Quand l’empire du milieu mise sur l’impression 3D

3,6 milliards, c’est le montant des dépenses que pourrait générer la fabrication additive en Asie à l’horizon 2021. Selon les dernières prévisions du cabinet américain International Data Corporation (IDC) le marché de l’impression 3D dans cette région pourrait en effet enregistrer une croissance annuelle de 22,4 % par an. Alors que le prototypage représente encore plus de 68 % des applications sur ce marché, les industries des télécommunications (TCAC à 50,2%) et les industries des ressources naturelles (TCAC à 44,0%) sont identifiées comme les industries promises à la croissance la plus rapide.

Souvent présenté comme l’atelier du monde, l’empire du milieu fait désormais la course en tête dans le domaine de l’innovation et des nouvelles technologies. Après un net ralentissement de son économie notamment en raison d’une main d’oeuvre de plus en plus rare et chère, la Chine a voté un plan d’investissement de 330 milliards de dollars d’investissements pour accélérer certains secteurs industriels grâce aux nouvelles technologies telles la robotique mais aussi la fabrication additive dont le gouvernement a fait du développement de cette technologie une priorité.

Avec 12 autres départements, le ministère de l’Industrie et des Technologies de l’information (MIIT) a créé un nouveau plan d’action pour la fabrication additive qui met l’accent sur le renforcement de la recherche et du développement, ainsi que sur l’accélération des applications de l’impression 3D et son adoption dans l’industrie. Ce plan comprend également la mise en place d’une aide fiscale pour encourager les sociétés d’impression 3D ainsi que divers modèles de financements telle que l »émission d’obligations ou la cotisation boursière.

Ainsi 100 projets pilotes seront menés pour promouvoir l’impression 3D dans 10 industries manufacturières clés telles que l’automobile, l’aviation et la construction navale, mais aussi accélérer les applications dans les domaines de la santé et de l’éducation. Le dispositif vise en outre à attirer les entreprises étrangères pour installer leur centre de recherche de manière à favoriser l’innovation et faire progresser l’adoption de l’impression 3D dans le pays.

3 milliards de dollars d’ici 2018

Cette volonté de l’empire du milieu se traduit également par l’ouverture prochaine d’un centre d’innovation dédié à la fabrication additive basé à Chengdu financé à hauteur de 100 millions de dollars. Celui-ci sera soutenu par le gouvernement local, 3DP Alliance mais aussi les Huazhong University of Science and Technology, Beijing University of Aeronautics and Astronautics, et Tinghua University. Parmi les autres initiatives phares citons également l’AMA L’Asian Manufacturing Association , un groupe de commerce financé par Pékin qui a créé une structure internationale dénommée World 3D Printing Technology Industry Alliance », comprenant des instituts de recherche et d’impression 3D dans plusieurs pays comme les États-Unis, l’Allemagne, la Grande Bretagne la Belgique, le Japon ou encore le Canada. Selon les prévisions du cabinet IDC, le marché de l’industrie de l’impression 3D en Chine pourrait ainsi atteindre 3 milliards de dollars d’ici 2018.

Segment de la fabrication additive particulièrement dynamique, le métal est au centre des recherches de la Chine. Le Pays entend ainsi produire des poudres métalliques à un coût nettement inférieur à celui des autres pays. Différents processus sont adaptés à différentes applications d’utilisation finale. Alors que le faisceau d’électrons AM est le plus souvent privilégié par les constructeurs aéronautiques pour produire de grandes pièces, la fusion sélective au laser (SLM) est préférée par les industries aérospatiales et automobiles pour produire des pièces métalliques très complexes et légères. Ces deux procédés d’impression 3D reposent sur l’utilisation de diverses poudres métalliques dont le titane, l’acier inoxydable, le chrome cobalt et l’acier maraging. Le faible coût des poudres métalliques en Chine a entraîné une forte demande de la part d’ingénieurs qui peuvent bénéficier des avantages de l’impression 3D en métal sans les coûts exorbitants qui peuvent en découler dans d’autres parties du monde.

Wayken : le spécialiste du prototypage rapide

Selon un rapport publié par le cabinet américain d’IDC, le nombre d’imprimante 3D métal vendues en Chine en 2016 était de 181 unités. Ce chiffre devrait quadrupler au cours des trois prochaines années, soutenu par le marché de l’aéronautique qui devrait devenir le plus important au monde d’ici 2024.

Basée à Shenzhen, près de Hong Kong, la société Wayken illustre bien cette tendance du marché Chinois. Doté d’une solide expérience dans l’usinage CNC qui à l’inverse de la fabrication additive consiste à soustraire un bloc à partir de la matière, la société s’est également spécialisée dans le prototypage rapide appelé aussi rapid manufacturing. Pour se faire l’entreprise exploite un vaste parc machines composé d’imprimantes 3D de type SLA (stéréolithographie) fonctionnant avec des résines photopolymères et de type SLS (Selective Laser Sintering ou frittage laser) reposant sur l’utilisation de puissants lasers pour fusionner des poudres polymères. Outre le fait de proposer des prix jusqu’à 50 % en deçà de ses concurrents européens et américains, grâce à l’impression 3D Wayken peut raccourcir considérablement les temps de production par apport à l’usinage CNC soit jusqu’à 1 semaine de moins que l’usinage CNC.

L’impression 3D joue également un rôle très important sur le nombre de composants nécessaires à la fabrication d’une pièce. Là où plusieurs dizaines de composants sont nécessaires pour l’usinage CNC, il est possible de réaliser une pièce d’un seul bloc et sans outillage. Outre la capacité de l’impression 3D à utiliser juste la quantité de matière nécessaire, les formes géométriques sont beaucoup plus complexes, Comptant parmi l’une des sociétés de prototypage rapide les plus expérimentées du pays, Wayken propose des services pour de nombreuses industries parmi lesquelles l’automobile, les dispositifs médicaux ou encore développement de produits. En outre et depuis 2017, la société Wayken dispose d’un nouveau centre d’usinage 5 axes pour un rendement et une précision plus élevés des pièces CNC comprise entre 0.02mm 0.10mm selon la géométrie.