Serions-nous prêts à manger des aliments imprimés en 3D ? Une étude répond

Bonbons, chocolats, pizzas ou encore pâtes imprimés en 3D…. Si l’impression 3D alimentaire trouve de plus en plus d’applications, une question essentielle subsiste « Serions-nous prêts à manger demain des aliments imprimés en 3D ?». Des chercheurs de l’université australienne « Centre for Creative and Cultural Research at the University of Canberra » ont tenté de répondre à cette question via une étude visant à évaluer notre perception de la nourriture imprimée en 3D. Les chercheurs Deborah Lupton et Bethaney Turner ont ainsi sondé 30 australiens, en leur demandant comment ils réagissaient à la perspective d’aliments « fabriqués » par impression 3D. Selon les résultats publiés par l’université, étonnamment beaucoup de gens n’avaient même pas connaissance de cette application, associant principalement l’impression 3D au plastique et au métal.

Carottes imprimées par la société néerlandaise TNO dans le cadre du projet européen PERFORMANCE

« pizza, chocolats et carottes imprimés en 3D »

Soumis à 7 images d’aliments imprimés en 3D (bonbons et chocolats, pizza, carottes sous forme de purée imprimée en 3D, steack de poulet et légumes gélifiés, préparation à base d’insectes et pâtes en forme de rose), les sondés se sont montrés plus réceptifs aux aliments plus conventionnels tels que la pizza, les pâtes, et le chocolat imprimé en 3D, avec respectivement 69 %, 66% et 59 % d’avis positifs. Côté légumes, 52% des sondés seraient prêts à manger une carotte imprimée en 3D, contre 43% pour le steack de poulet et légumes, seulement 35% pour les bonbons et 14% pour la préparation à base d’insectes.

Selon les chercheurs, ces résultats seraient principalement liés aux habitudes et préférences des sondés par apport à leur alimentation standard. « les croyances culturelles sur les types de matière considérés comme savoureux et appropriés à manger ont été au centre des réponses de nos participants». Explique Deborah Lupton. « nos résultats suggèrent que les acteurs qui souhaitent promouvoir les technologies d’impression alimentaire 3D doivent tenir compte des qualités sensorielles et du niveau de traitement des aliments pour encourager les gens à accepter les technologies et leurs produits… Notre recherche a démontré il y avait quelques questions importantes à considérer dans les efforts pour normaliser cette technologie et les aliments qu’elle génère. » Conclut le rapport.

En avril 2016, à l’occasion de la 3D Food Printing Conference qui se tenait aux Pays-Bas, la ville de Venlo accueillait le tout premier restaurant au monde à proposer des plats imprimés en 3D. Fruit d’un partenariat entre le chef étoilé Mateo Blanch et le fabricant d’imprimantes 3D culinaires byFlow, ce concept de restauration éphémère dénommé « Food Ink » vise à faire découvrir l’impression 3D alimentaire au plus grand nombre.

Trois mois plus tard le « Food Ink » s’arrêtait dans une brasserie londonienne. Les clients pouvaient y déguster 9 plats sucrés et salés imaginés par une équipe de cuisiniers, d’artistes et de techniciens, dans un cadre unique constitué de mobiliers (chaises, tables, lampes…) également imprimés en 3D.