Rencontre avec Fives Michelin Additive Solutions (AddUp) et sa solution de fabrication additive métallique

addUp joint venture créée par Michelin et Fives

Dans un pays où les constructeurs de machines de fabrication additive se comptent sur les doigts d’une main, un nouvel acteur majeur est venu renforcer les rangs de la filière française : la joint-venture Fives Michelin Additive Solutions. Créée sous cette dénomination en septembre 2015 pour devenir AddUp en janvier 2017, la co-entreprise est née de l’ambition commune des groupes industriels Michelin et Fives, de développer une compétence unique et une offre industrielle fiable dans le domaine de la fabrication additive métallique. Soucieux de valoriser les acteurs français dans un marché de plus en plus concurrentiel et un manque de stratégie nationale, PRIMANTE 3D est allé à la rencontre de Vincent Ferreiro, le VP Business Development d’AddUp, pour découvrir leur solution d’impression 3D métallique.

« Nous ne sommes qu’au tout début d’une révolution industrielle »

Vincent Ferreiro

Vincent Ferreiro bonjour, pourriez-vous vous présenter et définir vos fonctions chez d’AddUp ? En quoi consiste votre rôle ?

Je suis VP Business Development au sein d’AddUp, et à ce titre, je suis en charge des équipes ventes, Business Developpement et Stratégie. La société, lancée en septembre 2015, rassemble aujourd’hui une quarantaine d’experts issus essentiellement des groupes Michelin et Fives, à l’origine de la co-entreprise – mais nous sommes à la recherche de nouveaux talents pour répondre à nos ambitions de développement !

Comment devient-on le VP Business Development d’une telle entreprise ?

Avant la création d’AddUp, je pilotais la stratégie de partenariats pour le Groupe Michelin. Mon rôle consistait notamment à trouver de nouveaux relais de croissance (hors pneumatiques) parmi les technologies développées par le Groupe. De façon naturelle, j’ai poursuivi l’aventure de la fabrication additive en rejoignant AddUp après avoir contribué à l’identification de notre partenaire pour cette co-entreprise et à sa mise en place.

« c’est un véritable changement de culture pour les concepteurs de pièces »

Vous souvenez-vous de la première fois où vous avez entendu parler d’impression 3D ? Imaginiez-vous un tel développement ?

La technologie n’est pas nouvelle, mais elle est longtemps restée réservée à du prototypage.
Aujourd’hui, la fabrication additive connaît un véritable essor pour deux raisons : d’une part, elle permet une production flexible, tout en répondant aux exigences industrielles en termes de précision, de reproductibilité, etc. D’autre part, l’emploi de matériaux métalliques de plus en plus nombreux permet désormais de produire des pièces ayant une grande robustesse quelque-soit les domaines d’application visés.

Je crois que nous n’avons pas encore pris conscience de tout le potentiel que représente la fabrication additive. Ce nouveau procédé de fabrication permet de produire des pièces aux formes géométriques complexes et inédites – c’est un véritable changement de culture pour les concepteurs de pièces.

« Michelin est un acteur de longue date de la fabrication additive… »

Le 4 septembre 2015, les groupes industriels Fives et Michelin ont créé la joint-venture Fives Michelin Additive Solutions (qui deviendra AddUp le 5 janvier 2017). Quelle est la genèse de cette coentreprise ?

Michelin est un acteur de longue date de la fabrication additive ; nous avons commencé à nous intéresser à cette technologie dès les années 2000. A l’époque, les solutions disponibles sur le marché n’étaient pas satisfaisantes, aussi Michelin les a adaptées à ses propres besoins et problématiques industrielles, qui sont celles du domaine Automobile, en développant sa propre machine en 2009. Grâce à la fabrication en 3D métallique de pièces de moules, nous avons lancé plusieurs gammes de pneus innovants comme la gamme Premier aux Etats Unis et le CrossClimate en Europe.

Cette technologie nous paraissant porteuse d’avenir et créatrice de valeur, nous avons recherché un partenaire avec lequel nous associer pour développer cette activité. Fives dispose d’une grande expertise et expérience dans la conception et l’installation de machines spécifiques, tout en proposant des services associés, et cherchait lui aussi à se lancer plus largement dans la fabrication additive, après avoir réalisé les premières machines de LMD pour l’IREPA Laser en 2010. Ainsi est née la co-entreprise AddUp en septembre 2015.

Présentez-nous votre gamme de machines. Sous quel procédé fonctionnent-elles et quelles sont leurs caractéristiques ?

Notre première gamme de machines s’appelle FormUp. Elle s’appuie sur la technologie « Lit de poudre » avec une source d’énergie Laser. La FormUp 350, commercialisée depuis le 1er Avril 2016, peut fabriquer des pièces contenues dans un volume de : 350 x 350 x 350 mm et elle fait partie des machines les plus robuste et productive du marché.

Elle peut être vendue soit :
– Seule avec ses auxiliaires
– En configuration Atelier automatisé/robotisé de l’alimentation de la poudre à la sortie des pièces finies
– Avec sa cellule HSE (Hygiène, Sécurité, Environnement) / transportable (AddUp Flex Care System™) qui permet facilement de déménager l’unité de fabrication avec une très grande sécurité d’utilisation pour les opérateurs.

Les poudres métalliques disponibles sont :

Les aciers inoxydables : 316L (1,4404)
Aaciers maraging (aciers d’outillage) : 18Ni300 (1.2709)
Alliages de Nickel : Inconel 718 et 625
Alliages de Titane : Ti6A4V
Alliages d’Aluminium : AlSi10Mg.

AddUp étudie toute demande spécifique de développement de poudres sur d’autres métaux et alliages.

Les FormUp 700 et 100 viendront compléter cette gamme d’ici la fin de l’année 2017. 2 autres gammes s’appuyant sur d’autres technologies seront commercialisées en 2018 et 2019.

Canaux bloc hydraulique

« Nous avons une véritable expérience industrielle dans l’impression 3D »

Quels clients et domaines d’applications visez-vous ? Quels sont vos atouts par apport aux techniques traditionnelles de fabrication et vos concurrents ?

L’impression 3D est révolutionnaire au sens où elle permet de produire des pièces qu’on ne pouvait obtenir jusqu’ici avec les techniques de fabrication soustractives traditionnelles (usinage), et intéresse à ce titre de nombreux acteurs : automobile, aéronautique, le médical, l’énergie, et même l’ensemble de l’industrie au sens large.

Nous avons une véritable expérience industrielle dans l’impression 3D (production de pièces en grande série, expérience en tant qu’utilisateurs de pièces fabriquées selon ce procédé, expérience d’intégration de machines), ce qui nous a permis de mettre au point et de proposer aujourd’hui une solution industrielle globale, tournée vers les besoins de l’industriel. Elle comprend à la fois la conception, la fabrication et l’intégration de machines fiables et robustes bénéficiant d’un TRS au meilleur niveau, la production de pièces métalliques à la demande, et une activité de services incluant la re-conception de pièces, l‘apport d’une expertise dans le procédé de fabrication et les services associés au soutien à la machine en exploitation.

De façon unique, nous avons également mis l’accent sur le respect des exigences HSE (Hygiène, Sécurité, Environnement) – un point clé dans le passage à la phase industrielle – en proposant AddUp Flex Care System™, une solution brevetée de protection modulaire à atmosphère contrôlée, flexible et transportable facilement, conçue pour protéger les opérateurs et les bâtiments environnants des risques liés à l’utilisation industrielle des machines de fabrication additive métallique.

« Nous produisons déjà plus d’un millions de pièces par an »

Votre solution a déjà fait ses preuves, notamment en produisant certaines pièces des moules des pneus CrossClimate de Michelin. Pour autant quelles sont ses limites ? A quand une production de masse ?

Nous produisons déjà plus d’un millions de pièces par an, dans plusieurs ateliers dans le monde. Cela a permis au groupe Michelin de commercialiser deux nouvelles gammes de pneumatiques très innovantes. Nous nous rapprochons donc de la production de masse.

Pour aller encore plus loin, il faut essayer d’augmenter la productivité des machines et diminuer leurs prix de revient. C’est pour cette raison que nous avons lancé en Septembre 2016, le programme collaboratif R&D SOFIA d’un budget de 50 ME sur 6 ans.

« Notre ambition est de capter 10% du marché mondial »

AddUp ambitionne de devenir l’un des leaders mondiaux des machines de fabrication additive métallique. Quels sont vos plans d’investissements et vos objectifs pour 2017 ?

Notre ambition est de capter 10% du marché mondial des équipements de fabrication additive d’ici à cinq ans (il représente aujourd’hui 800 à 900 machines par an).

Pour atteindre cet objectif de développement, nous sommes à la recherche de talents afin de renforcer nos équipes d’experts passionnés. Nos deux actionnaires ont validé un plan d’investissement à la hauteur de nos ambitions.

Dans un marché où de plus en plus de grands industriels investissent (on pense notamment à GE), comment voyez-vous l’avenir de la fabrication additive métallique ?

Toutes ces initiatives, ces nouveaux acteurs, ces investissements montrent clairement l’intérêt que suscite la fabrication additive pour les industriels quelque-soit leur domaine d’application, la zone géographique ou leur taille. Nous ne sommes qu’au tout début d’une révolution industrielle.

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