L’Armée de terre française dévoile son arsenal de 50 imprimantes 3D

parc d'imprimantes 3D de l'Armée de Terre française

La possibilité de fabriquer des pièces détachées à la demande par impression 3D, suscite l’intérêt d’un grand nombre d’industries, y compris celle de la défense. La montée de la fabrication additive dans des secteurs comme l’aérospatiale et l’automobile, gagnent aujourd’hui les armées, de plus en plus disposées à s’équiper pour produire leurs propres pièces de rechange.

Le besoin constant des militaires en pièces d’entretien et de réparation pour des équipement lourds sur les théâtres d’opération, engendre des dépenses très importantes. Hors la possibilité d’imprimer rapidement et au plus près de l’action les pièces nécessaires, permet des économies considérables en temps et coûts de production.

Pour toutes ces raisons, et par soucis d’autonomie, l’Armée de Terre française a collaboré avec le spécialiste manceau de l’impression 3D HAVA3D, pour disposer de son propre parc d’imprimantes 3D. Ce sont pas moins de 50 machines, l’une des fermes les plus importantes d’Europe, qui depuis le mois d’avril équipent l’école du Matériel et de la logistique, à Bourges.

« Cette solution peut aussi être facilement déployée au sein des différents régiments pour plus de réactivité et d’agilité au sein de l’armée »

support de caméra thermique fabriquée par impression 3D

Pied de support de caméra thermique imprimée en polyamide BASF Ultrafuse PAHT CF15. Durée d’impression : 4h

Comme pour de nombreuses industries, c’est la crise du Covid-19 qui a servi de révélateur et accéléré le changement d’échelle. Les premières imprimantes 3D ont en réalité été testées dans le cadre de l’opération Barkhane au Mali dès octobre 2019. C’est est alors suivi l’organisation d’un concours en février 2020, le « Hackathon Mili3D » au 2e régiment d’infanterie de marine (RIMa) du Mans, où des militaires ont pu tester les imprimantes 3D pour transformer leurs besoins en réalité immédiate.

Sur le choix du matériel, une Ultimaker S5, Stanislas Clicquot, PDG de la société HAVA3D, explique : « nous avons proposé un modèle d’imprimante professionnelle : l’Ultimaker© S5. Puissante, fiable, polyvalente et intuitive, elle permet de répondre très rapidement et efficacement à une gestion de crise avec une production centralisée. Cette solution peut aussi être facilement déployée au sein des différents régiments et permettre un mode de production distribué pour plus de réactivité et d’agilité au sein de l’armée ». Au-delà d’une forte réactivité pour assurer la livraison et l’aide au montage de cette ferme d’impression, les experts du groupe HAVA3D ont fourni un appui technique permanent à l’armée de Terre.

« Les essais qui se poursuivent ont pour vocation de renforcer l’autonomie de production, de maintenance et même d’innovation »

Stanislas Clicquot, PDG de la société HAVA3D

Stanislas Clicquot, PDG de la société HAVA3D

Depuis le début du mois de mai les imprimantes 3D d’Hava 3D répondent aussi dans l’urgence à une problématique d’un autre ordre : la fabrication de pièces détachées pour résoudre ponctuellement des problèmes de disponibilités de matériels terrestres.

Hava 3D cite l’exemple d’un pied de support de caméra thermique, qui devait pourvoir fixer tout type de caméra thermique sur un trépied standard dans les meilleurs délais pour améliorer l’emploi opérationnel du capteur. L’utilisation de l’impression 3D et d’un polyamide BASF Ultrafuse PAHT CF15, a permis de résoudre cette problématique en réalisant une plateforme-adaptateur dotée de propriétés mécaniques extrêmes.

« HAVA3D est fier de poursuivre son soutien aux opérations de l’armée française commencé l’an dernier lors des essais menés au Mali avec le même modèle d’imprimante professionnelle. » , » conclut Stanislas Clicquot. « Les essais qui se poursuivent ont pour vocation de renforcer l’autonomie de production, de maintenance et même d’innovation, grâce à un matériel 3D ouvrant autant d’applications possibles que de besoins décelés. »

Le parc machine de l’Armée française ne se limite pas à des imprimantes 3D de bureau professionnelles. On se souvient de cette commande faite il y a un an, par la Structure Intégrée du Maintien en condition opérationnelle des Matériels Terrestres (SIMMT) à Prodways, pour deux imprimantes 3D industrielles ProMaker P1000 de Prodways. L’impression 3D intéresse également nos militaires sur le plan médical. À tel point que la Direction Générale des Armées (DGA) finance des travaux de recherche sur la bioimpression 3D. Depuis 2017 un consortium de laboratoires français, développent une bioimprimante 3D qui permettrait d’imprimer de la peau directement sur les grands brûlés.

« Je veux miser, aussi, sur l’impression 3D. C’est un secteur en plein essor. Dans un futur proche, il permettra de produire des pièces manquantes, directement sur les théâtres d’opération, de faire des économies d’échelle remarquables et de révolutionner notre chaîne logistique. Beaucoup reste à faire, je le sais, mais nous ne passerons pas à côté d’une technologie aussi cruciale », avait déclaré la ministre des Armées Florence Parly lors de sa présentation de la réforme du MCO-T, en juillet 2018.

commutateur de véhicule fabriqué de manière additive

Problème posé : usure d’un commutateur de véhicule léger. La solution 3D : commutateur imprimé en PETG Fibre de carbone de Nanovia qui offre une fonctionnalité totalement identique à la pièce d’origine et qui résiste à une utilisation régulière. Délai d’impression : 2h