Bioprinting : des reins imprimés en 3D dès 2018 ?

une imprimante 3d pour fabriquer des tissus

Si l’impression 3D est déjà utilisée en masse dans certains domaines médicaux tels que la dentisterie ou pour la fabrication de prothèses auditives, elle en est encore à ses balbutiements dans le bioprinting. En effet si plusieurs équipes scientifiques dans le monde ont déjà réussi à imprimer des tissus vivants, recréer des organes reste quelque chose d’extrêmement complexe et leur greffe sur un être vivant un défi encore plus grand. Pour autant certains chercheurs semblent avoir pris une longueur d’avance sur les autres. C’est le cas de 3D Bioprinting Solutions, un laboratoire russe qui prétend pouvoir dès 2015 implanter le premier organe imprimé en 3D. En effet cette société basée près du centre d’innovation Skolkovo près de Moscou, mène depuis 1 an des recherches sur une imprimante 3D biologique. Grâce à cette machine, ces derniers seraient en passe d’imprimer une glande thyroïde destinée dans un premier temps à être greffée sur des souris. Cette imprimante se distingue par sa capacité à combiner plusieurs techniques d’impression biologique, grâce notamment à ses 5 gicleurs. Alors que 2 d’entres eux superposent des couches d’hydrogel, les 3 autres les remplissent de trois types de cellules souches (extraites à partir des tissus adipeux de la souris) en les insérant selon une combinaison bien précise. Une fois le gel dissout, l’impression est placée dans un réacteur biologique qui grâce à ses substances nutritives permet aux cellules de maturer et de fusionner jusqu’à obtenir les fonctions biologiques désirées.

A la différence de ces concurrentes, cette imprimante permet donc de concevoir des organes beaucoup plus fidèles aux originaux. Ainsi dès 2015, l’équipe moscovite espère pouvoir imprimer une thyroïde fonctionnelle de souris. Alors que la plupart des spécialistes estiment que l’impression d’un rein humain n’aura pas lieu avant 2030, 3D Bioprinting Solutions pense pourvoir exploser les délais et imprimer un rein transplantable dès 2018. Si le bioprinting soulève certes de sérieux problèmes éthiques, cette technologie pourrait répondre à bien des problèmes. En France par exemple, plus de 15 000 personnes sont en attente de greffes pour seulement 4000 transplantations environ par an. Alors que 4 français sur 5 se disent favorables au don d’organe, la plupart du temps les familles s’opposent au prélèvement faute d’informations sur les dernières volontés du défunt à ce sujet.

Le professeur Vladimir Mironov directeur du laboratoire 3D Bioprinting solutions