Le frittage laser tombe dans le domaine public

le brevet d'une echnique appelée sls arrive à expiration

Ce mois de février 2014 pourrait constituer un virage important pour l’impression 3D, aussi bien d’un point de vue économique que technologique. En effet l’un des principaux brevets liés à une méthode d’impression 3D appelée SLS (frittage sélectif au laser) et que l’on devait à 3D Systems, a expiré il y a quelques jours. Un procédé réputé aussi bien pour sa qualité de finition que pour sa rapidité et sa polyvalence dans les matériaux (plastique, céramique, métaux…).

Le fait que ce brevet tombe dans le domaine public pourrait donc être une bonne nouvelle… A l’instar du FDM qui a connu la même situation en 2009, cette expiration devrait engendrer une baisse considérable du prix des imprimantes 3D à frittage de poudre.

PRINCIPE DU PROCEDE SLS

Carl R Deckard

Article datant de 1987 – A gauche Carl Deckard, à droite Joe Beaman

A l’origine de l’impression 3D SLS, un professeur américain du nom de Carl R. Deckard et Joe Beaman ingénieur en mécanique. Deckard a déposé son premier brevet (US5597589) en 1986 alors qu’il enseignait à l’University of Texas System. Le Selective Laser Sintering est un procédé d’impression 3D qui fonctionne par liage de poudre. Contrairement au FDM qui consiste à déposer couche après couche de la matière fondue, il s’agit d’étaler une fine couche de poudre (le plus souvent du nylon) qui va être fusionnée et solidifiée à l’aide d’un puisant laser C02. Cette méthode permet donc d’imprimer rapidement une grande diversité d’objets selon la nature des différentes poudres utilisées. Outre le plastique, il est possible de fusionner des particules de céramique ou même de métal, dans ce dernier cas on parle alors de DMLS : Direct Metal Laser Sintering.

Le succès du frittage laser réside non seulement dans sa compatibilité matériaux, mais aussi dans sa précision et sa qualité de finition. Aujourd’hui de nombreux domaines se sont déjà appropriés ce procédé que ce soit aussi bien l’automobile, l’aéronautique, la médecine et même la mode.

QUELLES CONSEQUENCES POUR LE MARCHE  ?

vers quoi cela va t'il déboucher

Imprimante SLS sPro™ 140 de 3D Systems

Avec cette nouvelle expiration on peut rêver à un scénario similaire à celui du FDM. Si on regarde en arrière, lorsque les brevets ont expiré en 2009 pour celui-ci, on a vu des machines passer de 15 000 $ à 1000 $ en quelques années. Une baisse qui a grandement participé à la démocratisation de l’impression 3D, rendant cette technologie plus accessible au grand public. Plus globalement et avec ces expirations successives, on peut s’attendre à une concurrence plus accrue. Certains pays ont d’ailleurs déjà pris les devants, en Chine par exemple le ministère de l’industrie a consacré une enveloppe de 32 millions de $ pour le financement de 10 laboratoires de recherche dans ce secteur.

Un paradigme peut être, mais on peut émettre quelques réserves… Certes une hausse significative de la production des imprimantes 3D SLS devrait s’accompagner d’une forte diminution de leur prix et permettre de développer d’avantage cette technologie, mais dans une certaine mesure. En effet le brevet qui expire est vieux et il s’agit seulement du procédé de base. Une douzaine d’autres brevets SLS plus récents ont été déposés par la suite et sont donc encore valides. Cela signifie que toute entreprise qui souhaite entrer sur le marché du frittage laser, doit s’assurer qu’ils ne violent aucun d’entre eux. Un terrain qui peut être glissant et que de nombreux entrepreneurs et sociétés vont certainement vouloir éviter. Toutes tentatives visant à améliorer la technologie SLS pourraient facilement se chevaucher avec les brevets encore en vigueur avec le risque de poursuites judiciaires.

Certes des perspectives vont s’ouvrir pour le SLS, difficile maintenant de dire quelle ampleur cela va prendre. Nul doute que des poids lourds tels que Stratasys et sa filiale Markerbot trouveront le moyen de contourner les brevets les plus récents encore en activité. Le brevet est un paradoxe à lui tout seul, il protège l’innovation tout en l’étouffant par ses propres contraintes juridiques… Des contraintes qui paradoxalement poussent encore davantage à la créativité en obligeant les inventeurs à trouver de nouvelles solutions.

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