D ne cesse de prendre de l’ampleur dans les pratiques des professionnels. Leur légèreté et leur solidité en font une alternative intéressante pour remplacer le métal.

Les pièces d’utilisation finale représentent 48 % des cas d’application

Selon le 3D Printing Sentiment Index, en France comme partout ailleurs dans le monde, avec 76 % des cas d’utilisation, la fabrication additive est encore principalement utilisée à des fins de prototypage. L’impression 3D de pièces d’outillage (moules, inserts gabarits, pinces…) arrive en second position avec un taux de 65 %. Un chiffre guère surprenant quand on sait qu’un cinquième des entreprises actives dans les secteurs aéronautique, automobile, mécanique et ingénierie ont aujourd’hui recourt à des solutions additives pour imprimer leur propre outillage.

Les données fournies par Ultimaker confirment une autre une tendance clair observée ces dernières années, à savoir que la production de pièces finies par impression 3D ne cesse de gagner du terrain dans les applications. Selon le fabricant hollandais elle s’élèverait à 48 % sur le sol français. L’évolution des matériaux et des technologies, toujours plus abordables et performants, expliquent pour une grande partie cette dynamique. La meilleure compréhension des industriels sur les bénéfices procurés y participe également. A titre de comparaison, la fabrication de pièces d’utilisation finale par les entreprises n’était que de 17 % en 2015.

Technologie d’impression 3D métal par fusion directe par projection de poudres de l'alsacien BeAM rachetée par AddUp en 2018

Technologie d’impression 3D métal par fusion directe par projection de poudres du fabricant alsacien BeAM racheté par AddUp en 2018

Le marché français de l’impression 3D métal devait atteindre les 122 millions € en 2022

Grâce à des donneurs d’ordres importants dans le domaine de l’aéronautique et automobile, le marché français de la fabrication additive métallique parvient à suivre la tendance mondiale avec une forte dynamique sur ce segment. Estimé selon un rapport de Pipame à 60,6 millions d’euros en 2018 le marché de l’impression 3D métal en France montre une activité encore peu structurée avec des équipements produisant peu de pièces. En 2018 la répartition était la suivante : 30 % pour les poudres, 40 % pour les équipements et 30 % pour la fabrication de pièces.

Malgré le nombre très restreint de constructeurs de machines (Prodways, AddUp…) présents sur le territoire, la filière française se structure peu à peu, avec plusieurs acteurs qui commencent à se regrouper. C’est la raison pour laquelle la croissance du marché français devrait doubler d’ici 2025 pour atteindre les 122 millions €. Suite au développement de la filière, la fabrication de pièces métalliques pourrait s’élever jusqu’à 50 %, soit 61 millions € de revenus générés, 30 % pour les équipements et 20 % pour les poudres. En terme d’impact sur l’emploi, un rapport du cabinet Katalyze estime à 380 le nombre d’emplois directs ETP (Equivalent Temps Plein) qui pourrait être créés en 2025 contre 100 en 2018.

FormUp 200, le dernier système de fabrication additive métal du constructeur AddUp, la joint-venture de Michelin et Fives

FormUp 200, le dernier système de fabrication additive métal du constructeur AddUp, la joint-venture créée par Michelin et Fives

La France 7ème pays en terme de machines industrielles installées

Malgré le taux élevé d’adoption de solutions d’impression 3D en France, nombreuses sont les entreprises françaises qui privilégient encore les services dédiés, à l’équipement. C’est pourquoi l’hexagone ne se classe que 7ème pays en terme de machines industrielles installées et 4ème en Europe. Selon un rapport de l’Insee pour l’année 2018, l’usage de cette technologie, qu’elle soit interne ou externe, est particulièrement marginale dans les sociétés de 10 à 19 personnes . Seules 2 % d’entre-elles l’utiliseraient.

On observe la même tendance chez les sociétés de 10 personnes ou plus (secteurs principalement marchands, hors secteurs agricole, financier et d’assurance.) qui n’étaient que 4% à recourir à des solutions de la fabrication additive en 2018. Toujours selon la même étude, l’impression 3D serait en revanche plus répandue dans l’industrie. On apprend que sur les 10 % des sociétés utilisatrices, plus de la moitié se serviraient de leurs propres imprimantes 3D, et plus de la moitié sous-traiteraient l’impression 3D. La palme revient aux sociétés de 250 personnes ou plus qui étaient cette année là 16 % à recourir à des technologies de fabrication additive.

S’appuyant sur une feuille de route rédigée par l’Alliance Industrie du futur sur les faiblesses de la France dans le déploiement de la fabrication additive et d’autres technologies, en 2017 les pouvoirs publics ont mis en place plusieurs dispositifs fiscaux avantageux et programmes d’accompagnement pour soutenir la filière française. L’objectif affiché est de faire grimper le pays de la 7e à la 5e place en terme de machines industrielles installées, c’est à dire de 3% à 9 % du parc mondial dans les 5 ans. Ces dernières années, un nombre important de plateformes mutualisées et régionales, ont vu le jour en France pour faciliter l’accès aux équipements et aux compétences liés à la fabrication additive.