Poietis commercialise ses tissus imprimés en 4D

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Modulab, l’imprimante 3D laser de Poietis @crédits Inserm/ Alphanov

Signe fort de la révolution biologique qui est en train de se dessiner, la société française Poietis vient de signer une licence exclusive et mondiale avec l’université de Bordeaux et Aquitaine Science Transfert®, pour exploiter sa technologie de Bioimpression 3D. La start-up girondine créée en septembre dernier par son directeur scientifique Fabien Guillemot et son directeur général Bruno Brisson, voit aboutir près de 10 ans de recherches sur la fabrication de tissus vivants par impression 3D. Des travaux menés à l’INSERM et dans laboratoire de Bioingénierie tissulaire de l’université de Bordeaux, qui ont permis de mettre au point un système de Bioimpression 3D par laser.

Pour faire le point sur cette technique, rappelons que le procédé traditionnel de la Bioimpression consiste via une fine tête d’extrusion à superposer des couches de biomatériaux et de cellules pour former un tissu. La technologie développée par Poietis, permet elle d’obtenir une précision et une résolution (20 µm) bien plus élevée grâce à un système de laser. Comme le montre très bien la vidéo ci-dessous, un rayon laser frappe un miroir pour être ensuite redirigé vers une lentille composée d’encre cellulaire. En la traversant, le laser provoque alors la formation d’un jet d’encre qui va se déposer en fine gouttelettes (composées de 1 à 50 cellules) sur un substrat. La rapidité du laser est telle qu’il peut former jusqu’à 10 000 gouttelettes à la seconde… Le tissu imprimé est ensuite placé pendant plusieurs semaines dans un bioréacteur, un appareil qui permet aux cellules de maturer et de s’auto-organiser.

La précision et la haute définition de cette Bioimpression par laser permet d’intégrer plus d’informations dans le tissu et donc d’anticiper leur position dans le temps. L’ajout de cette dimension temporelle a donné naissance au terme de « Bioimpression 4D ».

L’accord signé le 17 décembre (et annoncé hier) par Poietis fait suite à une période de maturation et de transfert de technologie assurée par la SATT (Société d’accélération de Transfert de Technologie) « Aquitaine Science Transfert ». Fondée il y 2 ans dans la cadre des investissements d’avenir lancé par l’état en 2010, cette société aide la recherche à transférer ses inventions sur les marchés grâce à une stratégie de protection et de valorisation. Un accompagnement qui a permis à Poietis d’établir un business model adapté à sa technologie et aux besoins du marché. Ainsi la start-up va dans un premier temps s’adresser aux industries pharmaceutiques et cosmétiques. Ses tissus bioimprimés serviront de modèles pour tester de nouveaux traitements ou les composants de cosmétiques. Dans un deuxième temps Poietis se tournerait vers le marché de la médecine régénératrice et personnalisée. Un cap supérieur à franchir et qui vise à produire des tissus ou même des cornées à partir des cellules du patient pour fabriquer des greffons sur mesure quasi infaillibles.

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Fabien Guillemot et Bruno Brisson les fondateurs de Poietis

Si la qualité de la recherche française n’est plus à démontrer, elle peine souvent à transformer l’essai et à amener ses innovations sur le marché. On ne peut donc que se réjouir donc d’un tel transfert de technologie et pousser un cocorico pour cette invention made in France. Une technologie unique au monde qui va pouvoir s’attaquer à un marché au potentiel absolument énorme ! Certes la concurrence existe, je pense notamment à l’américain Organovo, mais la technologie laser de Poietis surpasse largement la leur aussi bien en termes de précision que de fiabilité. Une technologie de pointe que Poietis doit également à la présence en Gironde (33), d’un pôle majeur de la filière laser-optique en Europe appelé « La Route des lasers ». Un atout local non négligeable, la start-up ayant été accompagnée à ses débuts par deux poids lourds du secteur, à savoir Novalase puis Alphanov pour la mise au point de sa première machine (ModuLab).  ). Preuve au passage s’il en fallait, que les pôles compétitivité sont l’une des clefs de l’innovation et du soutien à l’activité… mais aussi de l’intérêt des SATT dans la valorisation de notre recherche.

Signature entre Poietis et l’Aquitaine Science Transfert au Centre Condorcet de Pessac

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