Vol réussi pour un chasseur F/A-18 Super Hornet équipé d’une pièce de moteur imprimée en 3D

Soulignant encore un peu plus la place grandissante de la fabrication additive dans l’aéronautique mais aussi la défense, en Finlande, le premier avion à réaction doté d’une pièce imprimée en 3D a effectué, et avec succès, son premier vol ce 5 janvier 2018. Réalisée par Patria, fournisseur finlandais de chars, d’équipements aéronautiques et de systèmes d’artillerie, cette pièce de moteur a été installée sur le chasseur F/A-18 Super Hornet. Si l’on ignore encore la nature exacte de la pièce et le procédé d’impression 3D utilisé, on apprend que le composant a été imprimé à partir d’Inconel 625 Développé dans les années 1960, ce super alliage à base de nickel est connu pour sa capacité à résister à une large gamme de températures mais aussi la corrosion.

« explorer le processus de fabrication des pièces imprimables en 3D, de la conception à la pratique »

En mai 2017, Patria avait reçu l’approbation de l’organisation de Conception militaires (MDOA) pour la conception de ce composant imprimé en 3D, conformément aux exigences de l’aviation militaire européenne (EMAR) et de l’Autorité de l’aviation militaire finlandaise (FMAA). « Pour cette partie, le développement s’est fait sur les deux dernières années, dans le but d’explorer le processus de fabrication des pièces imprimables en 3D, de la conception à la pratique. Faire des pièces avec l’impression 3D permet un processus plus rapide, du besoin du client au produit fini ainsi que la création de structures plus récentes et meilleures. Nous poursuivrons la recherche sur les méthodes de fabrication additive, dans le but de rendre la nouvelle technologie plus efficace », a déclaré Ville Ahonen, vice-président de la division aviation de Patria.

A l’instar de nombreux acteurs de l’aviation militaire et civile, Patria a construit ses propres infrastructures de manière à évaluer et mettre en œuvre les technologies de fabrication additive. Très active sur le sujet, la société a également participé activement à un projet de recherche industrielle finlandais de deux ans, qui étudie comment les entreprises peuvent utiliser des pièces de rechange imprimées en 3D à leur avantage. Initiée par l’Université Aalto et le Centre de recherche technique VTT de Finlande SA, cette étude a récemment conclu que 5% des pièces détachées pourraient être conservées numériquement, au lieu de les stocker dans de grands entrepôts coûteux où de nombreuses pièces ne sont jamais utilisées.

En 2014 déjà, BAE Systems, principal fournisseur de la défense britannique, annonçait qu’un avion de combat Tornado avait été équipé de plusieurs composants métalliques imprimés en 3D. Grâce à la fabrication additive, la société espérait pouvoir réduire le coût de la maintenance de la Royal Air Force de plus de 1,2 millions de livres sterling dans les quatre prochaines années.