BMW ouvre un campus pour industrialiser les méthodes d’impression 3D

imprimantes 3D HP équipant le centre de fabrication additive de BMW

De nombreuses machines parmi lesquelles celles de HP équipent le centre de fabrication additive de BMW (crédits photo : BMW)

Le géant de l’automobile BMW continue d’accélérer ses investissements en direction de la fabrication additive. Utilisateur historique de cette technologie depuis plus de 25 ans déjà, le constructeur allemand entend bien ne pas rater le coche de la 3D et ses nombreux avantages concurrentiels. Preuve en est la récente ouverture de son « Additive Manufacturing Campus » un centre à 15 millions d’euros dédié à la fabrication additive, construit sur 6000 m2 à Oberschleissheim au nord de Munich.

Ce sont pas moins de 80 personnes au total, soit tous les experts en fabrication additive du groupe, qui travaillent de concert pour réaliser des prototypes mais aussi des pièces en série et de véhicules personnalisées. La présence de zones de pré-développement permettra également de tester les dernières technologies et matériaux du moment par des start-up innovantes telles que Desktop Metal ou Carbon. Objectifs pour BMW : industrialiser de plus en plus les méthodes d’impression 3D pour la production automobile, et mettre en œuvre de nouveaux concepts d’automatisation dans la chaîne de processus.

« Cela nous permettra de rationaliser la fabrication des composants pour la production en série et d’accélérer le développement. » Commente Daniel Schäfer, vice-président directeur de l’intégration de la production et de l’usine pilote du groupe BMW. « Dans le même temps, nous collaborons avec le développement des véhicules, la production des composants, les achats et le réseau de fournisseurs, ainsi qu’avec divers autres secteurs de l’entreprise pour intégrer systématiquement la technologie et l’utiliser efficacement. »

campus de fabrication additive de BMW

pièces métalliques imprimées sur une Desktop Metal

Pièces métalliques imprimées sur une Desktop Metal sur le campus de BMW (crédits photo BMW)

On apprend que BMW travaille également sur un projet appelé « Industrialisation and Digitisation of Additive Manufacturing for Automotive Series Production (IDAM) » qui consiste à reproduire l’ensemble de la chaîne de production, de la préparation de la production numérique à la fabrication et au retraitement des composants. La production devrait atteindre au moins 50 000 composants de série par an, avec plus de 10 000 pièces individuelles et de rechange.

Le constructeur allemand ne manque pas de référence en ce qui concerne la fabrication additive. Son modèle sportif hybride i8 Roadster par exemple, intègre déjà plusieurs pièces imprimées en 3D, parmi lesquelles une fixation en aluminium pour sa capote électrique. Le groupe propose également un service d’impression 3D pour customiser ses modèles Mini via.

Le groupe allemand qui a commencé par la fabrication additive de pièces prototypes dès 1991, aurait imprimé ses premières pièces d’utilisation finale de petite série en 2010. Il s’agissait à l’époque de pièces en plastique, notamment des roues de pompe à eau pour des voitures de course DTM. En 2018, BMW revendiquait plus d’1 million de pièces imprimées en 3D en 10 ans, soit cette année là 200 000 pièces et une augmentation de 48 % par apport à la précédente.

Dans un rapport publié en 2019 sur les technologies d’impression 3D utilisées par les principaux constructeurs automobiles, SmarTech Analysis estimait à 9 milliards de dollars, le chiffre d’affaires que pourrait généré l’impression 3D dans ce secteur à l’horizon 2029.

imprimantes 3D Carbon équipant le centre de fabrication additive de BMW

Technologie d’impression 3D à haute vitesse de Carbon également utilisée par BMW (crédits photo : BMW)