Imprimante 3D Form 2 : un prothésiste dentaire partage son expérience !

Estimé à plus de 3,1 milliards de dollars à l’horizon 2020, le marché de l’impression 3D dentaire connaît aujourd’hui une forte croissance. Portée par l’intégration au préalable de la numérisation et de la CAO dans la dentisterie, mais aussi l’apparition de nouveaux matériaux, l’impression 3D est de plus en employée par les professionnels de l’industrie dentaire. Utilisées pour la fabrication de moulages, de guide chirurgicaux ou encore d’appareils dentaires, les imprimantes 3D à résine exploitant les technologies SLA (stéréolithographie) ou DLP (Digital Light Processing, sont actuellement les plus prisées par la profession.

Souhaitant faire la démonstration concrète des applications possibles dans le domaine de la dentisterie, Primante 3D est allé à la rencontre de Simon Querleu, un prothésiste dentaire qui a accepté de partager son expérience sur son utilisation au quotidien de l’imprimante 3D Form 2 de Formlabs.

« on avait besoin d’une technologie adéquat pour obtenir ce modèle numérique en un modèle physique avec une très grande précision »

Simon bonjour, pourriez-vous vous présenter ? Parlez-nous un peu de votre parcours.

Bonjour, je me présente, Simon Querleu, 35 ans, je suis de Tourcoing près de Lille. Je suis prothésiste dentaire depuis 8 ans au sein du laboratoire D.Poiret, je suis responsable CFAO dans un laboratoire familial, je travaille donc avec mes beaux parents et ma compagne. Je suis autoditacte, je me suis formé au labo grâce à mon beau père qui a 35ans d’expérience. Il est spécialisé dans l’implantologie depuis +- 30 ans. Je n’ai donc pas fait un cursus classique mais je me prépare à faire un V.A.E.

En quoi consiste le métier de prothésiste dentaire ?

Le métier de prothésiste dentaire consiste à travailler en collaboration avec un chirurgien dentiste, on réalise toute sorte de prothèses, du complet en résine (celui qui passe la nuit dans le verre d’eau), au gros bridge sur implants, en passant par la couronne simple en métal, ou en bio-matériaux.

« Cette technologie nous permet de faire aussi du prototypage à moindre coût »

Dans quelles circonstances avez-vous découvert l’impression 3D ?

L’impression 3D est arrivée, il y a un moment, dans notre secteur d’activité mais se démocratise vraiment depuis 2/3 ans. De plus en plus de dentistes utilisent des caméras optiques pour remplacer la prise d’empreinte classique. Pour cela, on avait besoin d’une technologie adéquate pour obtenir ce modèle numérique en un modèle physique avec une très grande précision.

Cette technologie nous permet de faire aussi du prototypage à moindre coût. Au début, cette technologie me faisait peur car extrêmement coûteuse, entre 35 k€ et 100 k€ il y a encore 2 ans. Dans le dentaire, tout coûte cher. Depuis avec la Formlabs, tout a changé.

Dans le cadre de votre activité, vous utilisez l’imprimante 3D Form 2 de Formlabs. Qu’est ce qui a motivé cette décision et pour quelles applications ?

Au laboratoire, j’utilise quotidiennement la FORM2 de chez Formlabs depuis 9 mois. J’ai été motivé après l’avoir vu sur un salon et aussi pas le bouche à oreille qui va très vite dans notre secteur. Il faut le dire, par son prix qui et au minimum 5/7 fois moins cher que ces concurrentes directes (pour le secteur dentaire).

Après avoir contacté la société 3D Dental Store, basée à Rouen, j’ai eu une explication complète et attrayante de cette technologie et du logiciel. J’ai eu la possibilité de faire des modèles de test. Le feeling est bien passé. Du coup j’ai craqué pour la Formlabs. Il faut dire que les résines proposées sont top. La grise en V3 , la calcinable et la dental SG (elle est en classe 2A et peut entrer en bouche et au bloc opératoire pour la fabrication de guides chirurgicaux)

Comment s’est passée la prise en main ? Avez-vous suivi une formation ?

Pour la prise en main, rien de plus simple, TOUT est bien expliqué, bien emballé ( made-in-USA oblige), l’imprimante est très simple à installer. Elle est livrée montée et prête à imprimer. Le logiciel Preform est Gratuit (les mises à jour aussi. Ils ont tout compris chez Formlabs) et d’une simplicité enfantine. Comme simple formation, j’ai eu droit à un cour vite fait sur les principes fondamentaux de l’impression 3D ( le logiciel, les supports, et le post traitement). Après j’ai raté mes 2/3 premières impressions mais plus rien depuis… mais vraiment rien.

Pourriez-vous nous décrire les différentes étapes de fabrication d’une pièce ? Quels logiciels utilisez-vous ?

Alors pour la conception d’une couronne, j’utilise plusieurs logiciels et matériaux différents.
En règle générale, je reçois une empreinte classique que je coule en plâtre, puis je la scanne avec un scanner de laboratoire.

Une fois mon modèle numérisé, je passe le tout dans un logiciel de CAO, chez nous c’est Exocad, qui est selon moi le meilleur (cela reste un grand débat dans le dentaire). De là je numérise ma prothèse que j’imprime ensuite soit pour prototypage avant usinage dans une machine outils, sois que je coule en métal avec la méthode de la cire perdue.

« L’impression 3D me fait gagner du temps »

Après plusieurs mois d’utilisation, selon vous quels sont les avantages mais aussi les limites de l’impression 3D par apport aux techniques traditionnelles ? Habituellement comment sont fabriquées les prothèses ?

Après plusieurs mois d’utilisation , je suis entièrement satisfait de la Form 2. Je pense même investir dans un autre Form 2 assez rapidement. Habituellement, la technique classique pour la réalisation d’une prothèse est de la sculpture avec de la cire. La CAO nous apporte un réel confort et une précision optimale.

L’impression 3D me fait gagner du temps. C’est surtout aussi, beaucoup de stress en moins. Par exemple, pour l’usinage d’un bridge (en titane ou en zircone ; matériaux assez chers), la réalisation d’un prototype est vraiment géniale, une fois que je suis sûr, je l’usine.

Armature supra-implantaire

Pour le volume d’impression je ne m’en plains pas. Le plateau est assez grand pour mon utilisation même si pour un souci d’organisation au sein du labo, je ne vais pas tarder à en acheter une autre. Après, on le sait, l’impression 3D n’est pas rapide. De plus, j’imprime toutes mes pièces à 25 microns ce qui rend les impressions plus longues. En règle générale elle tourne autour de 1h3/2h00 en fonction de ma production. Par exemple, pour un bridge complet (14 dents), je suis à +-4h00 d’impression pour du 50 microns.

Pour moi il n’y a pas vraiment de limite à l’impression 3D. Seul les matériaux me limitent. Mais cela arrivera dans le temps. Formlabs a récemment annoncé la sortie de plusieurs résines destinées au domaine du dentaire.

« l’impression 3D dans le dentaire va aller très très vite »

Comment voyez-vous évoluer l’impression 3D dans votre domaine dans les années à venir ?

L’évolution de l’impression 3D dans le dentaire va aller très très vite. De nouveaux matériaux arrivent. Même si les imprimantes 3D et les logiciels de numérisation arrivent à faire de plus en plus de choses, il faudra toujours l’oeil et la touche du prothésiste. Les machines ne remplaceront pas totalement le prothésiste.

Dent qui sera calcinée puis transformée en céramique pressée

L’impression orange : guide chirurgicale pour poser des implants dentaire / L’impression grise : partie du modèle dentaire pour tester l’adaptation du guide chirurgical

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